• Anxiété, manque de confiance et mensonge…

    Bonjour à vous,

    Je vous écris, car j’ai des questions par rapport à ma fille. Elle a 4 ans et aura 5 ans dans 4 mois. Premièrement, c’est une enfant qui est très attachée à moi (sa maman). Que ce soit à la garderie ou avec ses grands-parents avec qui elle a une stabilité de longue date, c’est toujours difficile la séparation. Elle s’accroche à moi par la jambe et il y a une difficulté pour se séparer. Elle a toujours très hâte de me retrouver. Elle aime beaucoup ses grands-parents et son éducatrice qu’elle connaît très bien, elle connaît bien la routine et tout est stable.

    Elle va commencer l’école en août et cela me fait peur un petit peu, si je compare à ma plus vieille qui a commencé cette année, qui est indépendante et qui a trouvé cela malgré tout difficile. Ensuite, elle se sent insécure lorsqu’elle se retrouve dans un milieu comme les restaurant, les magasins : elle demande toujours de revenir à la maison. J’ai remarqué cela il y a peu de temps.

    De plus, c’est un enfant qui est toujours de bonne humeur, un vrai rayon de soleil, tout le monde l’adore ! Je trouve qu’elle est comme dans son petit monde. Est-ce normal que plusieurs fois par jour elle nous raconte des choses que nous savons fausses.  Par exemple: elle peut me dire qu’elle a vu telle personne sur la rue et nous savons que ce n’est pas vrai, ou elle nous dit qu’une amie est au même magasin que nous parce qu’elle a vu l’auto de sa maman et lorsque je lui offre d’aller la voir, elle me dit que finalement elle est partie. J’aimerais bien comprendre ce que cela veut dire.

    Dernièrement, je crois qu’elle a un manque flagrant de confiance en elle, elle se croit incapable de faire plusieurs choses et lorsqu’elle y arrive et qu’on lui dit bravo, elle est très surexcitée. Ce qui peut être difficile aussi c’est qu’elle n’aime pas apprendre et se désintéresse si elle a de la difficulté. Par période, elle peut aller plusieurs fois faire pipi pendant un moment qui l’insécurise comme le dodo du soir (elle fait vraiment pipi). Après avoir discuté avec le docteur, on m’a dit que cela devrait se replacer que c’est un problème au niveau de l’attention et/ou psychologique. Je sais qu’à la maison elle demande tout de même de l’attention en nous posant souvent des questions et surtout aussi le soir au dodo.

    Alors voilà, je sais que c’est beaucoup d’informations. Je suis simplement une maman qui veut aider sa fille à être mieux dans sa peau. En vous remerciant à l’avance !

    Jacinthe


    Bonjour Jacinthe,

    Premièrement, merci d’avoir eu le courage de poser votre question, vous aiderez très certainement d’autres parents qui vivent une situation semblable. Je vais tenter de répondre du mieux que je peux avec l’information que vous m’avez fournie.

    Je perçois trois volets à votre question

    1. Les séparations sont difficiles
    2. Elle manque de confiance en elle
    3. Elle raconte des histoires

    J’aurais aimé pouvoir vous poser quelques questions.

    • Depuis quand est-elle anxieuse? Est-ce un trait de caractère ou est-ce arrivé plus tard?
    • À quels moments de la journée démontre-t-elle de l’anxiété (au départ d’une personne qui lui est chère, le soir, le matin…)
    • Comment réagit-elle lorsque vous allez au magasin avec elle? Ou au restaurant?
    • Est-ce que votre fille est la plus jeune? Est-ce que sa sœur réussit mieux qu’elle en général? Elle peut alors se sentir en compétition avec sa sœur. Si c’est le cas, vous pouvez lui expliquer que sa grande sœur a aussi eu des difficultés lorsqu’elle faisait les choses pour la première fois. Vous pouvez aussi vous donner en exemple : «Tu sais, quand j’étais petite, je trouvais ça difficile de… mais j’ai fini par réussir en essayant plusieurs fois».

