• Mon enfant est insupportable juste avec moi!

    Bonjour ,

    Mon fils à 19 mois. Et depuis quelque temps, il est insupportable avec moi (la maman) uniquement. Avec papa, on voit qu’il teste un peu mais sans plus. Avec moi, il ne veut plus manger. Soit il se met à pleurer sans même avoir goûter, soit il met la nourriture dans sa bouche, pleure et recrache. garçon boudeIl ne veut plus marcher de la voiture jusqu’à la maison. Il s’assoit par terre et attend. Et quand je veux le lever, il fait comme s’il ne tenait plus sur ses jambes. Ce soir, je lui ai demandé de se mettre debout dans le bain pour le sortir et il m’a répondu non. Je lui ai reposé la question et il m’a redit non et s’est allongé dans la baignoire. Chez la nounou il mange de tout et il tient bien la main dès qu’ils sortent de la maison, alors qu’avec moi c’est le scandale.

    Je ne sais pas comment réagir à tout ça.

    J’admets que je m’énerve assez vite car en plus de tout ça, je suis très fatiguée car je suis enceinte du deuxième (4 mois ).

    Je n’arrive pas à savoir si c’est ça le problème ou si je fais mal quelque chose.

     


     

    Bonjour Fabienne,

    En effet, il semble y avoir quelque chose qui contrarie très fort votre petit. La bonne nouvelle, c’est que vous le voyez que vous vous en souciez et que vous demandez de l’aide. Donc, il a beaucoup de chance votre petit bonhomme.

    Vous dites « il est insupportable avec moi uniquement » ceci m’évoque deux probabilités qui peuvent être isolées ou mutuelles :

    1. En tant qu’adulte, si vous avez des tracas, de la peine, une inquiétude, c’est avec la personne qui vous met le plus en confiance que vous allez vous épancher et même pleurer. Pour nos petits c’est la même chose. Votre enfant se permet plus facilement d’être difficile avec vous car il est en confiance, en sécurité pour exprimer ses fragilités.

    2. Il peut également vous envoyer un message particulier et tout comme vous, je serai assez tentée de suivre la piste de votre grossesse.
    Les enfants sont très perturbés quand une modification importante dans le foyer est en cours. Votre petit, qui est encore un grand bébé, peut se sentir démuni et inquiet de l’arrivée de ce bébé.

    Les questions pour la venue d’un nouveau membre de la famille peuvent être :

    • Que sait il de cette grande nouvelle, comment en a-t-il entendu parler, par qui, en quels termes ?
    • Y a-t-il eu des inquiétude concernant le bébé à venir ?
    • Le futur bébé est-il désiré par les deux parents, y a-t-il eu des grossesses compliquées qui resteraient inquiétantes pour les parents ou l’entourage?

    Vous dites également vous énerver assez vite avec votre fils. Est-ce amplifié par la grossesse ? Est-ce dans votre nature depuis toujours ? Comment le vivez-vous ? Votre conjoint porte quel regard sur cela ? Comment vous aide t’il ?

    Il est possible que votre enfant sente votre malaise face à vos impatiences et vous interroge sur celles-ci en répétant les épisodes marquants qui sont explosifs entre vous. Il recherche probablement de cette façon votre attention. Il faut savoir que peu importe le type d’attention recherchée) positive ou négative, les enfants prendront ce que vous leur offrez pour que vous vous occupiez d’eux.

    Tout ceci est un maigre survol en réaction à vos quelques lignes. Sans donner de réel plan d’action, on peut évoquer les points suivants :

    • Parler à votre enfant de la venue du bébé en termes clairs, positifs et pratiques : « il va venir en hiver, au début il dormira dans notre chambre, il va beaucoup dormir, il sera grand comme ça, il va boire du lait, etc. »
    • Le rassurer dans sa possible inquiétude, ne pas ignorer son trouble : « je comprends que tu sois inquiet et impatient en même temps, c’est très normal, ça va être nouveau pour chacun de nous, nous sommes là pour t’aider et aider le bébé à être heureux avec nous tous. »
    • Plus tard, le rassurer sur l’autorisation de ressentir parfois de la peur de la colère ou de la jalousie devant son petit frère ou sa petite sœur.(Excellent livre pour ce sujet : frères et sœurs sans rivalité de Faber et Mazlish)
    • Pour votre perte de patience, vous pouvez, ensemble, faire des petits moments de relaxation, il existe des CD de yoga et relaxation pour les petits et vous pouvez également lui dire : « je n’aime pas me mettre en colère, c’est difficile parfois pour moi de rester calme, je vais faire plus attention à présent. »
    • Lui expliquer comment, lui aussi, il peut exprimer sa naturelle et utile colère.
    • L’accompagner dans son opposition pour lui indiquer que vous entendez ce qu’il tente de vous dire même si vous ne comprenez pas toujours ce qu’il veut dire. Exprimez vous-même en mots ce qu’il tente d’exprimer : « Dis-moi, tu sembles très fâché là, de quoi aurais tu besoin ? Un peu plus de temps dans le bain : on dit encore deux minutes et tu sors ? De faire tout seul pour manger ? De prendre plus de temps pour rentrer ? De faire un gros câlin ? »
    • Il ne veut pas marcher avec vous, il veut être pris dans les bras, vous pouvez en parler ensemble : « je te propose de marcher jusqu’à la maison et ensuite nous pourrions lire une histoire ensemble quand nous serons rentrés. Est-ce que tu aimerais ça ? » Ou bien : « je veux bien te porter un peu ce soir parce que tu as l’air bien fatigué et demain tu me montreras comment tu sais bien marcher tout seul. » Vous pouvez le challenger également pour stopper l’habitude qui s’installe : « je me demande combien de secondes tu vas prendre pour courir jusqu’à la maison ce soir ? » Ou « on fait la course ?»
    • Donnez- lui un peu plus de temps de qualité à jouer ou lire ou faire des câlins quand les choses avancent comme vous vous y attendez.

    Certes, il a trouvé des zones de stress et de réactions chez vous : alimentation, retour à la maison et soin. Tentez de voir là où vous pouvez faire l’impasse pour alléger également vos zones de frictions. Par exemple:

    • Ne pas manger tout son repas ne le met pas en danger, par contre il risque d’avoir très faim plus tard, vous pouvez lui dire : « voilà, ton assiette est là et quand tu auras faim tu pourras aller manger ». On n’offre pas de collation différente ou supplémentaire.
    • Vous garer dans une zone sans danger et attendre qu’il marche sans mettre de pression (ce soir- là, vous décidez de faire l’impasse sur le bain pour avoir plus de temps pour le laisser aller à son rythme.) et pendant que vous attendez exceptionnellement son « bon vouloir » prenez un magazine et lisez, faite des allers retours avec les courses…. Ne restez pas en mode pause à le regarder, cela évitera que vous ne perdiez patience.

    Voilà quelques idées de réflexions pour votre questionnement, nous espérons que cela vous aidera à trouver vos solutions. N’hésitez pas à vous faire aider si la situation stagne un peu trop.

    Bonne continuation et bienvenue à votre bébé en avance.



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