• Ma fille crie sur ses enfants et je ne suis pas d’accord!

    Ma fille crie sur ses enfants

    Bonjour, je suis la mamie de 2 beaux adorables petits garçons. Ma fille n’a pas de patience avec eux et crie beaucoup trop, tout le temps. C’est plus sur le grand que le petit. Ces enfants ne sont pas insupportable, ils sont vivants c’est tout. Comment expliquer à ma fille que crier aussi fort ne sert à rien, que 4 punitions par jour, c’est trop et ça ne fonctionne pas… la punition consiste à laisser l’enfant dans sa chambre un petit moment. Le petit est souvent puni aussi. Mais ils pleurent peu et jouent en attendant. Que faire?

    Martine.


    Bonjour Martine,

    Tout d’abord, merci pour votre témoignage qui est extrêmement précieux et votre démarche qui reflète votre souci de bienveillance et d’amélioration.

    La situation que vous relatez est bien délicate de par votre position extérieure au système familial en lui-même.
    Vous demandez comment expliquer à votre fille que crier trop souvent et punir à répétition ne sert à rien. Est-ce parce que vous n’avez pas encore communiqué avec elle sur ce sujet, parce que vous avez essayé mais elle n’est pas d’accord avec vous ou encore elle entend mais n’arrive pas à changer sa manière de faire ?

    Je vous propose d’analyser la situation en 4 points :

    1. En premier lieu, il faudrait pouvoir s’assurer que c’est le même scénario quand ils sont seuls tous les 3 à la maison, car le regard qu’une tierce personne porte sur un fonctionnement familial implique forcément (et dans certains cas peut être « faussé ») la présence de celle-ci. Il est donc impossible pour qui que ce soit de son entourage de vérifier ceci hormis pour un professionnel auquel votre fille se confierait.
      Peut-être sont-ils davantage excités en votre présence, très contents de voir leur grand-mère ? Et dans ce cas, votre fille aimerait qu’ils se montrent sages comme en votre absence ? Si tel est le cas, alors les choses ne se passent pas comme ça le reste du temps. Qu’en dit-elle ? Est-ce elle-même qui les qualifie d’insupportables de manière générale ?
      Néanmoins, ce qui reste certain, c’est que ça se produit à minima en votre présence, au point que ce système familial vous alerte, nous pouvons donc en déduire que votre fille souffre elle aussi de cette situation.
    2. Là où il faut s’interroger également, c’est là où il semble pointer une sorte de paradoxe entre « la maman crie trop et trop souvent » et « ces garçons ne sont pas insupportables ». Certes, nous sommes bien d’accord, crier n’est pas la meilleure méthode éducative. Cependant, sans parler du fait de crier, pourquoi un parent s’énerve si ses enfants sont calmes et sages ? Vous dites « ils sont vivants ». Alors dans ce qu’ils font de vivant, il faut prendre en compte ce que votre fille accepte et n’accepte pas. Il est bon d’être respectueux de ce qui est acceptable ou non pour elle, de ses valeurs profondes et ses choix d’éducation. Sentez-vous que c’est le cas pour vous ? Lui faites-vous totalement confiance dans son rôle de maman ? (Ce qui n’annulerait pas la possibilité pour vous de les éduquer différemment lorsque vous les avez en garde).
    3. Par ailleurs, le risque est que cette attitude parentale devienne une habitude et que le comportement des enfants dégénère, que les choses s’installent ainsi que la fatigue et l’usure chez votre fille. La punition ou solution de leur faire passer un moment dans leur chambre pour se calmer n’est pas mauvaise du tout mais en effet si elle se répète trop souvent, elle perd de son sens et le parent de son autorité. Et dans ce cas, la punition n’est plus exceptionnelle, elle fait donc moins d’effet et les enfants s’y habituent et s’en accommodent. C’est ainsi qu’ils jouent en attendant la fin de la punition. Reste à savoir s’ils jouent calmement, ce qui montre qu’ils sont dans le respect du cadre de la punition ou s’ils continuent à jouer « bruyamment », cela voudrait plutôt dire qu’ils défient la punition et l’autorité parentale. À ce propos, sont-ils punis ensemble ou séparément ? (La maman se montre plus dure avec l’aîné car elle doit penser que c’est lui qui mène la barque et que le plus petit ne fait que suivre. Excepté lorsque les caractères sont très marqués et les rôles très définis, ce n’est pas toujours le cas et il est bon de faire très attention à ne pas tomber dans une injustice redondante qui peut générer au fur et à mesure de la colère chez l’enfant).
    4. Enfin, sachant ou sentant votre désapprobation de sa manière de faire, il est fort possible que votre fille soit en perte de confiance en elle et par conséquent sur la défensive pour être en mesure de recevoir des conseils ou suggestions de votre part. De même, parler de ce problème avec vos petits-enfants (dont j’ignore l’âge mais ils semblent être jeunes) comporte le risque de faire perdre une partie de l’autorité que leur maman essaie d’avoir et pourrait nuire à leur relation parent/enfant.

     

    Compte tenu de ces éléments, 2 pistes se dessinent très clairement et l’une n’annule pas l’autre : la 1ere est qu’il faut respecter sa manière d’être en tant que parent et la 2ème c’est qu’il serait bon qu’elle bénéficie de quelques séances de coaching familial et parental pour vérifier si elle est en difficulté dans son rôle de maman et à la recherche de nouvelles méthodes plus efficaces.

    Afin qu’elle puisse recevoir cette proposition, je vous conseille de l’aborder en lui annonçant l’objectif : celui de ne pas rester dans cette position inconfortable. Deux angles différents peuvent s’offrir à vous :

    • elle pourrait parler et raconter ce qu’elle vit à un professionnel de l’éducation qui pourrait en retour lui donner son avis, la rassurer sur tout ce qu’elle fait bien
    • lui permettre de changer ce qui ne fonctionne pas. Ainsi, elle retrouverait un bel équilibre avec ses 2 garçons.

    Il existe également la possibilité de le lui offrir comme cadeau si vous pensez que cette manière de faire sera la bienvenue.

    Vous-même pouvez me contacter afin de compléter votre récit. Ainsi, je connaîtrai mieux la situation et pourrai vous donner les conseils qui vous permettraient de transmettre plus facilement votre aide à votre fille et sa famille.

    Je vous félicite pour le bien que vous voulez leur apporter et vous encourage à réussir votre mission.