     

    J’ai une autre question pour vous : est-ce que vous êtes de nature anxieuse? Loin de moi l’idée de vous culpabiliser, mais bien pour comprendre l’origine de l’anxiété de votre fille. En effet, si vous êtes anxieuse, il est fort probable que votre fille y soit sensible et y réagisse et que vous soyez particulièrement sensible à sa propre anxiété. Ce qui n’est pas un mal en soi, il faut simplement le reconnaitre et trouver des solutions. Est-ce que vous anticipez les événements? C’est-à-dire, est-ce que vous prévoyez que ça va mal se passer? Car certains enfants sont plus sensibles à ce que les parents vivent (et pensent). Pas de panique, il y a des solutions.

    1. Les séparations difficiles

    Comment se passe la séparation le matin à la garderie? Quels sont vos sentiments lorsque vous la menez à la garderie? Est-ce la même chose lorsque quelqu’un d’autre va la mener à la garderie?

    Il aurait été intéressant de savoir comment ça se passe. Est-ce qu’elle s’amuse durant la journée avec les autres enfants? Que vous dit son éducatrice sur son comportement durant la journée? Je vais donc jouer le jeu de la supposition. Si ça se passe bien pendant la journée, et qu’il n’y a pas d’autres signes d’anxiété, on peut conclure qu’elle n’est pas anxieuse partout. Certains enfants se sentent particulièrement bien à la maison et ne veulent pas quitter le nid familial, qui est connu et sécurisant. Par contre, si l’éducatrice a également exprimé l’anxiété de votre fille (en sortie par exemple ou encore en présence de nouvelles personnes), il est possible que son anxiété soit plus généralisée. Mais encore là, il y a des solutions!

    Premièrement, il est important de mettre des mots sur ce que vit votre enfant. Lui expliquer que vous reviendrez après la journée et que vous passerez la soirée ensemble. Il est également important de prendre conscience de vos propres émotions face à cette situation. Essayez d’être le plus calme et rassurante possible. Si vous êtes vous-même anxieuse, il est fort possible que votre cocotte le ressente et que ça l’insécurise. Ne vous attardez pas à la garderie, dites-lui que vous l’aimez, que vous (ou quelqu’un d’autre) viendrez la chercher en fin de journée et que vous lui souhaitez une bonne journée. Quittez avec un sourire chaleureux (et sincère le plus possible) et surtout ne retournez pas dans le local. En fait il faut qu’elle sente que vous avez confiance en elle. Vous pouvez reproduire ce scénario pour toutes les formes de séparation.

    Si le soir elle ne veut pas quitter la garderie, vous pouvez lui dire qu’elle reviendra le lendemain (ou un autre jour). Vous pouvez aussi la sécuriser en lui expliquant ce que vous ferez dans la soirée («En arrivant, on pourrait passer un peu de temps ensemble, ensuite je ferai le souper et ce sera le temps de prendre le bain…»). Il pourrait être intéressant d’avoir un horaire imagé, ce qui lui permettrait de prévoir ce qui s’en vient. Pour le réaliser, vous pouvez trouver des images sur internet et les mettre sous forme de tableau.

    Pour ce qui est de l’heure du dodo, il pourrait être efficace de vous fier à l’horaire imagé et de vous y tenir. À ce moment, le moment du pipi est clairement indiqué et elle ne pourra pas se relever. Il est possible qu’elle fasse un pipi dans son lit (soit par défi soit parce qu’elle avait vraiment envie). Il est fort à parier qu’elle ne le refera pas. Si elle avait vraiment envie, elle le fera au complet les fois suivantes et si c’était par défi, elle comprendra que vous ne céderez pas. Mais il faut que vous soyez confortable avec cette idée. C’est à vous de voir si c’est une méthode qui vous convient. Car si vous n’êtes pas confortable avec cette méthode, elle ne fonctionnera pas. (Vous pouvez alors consulter un coach familial qui vous aidera à trouver des solutions qui vous conviennent.)

