• Manger, dormir: ça ne doit pas être un combat!

    manger

    Bonjour,

    Mon fils depuis ces 18 mois il refuse de manger ce que lui prépare : il choisit ou parfois ne mange pas.  Aussi, il 25 mois et maintenant il refuse de faire la sieste

    À 18 mois j’ai accouché de son petit frère et depuis qu’il a 10 mois je garde une petite fille qui a 3 mois de plus. Malgré les punitions et j’en passe, ça ne change pas.  Le souci : cela crée des discordes dans mon couple.  Je suis fatiguée de me battre avec mon fils.

    Merci de m’aider

    Linda Amroune


    Bonjour Mme Amroune,

    Effectivement, l’alimentation et le sommeil sont deux sphères très importantes dans le développement d’un enfant. Et en même temps, ce sont des sphères où l’enfant est en mesure de contrôler, à sa manière, ce qu’il en fait. Il peut décider de ce qu’il accepte de manger et il peut décider également de combattre le sommeil. Comme vous le savez, nous ne pouvons ni faire avaler des aliments de force ni forcer le sommeil et c’est là où le contrôle de l’enfant entre en jeu.

    Ce qui me vient à l’esprit en vous lisant est une hypothèse sur le déclencheur de la situation. Vous dites que son petit frère est né lorsqu’il avait 18 mois et vous dites aussi qu’il a débuté son opposition face à la nourriture à 18 mois. Il est donc possible que votre garçon soit en réaction face à la naissance d’un nouvel enfant dans la famille et qu’il vous démontre ceci en ayant des comportements opposants. Toutefois, il se peut que ce soit une autre raison.

    Concernant l’alimentation, il serait intéressant d’observer s’il y a des aliments en particulier qu’il n’aime pas. S’il refuse toujours de manger seulement quelques aliments, vous pourriez alors éviter de lui en offrir et proposer des aliments qu’il aime afin de favoriser sa collaboration. Par contre, s’il n’y a rien de précis et qu’il s’oppose à tout en général, il est alors fort probable qu’il veuille obtenir votre attention ou vos réactions.

    Ce que je vous conseille si tel est le cas :

    • Avertissez-le que ceci sera le seul repas qu’il aura et que vous ne cuisinerez pas autre chose;
    • Énumérez vos attentes face à ses comportements. Par exemple, que vous voulez qu’il reste assis sur sa chaise et qu’il mange avec son ustensile ou ses mains;
    • Vous pourriez également mettre une minuterie afin d’éviter que l’heure du repas dure des heures. Un 30 minutes est généralement suffisant. Après le temps écoulé, le repas est terminé et on passe à la prochaine activité;
    • Finalement, après avoir nommé vos attentes et servi le plat, je vous conseille de ne plus donner d’attention aux comportements d’opposition, MAIS de valoriser les bons comportements. Par exemple, s’il prend une bouchée ou s’il reste calme sur sa chaise, vous pourriez lui dire que vous êtes fière de lui. Vous pouvez également ajouter à vos paroles un geste affectueux.

    Si nous maintenons l’hypothèse que votre garçon a des comportements opposants pour avoir votre attention, alors, en ne donnant plus d’attention à ces comportements, la fréquence et la durée de ceux-ci devraient diminuer avec le temps. Toutefois, il est important de garder en tête que cela peut prendre entre trois à quatre semaines avant d’avoir des résultats, et ce, si vous faites ceci de façon constante tous les jours.

    Un avis externe et objectif pourrait évidemment vous aider. Y a-t-il quelqu’un dans votre entourage à qui vous faites confiance et qui serait en mesure de vous donner son point de vue de façon objective et de vous faire part de conseils? Sinon, bien sûr, il existe les services de professionnels si jamais la situation persiste.

    Concernant la sieste, plusieurs questions me viennent en tête :

    • Va-t-il à la garderie?
    • Si oui, fait-il une sieste à la garderie?
    • Comment cela se déroule?
    • Et le soir, comment se déroule le coucher?
    • Quelles sont vos routines?

    Comme pour l’alimentation, il est important de savoir pour quelle raison il refuse de faire la sieste.

    • Est-ce pour passer du temps avec vous?
    • A-t-il votre attention lorsqu’il refuse de dormir?
    • Est-ce une manière pour lui d’avoir un moment seul à seul avec vous?
    • Que gagne-t-il selon vous en ayant ces comportements?

    Je vous suggère d’observer les situations et de mettre vos observations par écrit afin de tenter de trouver la raison derrière son comportement.

    Si nous y allons avec l’hypothèse qu’il s’oppose à la sieste pour avoir votre attention, je vous suggère alors ce qui suit. Puisqu’un enfant de son âge a besoin d’environ une à deux heures de sommeil durant le jour, en début d’après-midi, l’idéal serait de le coucher vers 13h00. Voici quelques éléments importants à considérer pour favoriser le sommeil :

