• Mon ange est devenu un petit diable!

    Bonjour,

    J’ai un petit garçon de 2 ans et 4 mois et ces derniers temps, il a changé son comportement : il est toujours souriant, câlin et joueur mais dès que ça ne vas pas dans son sens, il hurle me tape ou me jette des objets. Je le punis dans sa chambre, j’ai discuté avec lui, je lui et demandé de s’excuser, mais rien n’y fait: il recommence !

    Alors je l’ai puni au salon, mais même effet : il s’en fout et continue à hurler et me frapper ou même me mordre ! J’ai enlevé des jouets en lui disant :  « Tu ne joueras pas avec pendant un jour. »  Mais cela n’a rien fait. Je ne sais plus comment faire avec lui.  J’essaie d’avoir des discussions mais il me jette la voiture à la tête et me tire les cheveux.

    Je sais qu’avec son papa nous avons traversé une épreuve un peu difficile dans notre couple mais aujourd’hui tout va très bien. Nous avons expliqué à Ylan que nous sommes fou amoureux l’un de l’autre et que nous ne voulons pas nous séparer.

    Je ne sais plus quoi dire pour que mon enfant arrête de me reprocher mon autorité ! J’ai même un jour mis une fessée à Ylan, mais je m’en suis mordu les doigts car je lui demande de pas me taper et je le fais.  Alors je me suis excusée auprès de lui et plus jamais je ne l’ai refait.  Mais en attendant il ne change pas.

    Avez-vous d’autres manières pour faire comprendre à un enfant qu’il est interdit de frapper, mordre, jeter des objets et hurler ?

    Merci d’avance !

    Cordialement,

    Ophelie


    Bonjour Ophelie,

    Je ne sais pas si vous avez déjà entendu l’expression « terrible two» ? C’est une expression anglophone qui caractérise bien la phase du développement affectif des enfants nommé par certains auteurs « de la dépendance à l’autonomie ». Aux alentours de deux ans, les enfants passent par un stade de « laisse-moi faire je suis capable » et « reste près de moi, j’ai besoin toi ». C’est un peu comme à l’adolescence!

    Ceci dit, même si tous les enfants traversent les différentes phases de développement, il est important de souligner que votre enfant est unique et que tout au long de son développement, son tempérament et sa personnalité naissante teinteront son comportement. Il n’existe donc pas une réponse magique à votre situation, mais bien plusieurs possibilités d’intervention.

    Je vous propose quatre clés

    • Amour : Le besoin d’amour est un besoin fondamental de l’enfant. Que ses parents s’aiment ou pas est une chose. Ce qui est encore plus important pour l’enfant est que ses deux parents l’aiment lui. Que vous restiez ensemble ou pas, il doit savoir que vous l’aimez tous les deux et que cela ne changera jamais. Je vous invite à lui dire.
    • La discipline: Votre enfant est en apprentissage et l’objectif de la discipline est d’enseigner à votre enfant à maîtriser ses pulsions afin qu’il arrive éventuellement à une autodiscipline. Votre rôle est d’établir des limites de ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas. Ces balises sont importantes, car elles sécurisent votre enfant.

    Ainsi, les limites imposées par les parents aident l’enfant à connaitre et à comprendre les règles qu’il doit suivre dans sa famille et à ajuster son comportement. C’est sécurisant de savoir que s’il va trop loin comme mordre ou frapper quelqu’un en l’occurrence, ses parents l’arrêteront et le maîtriseront. Les limites doivent être claires, fermes et présentées avec bienveillance. « Chaque fois que tu feras ça, je t’arrêterai jusqu’à ce que tu puisses t’arrêter tout seul. »

    Pas de long discours! Une explication trop longue n’aura aucun effet. En plus de connaître les balises, il est important qu’il connaisse les conséquences s’il les enfreint (arrêt d’agir, retrait de l’activité, isolement, etc.) « Si tu lances un objet, je vais te l’enlever. » S’il fait une crise, vous lui dites « Je vais discuter avec toi lorsque tu te seras calmé. » Et vous l’ignorez. Au début ses crises risquent d’être plus longues, mais lorsqu’il comprendra que ça ne lui donne rien, il arrêtera.

    Lorsqu’il sera calme, vous lui rappelez que vous l’aimez, mais que vous n’aimez pas lorsqu’il fait des crises. S’il est disponible émotivement, vous pouvez lui enseigner différentes façons de faire pour la prochaine fois. Faites l’exercice avec lui : inspirer profondément, et ce afin de faire un gros ballon avec son ventre, expiré par la bouche comme si on voulait éteindre une chandelle; s’il préfère, il peut prendre un toutou dans ses bras et le serrer très fort, afin de se calmer, etc. Il est en apprentissage, vous devez lui enseigner comment gérer ses émotions et ses pulsions.

    • La constance. Votre attitude à son égard doit être prévisible; l’enfant qui comprend ce qu’on attend de lui et qui peut prévoir les conséquences de ses actes apprend beaucoup plus vite à respecter les consignes. À l’inverse, une attitude qui est tantôt tolérante et tantôt exigeante face à un comportement donné crée chez lui un sentiment d’insécurité. Être constant avec l’enfant ne signifie pas être rigide, mais bien avoir une attitude qui ne change pas selon l’humeur des parents.

    Il doit aussi y avoir cohérence ente les parents; les interdits doivent être les mêmes pour papa et pour maman. Donc une discussion entre les parents s’impose. Décidez ensemble ce que vous acceptez et ce que vous n’acceptez pas et quelles seront les conséquences lorsque fiston va enfreindre les règles établies.

    • Et finalement pour la quatrième clé, je vous propose le renforcement positif. Lorsque vous le « surprenez » à s’autocontrôler, à exprimer ses émotions de façon adéquate, « Je suis fâché » ou à faire une demande avec ses mots plutôt que ses poings, félicitez-le. Dites-lui à quel point vous êtes fière de lui.

    J’espère que ces pistes vous seront utiles et n’hésitez pas à communiquer avec une coach près de chez vous pour une intervention plus ciblée.

    Kim Cairnduff