• « Même pas peur! »

    Gestion des peurs à l'Halloween

    Pour plusieurs d’entre nous, le mois d’octobre rime avec Halloween! Pour certains enfants, cette période de l’année est un véritable cauchemar. Pour eux, la peur prend toute la place sur la frénésie et le plaisir qui habitent la majorité d’entre nous. Plus nous avançons vers le soir du 31 octobre, plus ils vivent dans l’appréhension et dans la crainte. Pouvons-nous les aider à surmonter leurs peurs?

    Si je vous pose la question, c’est sans doute parce que la réponse est « oui », vous l’aurez deviné! Évidemment, il n’y a pas de potion magique pour apaiser les peurs, mais je vous partage quelques idées pour aider vos enfants à apprivoiser leurs craintes… et, qui sait, peut-être à les faire disparaître complètement!

    ACCUEILLIR L’ÉMOTION

    La peur est une émotion comme toutes les autres. C’est une réaction face à ce que notre cerveau ou notre mémoire considère comme étant un danger. La peur nous protège! Bien que la notion de danger varie d’une personne à l’autre selon sa perception, son éducation, ses expériences et sa personnalité, il existe des peurs assez courantes chez les enfants : peur du noir, peur des grosses bêtes, peur des monstres, peur des accidents, peur des fantômes, peur des insectes….

    Dans tous les cas, l’émotion est réelle! Si votre enfant est effrayé, je vous invite à prendre le temps de l’apaiser, de nommer ses émotions et de décrire la situation : « Oh! Tu as fait tout un saut quand le fantôme a fait « Ouhhhh »! Tu as eu peur? Tu as été surpris? ». Il se sentira accueilli, écouté et rassuré.

    CHOISIR SES MOTS

    Les enfants sont très influencés par notre discours! Si mon enfant m’entend parler de lui comme d’un enfant peureux, il se pourrait qu’il en vienne à se définir lui-même comme étant peureux. Et cela risque de teinter son discours interne : « c’est normal que j’aie peur, car je suis un peureux » ou « je ne peux pas faire ceci, car je suis un peureux ».

    Nos enfants écoutent et observent. Je vous suggère d’éviter de rire de ses peurs ou de les minimiser. Essayez, dans la mesure du possible, de lui faire sentir qu’il est normal de ressentir de la peur et que toutes les personnes ressentent cette émotion pour différentes raisons.

    D’ailleurs, pourquoi ne pas partager avec lui les peurs que vous aviez lorsque vous étiez enfant?

    DÉVELOPPER LE COURAGE

    Si vous croyez en lui, il croira en lui! Surmonter ses peurs peut prendre du temps, mais avec votre soutien, votre enfant y arrivera! Je vous invite à mettre de l’avant les fois où votre enfant s’est montré courageux, plutôt que les fois où il recula devant ses peurs. Cela renforcera son sentiment de compétence et sa confiance en lui, deux ingrédients qui l’aideront à apprivoiser ses craintes!

    Pratiquez-vous en élaborant des mises en situation avec lui ou en lui proposant des visualisations, des histoires ou des analogies sur le courage et sur la confiance en soi. En d’autres mots, stimulez le super-héros en lui!

    APPRENDRE À S’APAISER

    Une des clés pour apprivoiser nos peurs est d’apprendre à s’apaiser. On ne pourra jamais garantir à nos enfants qu’ils n’auront plus jamais peur! Mais nous pouvons leur apprendre à revenir au calme ou à évacuer leur stress! Cela pourrait être le sujet d’un autre article, tellement il y a de moyens proposés pour y arriver.. Je vais me contenter de citer les principaux, mais vous pouvez y ajouter tous les moyens qui procurent du bien-être à votre enfant :

    • Respirer (faire souffler les peurs comme le vent souffle les nuages)
    • Visualiser (imaginer un super-héros, un bouclier ou un endroit calme et apaisant.)
    • Exercer des pressions profondes (pousser les paumes de la main l’une contre l’autre, par exemple) ou des massages
    • Faire des postures de yoga comme l’arbre ou le guerrier
    • Rire, courir ou danser (certains enfants ont besoin de relâcher le stress d’abord!)

    Je vous encourage aussi à décrire les sensations physiques liées à la peur et au calme. Cela aidera votre enfant à agir dès les premiers signaux que son corps lui enverra.

    ÉLIMINER LES GAINS SECONDAIRES

    Parfois, en tentant de rassurer et de consoler nos enfants, nous rendons le comportement très payant… pour l’enfant! Ce peut être le cas, par exemple, lorsqu’un enfant pleure et que le parent lui offre une friandise pour le consoler. Rapidement, l’enfant peut conclure que pleurer est payant puisque cela lui procure une friandise!

    Votre enfant reçoit-il des « bénéfices » grâce à ses peurs? Est-ce « avantageux » pour lui de garder ses peurs? Comment ses peurs affectent votre quotidien? Ce sont des questions que vous pouvez vous poser pour identifier ses gains, c’est-à-dire ce qu’il retire ou gagne de la situation.

    Attention : être présent, établir un contact physique ou rassurer par des mots ou des caresses ne gâtent pas l’enfant! Il a besoin de votre compassion et de votre écoute! Par contre, donner trop d’attention aux peurs et aux réactions de l’enfant peut contribuer à maintenir celles-ci.

    EXPOSER GRADUELLEMENT

    Éviter ce qui cause la peur ou forcer l’enfant à la confronter peut avoir le même effet, c’est-à-dire de l’alimenter. Je vous invite donc à y aller graduellement! Voici quelques idées d’exposition :

    • Fouiner dans la boîte de décoration d’Halloween ensemble et décrire ce qui s’y trouve
    • Lire des histoires sur l’Halloween ou sur des monstres rigolos
    • Décorer la maison ensemble (petit à petit s’il le faut)
    • Manipuler des objets qui représentent les peurs (des araignées en plastique, une statuette d’un fantôme ou des déguisements…)
    • Se promener dans le quartier durant la journée et observer les décorations
    • Parler des traditions de l’Halloween
    • Interpréter des mises en situation (se pratiquer à demander des bonbons à papa qui est déguisé ou faire un souper costumé en famille)
    • Aller voir une exposition de citrouilles
    • Dessiner ses peurs et les chiffonner

    Comme je l’ai mentionné plus haut, il n’y a pas de potion magique contre les peurs! J’espère toutefois que vous avez trouvé quelques pistes de réflexion ou d’intervention qui vous permettront d’aider votre enfant à les apprivoiser..