• L’accompagnement à la naissance : pas seulement pour les « granoles »

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    L'accompagnement à la naissance
    La grossesse avance, votre ventre s’arrondit et peut-être avez-vous commencé à songer à votre accouchement. Que vous en soyez à votre première ou même troisième expérience, il reste toujours une part d’inconnu dans cette aventure qu’est la naissance d’un enfant.

    Si c’est votre premier accouchement, vous avez probablement toutes sortes de questionnements concernant ce dernier, des attentes, des craintes. Si toutefois vous avez déjà un ou plusieurs enfants, vous êtes maintenant en mesure de nommer ce que vous avez apprécié de votre dernier accouchement et aussi ce que vous souhaiteriez vivre différemment : accoucher naturellement, éviter la péridurale, tenter un AVAC, impliquer davantage le père, partager un moment d’intimité et de complicité avec votre conjoint, accoucher en confiance et avec moins de stress, mieux comprendre les interventions médicales, varier les positions pour faciliter la poussée, faire un peu de travail à la maison avant de vous rendre au lieu de naissance, bien démarrer l’allaitement, etc. Dans une ère où l’accouchement est devenu fort médicalisé, recourir au service d’une accompagnante à la naissance peut être une avenue fort intéressante pour humaniser cette expérience.

    L’accompagnante

    L’accompagnante à la naissance détient la plupart du temps une formation d’environ 60 heures avec parfois des stages selon l’école où elle a suivi sa formation. Elle détient des connaissances et une expérience terrain en lien avec le développement de la grossesse, le soutien psychologique et physiologique à l’accouchement, ainsi que l’adaptation à l’arrivée de bébé. Plusieurs d’entre elles détiennent souvent a priori une formation dans un domaine connexe (sexologie, massothérapie, psychologie, etc) en plus de plusieurs formations continues en périnatalité telles que l’allaitement, la méthode Bonapace, l’hypnose à la naissance, le deuil périnatal, etc. Depuis 2013, l’Association québécoise des accompagnantes à la naissance (AQAN) vise à faire reconnaître la pratique et à offrir un cadre d’éthique à ses membres ¹. Vous pouvez consulter le site internet de l’AQAN pour obtenir plus d’informations sur l’accompagnement et trouver une liste de membres actifs.

    Durant la grossesse

    L’accompagnante assure un suivi prénatal personnalisé en écoutant vos inquiétudes, en répondant à vos interrogations et en vous préparant à l’accouchement. Généralement, elle offre quelques rencontres prénatales durant la grossesse en plus du soutien téléphonique. Elle peut donc vous offrir des cours prénataux à domicile qui répondent à vos besoins et à votre réalité de futurs parents. Toutefois, elle ne pose pas de gestes médicaux (ex : écouter le cœur de bébé, prendre votre pression artérielle) ni de diagnostic. Cela signifie que votre suivi médical doit être assuré par un médecin ou une sage-femme, même pour la naissance. Toujours en poursuivant le mandat d’augmenter votre confiance vis-à-vis l’accouchement et de vous emmener à vous approprier ce dernier (c’est vous qui accouchez après tout, pas le médecin qui « vous accouche »), l’accompagnante vous informe sur vos droits et sur les protocoles du lieu de naissance que vous aurez choisi.

    Le service peut débuter à tout moment durant la grossesse et sera adapté selon si vous en êtes à votre premier ou second bébé. C’est donc dire qu’il n’est jamais trop tard pour choisir d’accoucher avec une accompagnante à la naissance.

    Durant l’accouchement

    Dès les premiers signes du travail, l’accompagnante demeure présente au bout du fil pour vous rassurer et vous indiquer si le « vrai » travail est commencé. Elle vous rejoint ensuite lorsque vous le souhaitez. Elle sait vous mettre en confiance et vous guider vers les meilleures stratégies pour accélérer le travail, gérer les sensations fortes, régulariser les contractions, et aider votre bébé à s’engager dans votre bassin.

    Dans un cadre sécuritaire, elle peut vous permettre de vivre le début du travail à la maison afin d’éviter de vous déplacer trop tôt à l’hôpital (et de parfois vous faire retourner à la maison le temps que le travail actif s’installe). Elle offre toutes sortes de trucs à votre conjoint pour qu’il se sente compétent et proactif durant tout l’accouchement toujours en respectant votre intimité. En ce qui me concerne, je dis toujours à mes clients qu’une bonne accompagnante devrait demeurer dans le coin de la chambre et « tricoter ». C’est donc dire qu’elle doit se faire discrète, favoriser une bulle d’amour et de sécurité autour du couple et savoir prendre sa place au bon moment.

    Messieurs, soyez assurés, elle ne prend pas VOTRE place. Au contraire ! Son rôle est plutôt de vous accompagner pour que VOUS puissiez accompagner vous-même votre conjointe le plus efficacement possible. Elle demeure une présence rassurante tout au long de l’accouchement (même si ce dernier dure plusieurs heures) et partage avec vous tout un coffre à outils pour favoriser la gestion de la douleur, la descente du bébé, la relaxation, le climat de calme dans la chambre, et la communication avec le personnel médical.

    En ce sens, l’accompagnante vous a généralement informée durant vos rencontres prénatales sur les différentes interventions médicales proposées afin que vous puissiez faire des choix éclairés. Si vous le souhaitiez, elle vous a guidé dans la rédaction d’un plan de naissance que vous avez remis au personnel médical à votre arrivée (pour ma part, je préfère plutôt parler de souhaits de naissance, ce qui démontre davantage de flexibilité et d’ouverture aux imprévus). Le rôle de votre accompagnante consiste également à faciliter vos échanges avec les médecins et les infirmières et s’assurer que vos souhaits de naissance soient respectés dans la mesure du possible.

    Quelques statistiques

    On sait maintenant que l’accompagnement à la naissance fait une différence significative lors de l’accouchement et permet de réduire ² :

    • La durée du travail de 25%
    • Le taux de péridurale de 60%
    • Le taux de césarienne de 50%
    • La médication contre la douleur de 30%
    • L’utilisation de forceps et ventouse de 40%

    Après la naissance

    En période postnatale immédiate, l’accompagnante demeure auprès de votre nouvelle famille pendant environ 2 heures. Elle encourage alors le peau-à-peau avec bébé et vous guide pour la première tétée si vous souhaitez allaiter. Elle vous quitte habituellement lorsque vous vous sentez en confiance. Dans les jours suivants la naissance, votre accompagnante demeure encore une fois une ressource rassurante pour l’allaitement, les soins au bébé et toute l’adaptation à la parentalité. Par quelques visites à domicile et son soutien téléphonique, elle sait augmenter votre sentiment de compétence dans votre nouveau rôle.

    Somme toute, l’accompagnement à la naissance facilite non seulement l’accouchement mais il contribue également à perception positive des parents face à ce dernier. La femme vit le sentiment d’être davantage en contrôle de son corps et l’homme se sent utile et proactif. Voilà qui contribue à faire de l’accouchement une expérience humaine et satisfaisante pour le couple.

    Le mandat de l’accompagnante à la naissance est au final fort simple : il s’agit seulement d’humaniser la naissance, et ce pour tous les couples … pas seulement les « granoles ».

     

    ¹ Association québécoise des accompagnantes à la naissance (AQAN-QAD) : www.aqan-qad.com
    ² Doula, accouchement et allaitement. 2000, Consulté sur le site http://www.doulas.info/