• Ils courent sans cesse, même à l’intérieur !

    Des enfants qui courent

    Bonjour,

    Je ne sais pas si vous me répondrez mais je prends une chance… Mon nom est Anne-Sophie et je suis éducatrice à l’enfance auprès d’un groupe de 8 enfants âgés de 3 ans. Les enfants de mon groupe ont constamment besoin de courir. Ils courent sans cesse. J’ai beau les faire courir à l’extérieur lors de nos périodes de jeu dans la cour, ils courent encore une fois revenu à l’intérieur et cela nous est interdit dans mon milieu de garde.

    Je leur explique clairement pourquoi (chutes, coups, bobos) et les fait asseoir à la table avec moi pour se calmer un peu mais cela ne change en rien. Je dois plusieurs fois par jour leur répéter: « On marche à la garderie ». J’aimerais avoir votre aide afin que vous m’aidiez à trouver un outil ou un accessoire de jeu que je pourrais utiliser pour enrayer ce mauvais comportement de groupe avant qu’il n’arrive quelque chose de grave. J’ai remarqué qu’ils couraient surtout (mais pas toujours) lors des moments de routine et/ou de transition. Même si je prépare d’avance une belle activité avec « effet WOW » ils préfèrent courir 2-3 tours autour de la table avant de venir me rejoindre pour mon activité.

    Aidez-moi svp 🙂
    Merci beaucoup d’avance

    Anne-Sophie


    Bonjour Anne-Sophie,

    Merci d’avoir pris le temps de nous transmettre vos questionnements et de faire confiance à l’équipe de Nanny Secours !

    Malgré le fait que votre réalité est bien commune et voir même normale, il reste tout de même que certaines pistes de solutions peuvent être ajoutées aux interventions déjà mises en place, qui soit dit en passant, sont excellentes !

    Je tiens à vous mentionner qu’il est fortement recommandé de nommer vos consignes de façons positives comme vous le faites déjà. Il est plus simple et logique pour l’enfant d’exécuter la consigne lorsque celle-ci énonce ce à quoi on s’attend réellement de lui. Par exemple, dire « on marche doucement svp » induit à l’enfant le comportement attendu.

    De plus, lors de nos explications, il est souhaitable  d’orienter dans quels contextes il est permis de courir, soit à l’extérieur dans la cour de la garderie.

    Il peut être intéressant d’expliquer à l’enfant le pourquoi de la règle en axant sur l’aspect préventif (éviter des blessures, des accidents, etc…). Cependant, il n’est pas essentiel d’élaborer davantage sur ces points. L’enfant vit, agit dans l’instant présent et ce n’est pas naturel pour lui, de façon générale, d’appréhender les impacts possibles à une situation X. Selon moi, l’adulte doit tout de même le sensibiliser et l’informer des impacts possibles afin qu’il puisse éventuellement faire des choix plus éclairés.

    La clef selon moi est de reconnaître ce besoin de bouger comme étant normal, voir même essentiel. Certains enfants combleront ce besoin dans la cour extérieure et cela leur sera suffisant. Par contre, pour d’autres enfants, malgré plusieurs moments propices aux activités motrices et à la course, le besoin de bouger demeurera tout aussi présent. Pour eux, la façon de garder le focus est tout simplement en bougeant !

    J’en conviens avec vous, pas facile pour une vie de groupe !

    Voici quelques pistes :

    • Faire des jeux pour travailler l’autocontrôle chez les enfants. Par exemple, les faire bouger sur place en ajustant leur vitesse selon la couleur d’un feu de circulation (vert pour la course, orange pour la marche et le rouge pour la position statut).
    • Faire référence également à ce visuel de feu de circulation lors des déplacements : « On va se laver les mains en étant orange ! »
    • Utiliser une comptine sur la thématique de la bougeotte et de la tâche à exécuter pour accompagner les routines et les transitions.
    • Offrir des petites tâches à faire lors des transitions aux enfants dont le besoin de bouger semble être plus grand. De cette façon, l’enfant sera actif et valorisé et non sans cesse réprimandé.
    • Leur permettre de faire du jogging sur place lorsque le besoin se fait sentir.
    • Lorsque l’enfant va à la course chercher un jouet à l’autre bout du local, lui faire reprendre la séquence, mais en marchant; c’est ce qu’on appelle « avoir une dominance kinesthésique de notre système de représentation », c’est-à-dire, apprendre par l’expérience. Il est de mise de considérer que cette façon de faire ne doit pas être surutilisée afin que l’enfant repris souvent devant le groupe voie son estime de soi affectée. Il faut le voir comme une façon de faire vivre une expérience positive à l’enfant de ce que qu’on attend de lui et non sous une forme punitive ou de reproche.
    • Utilisation d’objets tactiles pour compenser le besoin de bouger ou garder le focus lors d’une routine.

    Il faut également considérer  l’influence que les enfants ont entre eux. Certains vont se laisser contaminer par l’énergie des autres. La capacité d’écoute aux consignes pourra aussi varier selon les journées, altérée par des facteurs extérieurs, hors de votre contrôle, tel que leur fatigue. Dans les moments où l’ensemble du groupe semble agité, il est peut-être préférable de répondre à ce besoin en offrant une période de décharge motrice (jogging sur place) et ensuite prévoir un moment de détente afin de retrouver un certain équilibre.

    Malgré tout, il reste que la répétition est un des meilleurs moyens d’apprendre pour les enfants. Il est donc impossible de ne plus avoir à le faire lorsque nous sommes en intervention ou en interactions avec de jeunes enfants.

    Avoir des attentes réalistes face à leurs besoins, leur développement et leur compréhension, enlève un poids à tout le monde!

    Voici un texte portant sur l’autocontrôle de ma collègue Nancy Doyon :

    http://www.nannysecours.com/developpement-de-lenfant/developper-la-capacite-dattention-de-concentration-et-dautocontrole/

    Amusez-vous et bonne chance !