• Quel est votre style d’éducation ?

    Laisser expérimenter

    Sécurité ou surprotection ?

    Lorsque l’on devient parent on s’aperçoit rapidement comment ce petit être est fragile et qu’il dépend totalement de nous. Il commence déjà en bas âge à vouloir explorer son environnement et nous voulons toujours éviter qu’il ne se blesse.

    Par chance, mes amies ont eu des enfants avant moi et elles ont tout de suite su me conseiller et me rassurer lorsque mon fils à commencer à grimper partout : « Ne soit pas trop mère poule, laisse-le faire ses expériences! » Comment savoir justement si l’on encadre suffisamment son enfant ou si l’on ne le brime pas trop?

    Les styles d’éducation parentale décrits par Diana Baumrind : autoritaire, démocratique, permissif et désengagé. De ces styles de parents, le parent démocratique semble être celui qui permet le meilleur développement de l’enfant. Puisque les enfants ayant des parents démocratiques présentent généralement les caractéristiques suivantes:

    • vifs et dispos;
    • confiance en leurs capacités à maîtriser les tâches
    • bonne estime de soi
    • régulation de l’émotion bien développée
    • sociables
    • capacité d’empathie développée
    • traits de caractère liés au sexe moins marqués (sensibilité chez les garçons ; indépendance chez les filles).

    Alors que les enfants de parents autoritaires sont généralement plus anxieux, réservés, peu spontanés, ont une piètre réaction à la frustration, sont plus susceptibles de se livrer à des activités antisociales (toxicomanie, alcoolisme, vandalisme, délinquance).

    Les parents désengagés pour leur part, sont caractérisés par l’indifférence et par l’absence de soutien adéquat pour l’enfant. Cette indifférence peut être due à la carrière, la drogue, ou au narcissisme. Quant au parent permissif, il se comporte avec indulgence et laxisme, cédant facilement aux caprices et acceptant les mouvements d’humeur de l’enfant.

    En résumé, des parents permissifs et désengagés donnent des enfants ayant une faible régulation des émotions (égoïsme, culte de soi, intérêt personnel surdéveloppé), un esprit rebelle et défiant l’autorité lorsque les désirs sont remis en cause (plaisir personnel avant tout), une faible persistance lors de tâches difficiles (refus de l’effort et de la contrainte), des comportements antisociaux fréquents : irrespect d’autrui et des règles de sociétés, violence et délinquance.

    Vous vous reconnaissez, ou vous reconnaissez des enfants que vous connaissez?

    Êtes-vous un parent démocratique? L’autorité des parents démocratiques tente de diriger les activités de l’enfant, mais d’une façon rationnelle, axée sur la méthode. Il encourage l’échange verbal, explique à l’enfant le raisonnement qui sous-entend ses règles et ses valeurs. Lorsque l’enfant refuse de se conformer à ses exigences, il lui demande d’en expliquer les raisons. L’autodiscipline et la volonté de conformité aux règles sont évaluées. Par conséquent, elle exerce un contrôle ferme sur les points de divergence parent-enfant, sans se limiter à l’emploi de contraintes (punitions). Il applique son propre point de vue comme un adulte, mais il reconnaît les intérêts individuels et les buts de l’enfant. L’autorité parentale affirme les qualités de l’enfant, mais établit aussi les normes de conduite future. Elle se sert de la raison, du pouvoir, et de l’élaboration puis du renforcement de règles de conduite pour atteindre ses objectifs, et ne fonde pas ses décisions sur le consensus ou les désirs de l’enfant. Cette autorité parentale ne se considère pas elle-même comme infaillible, ou d’inspiration divine.

    Donc, pour le bien de votre enfant offrez-lui des limites, des règles claires pour qu’il sache à quoi s’en tenir. Même si cela vous fait mal au cœur parfois, soyez ferme et constant. Certains enfants essayeront de tester davantage vos limites, persévérez! C’est dans l’intérêt de votre enfant afin qu’il devienne un enfant heureux, indépendant, autonome, sociable et respectueux.

    Surprotection? De grâce, ne tombez pas dans le zèle et l’excès. Les enfants ont aussi besoin de liberté et de confiance. Donnez-leur progressivement de la « corde ». Selon l’âge, laissez-leur vous prouver que vous pouvez leur faire confiance. Votre enfant de 10 ans est capable d’aller vous faire une course au dépanneur, d’aller se promener seul en vélo avec des amis. Avec l’école, le service de garde et toutes leurs activités, plusieurs enfants ne sont jamais laissés à eux-mêmes. C’est pourtant en jouant librement dehors qu’ils développeront beaucoup plus leur autonomie et leur créativité. Nous avons pourtant tous joué à la cachette et fait mille et un mauvais coups avec nos amis et nous sommes toujours là pour en témoigner!

    Étant moi-même « mère poule », je m’inquiète pour mon fils. Et ce, même si je suis enseignante et coach : toutes les connaissances deviennent secondaires lorsqu’il s’agit de notre propre progéniture. Comme me l’ont si bien rappelé mes collègues coach, on ne peut empêcher nos enfants de souffrir! Ce sont nos épreuves et nos souffrances qui font de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Ils vivront toutes sortes d’aventures, tomberont à vélo, auront une première peine d’amour, mais nous serons là avec nos bras bienveillants, souriant en leur disant : « Tu es capable, je crois en toi! »

    Diana Baumrind’s (1966) Prototypical Descriptions of 3 Parenting Styles