    1. Avoir une routine stable, et toujours (autant que possible) le coucher à la même heure;
    2. Avoir un moment calme avant d’aller le coucher. Par exemple, raconter une histoire, jouer à un jeu calme ou encore écouter de la musique douce;
    3. Avoir un rituel pour la sieste également (et pas seulement le soir). Un rituel est simplement d’offrir une constance et une cohérence à l’enfant dans ce qui précède le coucher. Par exemple, après avoir dîné, vous pourriez tout d’abord le faire aller à la toilette ou lui changer sa couche (dépendamment), le coucher dans son lit et lui lire une histoire ou chanter une berceuse. Ensuite, vous pouvez vous faire un câlin et bisou, et lui souhaiter bon dodo. Il est idéal de faire les étapes toujours dans le même ordre puisque l’enfant sait à quoi s’attendre et sait ce qui se passe après chacune d’elle;
    4. Lui offrir un environnement propice au sommeil qui est sombre, tranquille et confortable;
    5. Nommez-lui vos attentes pour le moment de la sieste avant de quitter la pièce. Exemple : ‘’Je m’attends à ce que tu restes dans ta chambre, dans ton lit’’, ‘’Je veux que tu fasses un beau dodo’’ et ‘’Maman va venir te chercher lorsque la sieste sera terminée’’. Celles-ci sont des exemples, allez-y avec vos attentes propres à vous.
    • Si vous avez répondu à tous ses besoins de base (ex : qu’il n’a pas faim ou soif, qu’il n’y ait rien dans sa couche et qu’il a ce dont il a besoin comme une suce ou encore sa doudou) et qu’il pleure, c’est qu’il tente d’obtenir votre présence. Je vous conseille alors de ne pas aller le voir, puisqu’il a tout ce dont il a besoin pour dormir et que ses besoins ont été comblés. Au début il risque de pleurer de façon intense et continue. Par ce comportement, il souhaite que vous alliez lui rendre visite. Puisque nous travaillons avec l’hypothèse qu’il a ces comportements pour obtenir votre attention, je vous conseille alors de ne pas aller le voir. Lorsque vous irez le voir, ce sera alors le moment du levé, tel qu’annoncé lors du couché. Je tiens toutefois à préciser qu’il se peut que ce soit une autre raison. Je vous suggère de consulter un professionnel si la situation perdure.
    • Toujours avec la même hypothèse, vous pourriez également tenter d’autres stratégies. Au préalable, au aurez fait les étapes a-b-c-d-e (expliquées ci-dessus) avant d’appliquer les techniques suivantes.

    Il y a la technique du 5-10-15, qui vous est expliquée dans l’encadré bleu au bas de cette page .

    Aussi, vous pourriez choisir de prendre la méthode du ‘’Parent-Robot’’. Cette technique consiste à ramener l’enfant dans son lit chaque fois qu’il sort de sa chambre. Vous faites alors ceci sans regard ni parole, tel un « robot ». Vous le prenez, sans être brusque mais de façon déterminée, par la main ou dans vos bras s’il refuse de vous suivre. Lorsque vous l’avez mis au lit, vous ne dites rien et vous quittez la pièce. Cette technique peut être épuisante pour le parent. Toutefois, elle est efficace lorsqu’on se rend jusqu’au bout; jusqu’à ce que l’enfant comprenne qu’il doit rester dans son lit et que vous maintiendrez vos interventions jusqu’à ce que cela se produise. Si vous choisissez de faire cette technique, attendez-vous à ce que les premières journées soient plutôt difficiles (voir exténuantes) et que votre enfant vous « teste »; c’est-à-dire qu’il tente de sortir de la chambre et de vous parler à plusieurs reprises (voir des dizaines). Ne sautez pas dans le piège! Il est primordiale de ne pas répondre ni d’accorder de regard. Vous êtes maintenant devenu un robot! Blague à part, je vous suggère d’avoir du soutien lorsque vous instaurerez cette technique. Quelqu’un qui sera présent à vos côtés et qui vous encouragera tout au long du processus, puisque le goût de vouloir abandonner pourrait surgir. Garder en tête votre objectif et restez positive face à la situation.

    Vous pouvez également lire cet article, qui vous propose une technique sans pleurs… ou presque !

    **À noter qu’il est important que vous ayez des moments dans votre quotidien pour lui offrir de l’attention positive, comme dans des moments de jeu ensemble, ainsi que des moments d’affection. Si pour votre garçon la seule manière d’avoir votre attention est de s’opposer à vous, alors il continuera. Je vous suggère de visionner cette vidéo qui explique un principe bien important.**

    Vous avez également mentionné de la discorde dans votre couple dû aux comportements de votre garçon. Il est donc important que vous ayez une discussion pour en venir à un consensus sur la façon d’intervenir avec votre enfant. Une des façons d’y arriver est de vous assoir ensemble, vous et votre conjoint, dans un moment ou vous n’avez pas les enfants (quitte à avoir une gardienne pour quelques heures pour vous libérer).

    L’idée est d’avoir une discussion constructive avec des solutions et non de vous faire des reproches l’un envers l’autre. Je vous suggère de mettre vos solutions par écrit, tel un ‘’plan de match’’, ce qui démontrera votre entente de façon plus concrète et officielle et vous pourrez vous y référer au besoin.

    Il est également important de vous soutenir l’un et l’autre lors de vos interventions avec votre garçon, afin que celui-ci voie que vous êtes sur la même longueur d’onde. Si vous n’êtes pas en accord avec une intervention de la part de l’autre parent, il est important d’en discuter, après, à l’abri des petites oreilles. Ceci est une discussion d’adulte uniquement. Les moments où vous pouvez vous permettre d’intervenir sur le champ est lorsque la sécurité ou le bien-être de votre garçon est compromise (tel un geste de violence ou des paroles blessantes et inacceptables envers lui).

    En terminant, puisque chaque situation et chaque enfant est unique, je vous conseille de faire appel à un(e) professionnel(le) si la situation ne s’améliore pas. Dans ce texte, l’hypothèse énoncée pour les comportements de votre garçon était celle d’obtenir votre attention, mais il est bien possible que c’en soit une autre, ce qu’un(e) professionnel(le) saura vous dire.

    Bonne poursuite!