    Je tiens à vous féliciter d’en avoir parlé avec votre médecin. Il est effectivement possible que ce soit temporaire et que lorsque votre fille comprendra mieux le monde qui l’entoure, son anxiété diminuera. Mais voici quelques pistes qui pourront vous aider (et aider votre fille) au quotidien.

    • Premièrement, essayez de comprendre en douceur ce qu’elle vit.
    • Vous pouvez lui poser des questions comme : «Comment te sens-tu lorsque je m’en vais?» Laissez-lui le temps de répondre. Mais il est possible qu’elle ne trouve pas les mots. Elle peut s’exprimer à travers le dessin, la danse, la peinture…
    • Le dessin, la pâte à modeler, les mandalas, le yoga ou encore la méditation (guidée ou non) peuvent être des activités qui l’aideront à se calmer.
    • Félicitez-la lorsqu’elle réussit à maîtriser son anxiété. Avec un tableau de motivation par exemple. Ce tableau rend les réussites visuellement accessibles, elle peut donc voir ses progrès.

    N’essayez pas de tout régler en même temps. Prenez une chose à la fois et prenez votre temps. Votre calme et votre douceur l’aideront à prendre confiance.

    1. Elle manque de confiance en elle

    Justement, en parlant de confiance, l’anxiété peut être liée avec le manque de confiance en soi. Si elle craint de faire de nouvelles choses par peur de ne pas réussir, il pourrait être intéressant de lui donner de petits défis qu’elle aura plaisir à relever. Une fois de plus, le tableau de motivation peut être une belle façon de concrétiser les réussites. S’il vous manque de temps ou d’inspiration pour les fabriquer, il y a de beaux outils disponibles sur le site de Nanny Secours sous l’onglet «boutique en ligne».

    Une fois que vous serez en mesure de féliciter pour les réussites, tentez de laisser de côté les éléments plus négatifs. Pour ce faire, vous pouvez vous poser la question suivante : «Est-ce que cette remarque négative est nécessaire?» Si elle ne l’est pas, laissez-la tomber et concentrez-vous sur les réussites réelles, sans exagération. Il est important qu’elle se fasse une idée juste de ce qu’elle est en mesure de faire. Lorsque le défi n’est pas réussi, simplement lui dire que la prochaine fois ce sera mieux. Lui demander aussi si elle a fait de son mieux, sans ajouter quoi que ce soit. Simplement pour qu’elle prenne conscience elle-même des efforts fournis. Elle n’est pas obligée de répondre.

    Votre inquiétude pour son entrée à l’école est normale et saine. Souvent, les écoles offrent une journée de visite pour les nouveaux élèves de la maternelle. Est-ce le cas dans l’école que fréquentera votre petite à l’automne? Est-ce que vous allez à l’école avec elle pour aller chercher la plus vieille? Il s’agit là de belles façons pour vous et votre fille d’apprivoiser le nouvel environnement.

    1. Elle raconte des histoires

    Votre fille a surement une imagination débordante. Comme je n’ai pas accès à tous les détails et que je n’ai pas la possibilité de vous poser les questions nécessaires, il m’est difficile de répondre à cette question. Par contre, je peux vous dire qu’elle n’est pas la seule enfant à avoir ce type d’histoires à raconter, loin de là. Par contre il faut être vigilant afin que ça ne devienne pas une habitude. C’est peut-être une façon pour elle de se sécuriser : de s’imaginer que son amie est là, ça peut être rassurant pour elle.

    Il pourrait être intéressant que vous fassiez appel à un coach familial si vous croyez que c’est plus que ça. Le coach est là pour vous guider dans la recherche de solutions, selon vos valeurs et votre propre réalité familiale.

    J’espère que ces éléments de réponses sauront vous guider et que les quelques pistes d’interventions vous seront utiles.