• Médication sous pression de l’école

    La pression de l'école sur les parents pour la médication.

    Vous est-il déjà arrivé, en tant que parent, de sentir que l’école exerce une pression sur vous pour médicamenter votre enfant? On entend toute sorte de discours par rapport aux enseignants voulant que leurs élèves entrent dans un « cadre » plutôt que de s’adapter à chacun d’eux.

    Pourtant, c’est bien souvent tout le contraire! Malgré une réalité d’enseignement dans une classe surchargée d’élèves et dans un contexte ou chaque enfant arrive avec son tempérament, ses forces, ses défis et sa personnalité, l’enseignant a à cœur le cheminement de chacun et s’efforce de trouver les meilleures stratégies d’intervention pour répondre à LEURS besoins individuels.

    De façon générale, les enseignants tentent de pallier aux difficultés de l’élève par divers moyens. Utilisation de matériel sensoriel, réaménager l’environnement et l’espace de travail et systèmes de renforcement. D’autre part, l’enseignant se doit de contacter les parents pour corroborer ses observations du portrait de l’enfant à la maison et à l’école. Toutefois, pour celui ou celle qui bouge beaucoup ou qui a certaines difficultés à ce concentrer, c’est bien différent de celui ou celle qui bouge beaucoup trop et qui est incapable de maintenir son attention et sa concentration en classe.

    Il importe de faire confiance aux professionnels de l’école, ils sont très bien placés pour déceler si votre enfant présente des difficultés. Dans le cas où votre enfant présenterait plusieurs manifestations s’apparentant à un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) par exemple, sachez que seul un professionnel autorisé, tel un médecin, peut en poser le diagnostic. Par contre, il est possible que l’enseignant(e) ou la direction de l’école vous suggère de demander une évaluation de votre enfant à la suite de certains constats sur ses particularités.

    Pourquoi?

    • Pour déterminer s’il a des besoins particuliers en matière d’apprentissage.
    • Pour déterminer ses capacités, ses aptitudes et ses besoins.
    • Pour déterminer les répercussions de ces besoins particuliers sur sa capacité à apprendre et à fonctionner en milieu scolaire.
    • Pour déterminer les parcours de formation et les services adaptés qui répondront à ses besoins individuels.
    • Pour établir un diagnostic s’il y a lieu.

    En somme, pour trouver les bons moyens d’aider l’enfant en difficulté!

    Suis-je dans l’obligation, en tant que parent, de médicamenter mon enfant?

    Non. Rappelons que la médication est une RECOMMANDATION et non une OBLIGATION et que la décision de mettre ou non en place un tel traitement revient toujours aux parents.

    Toujours nécessaire?

    Maintenant, est-ce toujours nécessaire d’avoir recours à la médication? Qu’est-ce qui justifie cette décision?

    Premièrement, la médication en soi n’est pas une « pilule magique » qui règlera tout. Il faut plutôt voir ce qui a été mis en place à l’école et à la maison pour aider l’enfant. Les parents sont-ils conscientisés sur la problématique? La comprennent-ils? Quelles sont les stratégies d’intervention qui ont été utilisées pour aider l’enfant à pallier l’inattention, l’impulsivité et l’agitation ou toutes autres difficultés vécues chez l’enfant présentant un  TDA/H ou pour qui l’entourage suspecte ce trouble? Si, malgré plusieurs stratégies utilisées en classe, plusieurs suivis avec divers professionnels, on constate que les notes académiques de l’enfant chutent, que le temps des devoirs devient une montagne insurmontable à chaque jour et que son estime de lui-même est en baisse, il pourrait être souhaitable d’en parler au médecin pour voir si un traitement pourrait être aidant et faire LA différence pour VOTRE enfant.

    Il faut garder en tête qu’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est une problématique neurodéveloppementale qui amène son lot de conséquences au bon fonctionnement de la vie quotidienne chez les personnes atteintes. Avec beaucoup de stratégies pour compenser les difficultés, certains arriveront à sortir leur épingle du jeu et n’auront peut-être pas besoin d’une médication. Pour d’autres, cela est pratiquement impossible.

    POUR ou CONTRE la médication

    Outre le pour et le contre de la médication, il y a assurément des enfants qui vivent au quotidien avec des difficultés liées au TDAH. Pour certains, les répercussions sur divers aspects de leur vie sont importantes. Devrait-on médicamenter absolument? Pas forcément, mais cette question demande d’être nuancée. L’utilisation de la bonne médication n’élimine en rien le trouble mais minimisera certainement les impacts négatifs sur le fonctionnement quotidien de l’enfant.

    Des effets souvent très positifs en découlent pour l’enfant en ayant réellement besoin! On pense ici  aux différentes sphères problématiques discutées plus haut: l’estime de soi, les relations interpersonnelles, les résultats académiques et la dynamique familiale, qui pourraient être grandement améliorées. D’un autre côté, il y a parfois des comportements chez l’enfant qui viennent brouiller les cartes en matière de diagnostic et du réel besoin de médicamenter. Par exemple, l’anxiété. Est-ce que l’enfant sera agité dans telle ou telle situation en raison d’un TDAH ou c’est l’anxiété qui prend le dessus? Car il faut savoir que l’anxiété aussi apporte son lot d’agitation et de difficultés de d’attention.

    Il importe de se questionner à savoir si le trouble a été bien investigué et évalué pour être attribuable au TDAH en totalité. Il n’est pas rare de constater différentes problématiques chez de jeunes enfants, connexes ou non à un possible TDAH, qui peuvent expliquer leurs comportements « indésirables » tels: un trouble de langage affectant la compréhension, un trouble du spectre de l’autisme, le manque de sommeil ou encore des difficultés familiales.. Chaque avenue doit être explorée pour poser un diagnostic quelconque et par la suite justifier, ou non, la prise d’une médication.

    Finalement, la décision reviendra toujours aux parents. Il importe toutefois pour eux de consulter l’équipe-école pour discuter de leur enfant et de voir ensemble comment il est possible de l’aider. Au cœur de cette décision se trouve un enfant avec des besoins et pour qui les adultes doivent avoir mis tout en place pour assurer sa santé, sa sécurité et son bien-être!