• Elle ne veut pas se faire laver!

    Bonjour,

    Ma fille a 18 mois depuis le 5 avril. Depuis quelques temps, c’est très difficile de lui brosser les dents. C’est la guerre à chaque fois. Nous avons l’impression de lui faire vivre l’enfer tellement elle pleure. Nous avons essayé de lui laisser sa brosse mais elle ne le fait pas vraiment et nous devons absolument repasser parce qu’elle a une dent derrière laquelle il s’accumule des résidus de nourriture. Avant, c’était pas si mal… mais depuis environ deux mois, c’est terrible !!!

    Nous vivons la même situation lors du lavage du visage et des mains après les repas. Encore une fois, si elle le fait elle-même, nous devons repasser après elle. Je comprends qu’elle a seulement 18 mois et que ça ne peut pas être parfait et je n’ai aucun problème avec ça, mais je ne peux pas lui laisser les dents et le visage sales uniquement parce qu’elle n’aime pas que je lui fasse !

    Pour le lavage des cheveux, c’est la même chose: elle ne veut pas qu’on la couche sur le dos doucement pour lui mouiller et rincer. Elle n’aime pas non plus qu’on prenne la douche téléphone ou un verre. Elle se lève debout et pleure à en fendre l’âme. Elle ne veut pas d’eau dans son visage mais c’est pratiquement impossible malheureusement, vu la façon dont on doit s’y prendre…

    J’aimerais beaucoup avoir des conseils car je suis découragée, je ne me sens pas très bonne dans ces tâches et j’ai l’impression que cette situation devient pire chaque fois. Je ne veux pas la traumatiser non plus.

    Merci beaucoup!


    Bonjour!

    Je vous remercie de faire appel aux coachs du réseau Nanny Secours.

    À la lecture de votre lettre, je comprends que vous vous sentez un peu dépassée par cette situation.  Je tiens à vous rassurer qu’en tant que parent il est tout à fait normal d’avoir des moments de doute et que vous partez d’une bonne intention : celle de prendre bien soin de votre petite fille!  De ce fait, je suis confiante que quelques petits ajustements sauront faciliter ce que vous vivez, pour vous et votre fille.

    Je vois deux aspects distincts à votre question.  D’une part, il est fort possible que votre fille soit en pleine phase d’opposition, communément appelée le « terrible two ».  Cette phase commence généralement vers 18 mois mais peut tout aussi bien commencer un peu plus tôt chez certains enfants.  C’est d’ailleurs dans cette phase normale du développement que l’enfant réalise qu’il est un être à part entière et qu’il peut avoir un certain contrôle sur son environnement (et ses parents!) par la magie de l’opposition!  C’est donc une phase où les crises sont fréquentes. Ce sont en fait ses premiers balbutiements dans le long apprentissage de l’affirmation de soi.

    Afin de la soutenir dans cette phase importante, vous pourriez lui apprendre à verbaliser ce qu’elle ressent en créant des modèles pour elle afin de travailler l’affirmation de soi.  « Oh, tu n’aimes pas cela? On dit, je n’aime pas ça! ».  Vous pourriez aussi lui donner des choix encadrés : « Veux-tu mettre le pantalon bleu ou le rouge? »

    Il peut aussi être utile de favoriser son autonomie qui devient un besoin de plus en plus présent à cet âge.  Je constate que c’est une piste que vous avez déjà commencé à explorer.  Vous pourriez continuer en ce sens pour le lavage du visage et des mains, en lui fournissant un miroir et en prenant le temps de lui montrer où il faudrait repasser la débarbouillette.  En fonction de son niveau de développement il est probable que ce ne soit pas parfait au début mais ceci lui donnerait un certain contrôle et répondrait possiblement à un besoin.  Avec des efforts soutenus, il est à parier qu’elle apprenne réellement à bien se débarbouiller à la fin du repas.  Si vous le faites en même temps qu’elle, que vous prenez plaisir à jouer dans la mousse ou même la laisser vous laver à votre tour, cette tâche nécessaire risque de devenir source de plaisir.  Finalement le fait de l’encourager et de la féliciter dans son autonomie mettra l’accent sur les gains positifs (faire bien cela), ce qui deviendra plus payant que les crises.

    En second lieu, je crois qu’il pourrait être pertinent d’explorer le niveau de sensibilité de votre enfant. Par exemple, est-ce possible qu’elle soit plus sensible au niveau de sa dent surtout si c’est une molaire et que la brosse à dent cogne un peu sur sa gencive ou lui lève le coeur? Peut-être pourriez-vous lui permettre de mettre sa petite main sur la vôtre afin qu’elle ait un sens de contrôle et puisse vous donner un indicateur si elle trouve que vous y aller trop fort.  Cette technique pourrait être en même temps un moment d’apprentissage tout en douceur.

    Parfois le simple fait de prévenir notre enfant de ce que nous allons faire lui permet de mieux se préparer et conséquemment de moins réagir. « Ma puce, maintenant maman va laver ton visage tout doucement ».  De même, lui expliquer ce qu’on lui fait ou nommer les parties que l’on lave sous forme de comptine peut lui permettre de savoir à quoi s’attendre et même lui changer les idées. Encore une fois, si votre enfant est un peu plus sensible, certaines pistes pourraient être explorées :

    • Est-ce que l’eau est trop chaude ou trop froide pour elle?
    • Est-ce que la texture de la débarbouillette est trop rugueuse? Si oui, peut-être peut-elle se laver directement au lavabo avec ses mains.
    • Est-ce que la texture du savon mousse lui plaît davantage ou moins? L’odeur de celui-ci lui déplaît-elle?
    • Quelle est votre attitude lors de ces moments? Êtes-vous stressée? Hésitante? Frustrée? Vous dépêchez-vous afin d’éviter une crise en y allant rapidement ou si au contraire vous tentez d’y aller doucement avec des gestes tendres? Généralement préfère-t-elle se faire flatter plus doucement ou en profondeur?
    • Est-ce que ces trois routines sont trop rapprochées dans le temps pour votre enfant? Est-ce que le fait de les espacer un peu lui permettrait de mieux gérer ce qu’elle ressent?

    Pour ce qui est du lavage des cheveux, nombreux sont les enfants qui n’aiment pas cela! Votre fille a peut-être peur de l’eau dans son visage (qui parfois coupe le souffle un peu). Pourquoi ne pas utiliser le symbolique pour lui permettre de s’amuser pendant ce moment? Vous pourriez par exemple lui dire qu’elle est une petite sirène qui se fait dorer au soleil en pointant son nez vers le ciel (ce qui fera basculer sa tête vers l’arrière).  Vous pourriez lui donner des « lunettes magiques de sirène » en lui remettant une débarbouillette afin qu’elle puisse la tenir sur ses yeux et se protéger de l’eau sur son visage. Puis vous pourriez raconter une histoire de chute qui coule doucement sur ses cheveux ou d’un nuage de pluie qui vient la chatouiller.  Vous voyez le genre?

    Peu importe votre approche, le but sera de la désensibiliser progressivement.  Reprendre plaisir dans les rituels en y intégrant le jeu, l’imaginaire et l’humour!

    Sur ce, je vous souhaite plusieurs moments de plaisir au monde de l’imaginaire!