• Mon fils se « fout » des conséquences !

    Bonsoir!

    Mon fils est à la maternelle depuis quelques mois et nous avons eu notre 1ère rencontre de parents. Depuis qu’il a environ 4 ans, à la garderie comme à la maison,  lorqu’on lui annonce une conséquence, il a la réaction de nous dire: « Ça me dérange pas !  Donne-moi la ta conséquence ! » ou « C’est pas grave, je m’en fous ! ».  Le comportement est le même à l’école. Nous savons très bien qu’au fond, il ne s’en fout pas…  Cependant nous ne savons pas comment réagir face à ce comportement. L’enseignante nous dit qu’il se dévalorise et qu’il est influençable. Comment l’aider à changer cet état? Avez-vous des suggestions d’approche ou de lecture?

    Merci !

    Julie, maman d’Émile


    Bonjour,

    Je comprends par votre question que vous êtes inquiète du manque de réaction de votre fils lorsqu’il reçoit des conséquences. De plus, vous désirez réagir de la façon la plus bénéfique mais n’êtes pas certaine comment. Comme vous le dites si bien dans votre lettre, vous savez, au fond, qu’il ne s’en fout pas mais vous n’êtes pas certaine.

    Sachez qu’un enfant qui réagit peu à la conséquence le fait pour deux raisons principalement.

    Un grand besoin de contrôle

    La majorité du temps, ceci exprime un grand besoin de contrôle de l’enfant et donc il réagit peu car il veut garder le contrôle et de la situation et de ses propres émotions. Il peut ou non répéter le comportement malgré la menace de représailles car le besoin de contrôle est plus grand que la conséquence. Ce contrôle cache alors une grande insécurité et c’est à cela que le parent doit répondre.  En premier lieu, vous devez continuer à mettre des limites, incluant la conséquence au besoin. En imposant la représaille par contre, demeurez très neutre et n’allez pas dans des explications sans fin et émotives (« Tu sais comment je n’aime pas ça quand tu fais… »). N’oubliez pas que votre enfant comprend très bien pourquoi il se mérite une conséquence.

    Parallèlement, il est primordial de travailler à ce que le petit soit sécurisé. Entre autre, soulignez les bons coups par de petits encouragements (pas trop car il aura peur de toute cette attention). Soyez aussi à l’écoute de comment il se sent quand il reçoit une conséquence en jouant le miroir c’est-à-dire en lui reflétant comment vous vous sentiriez en recevant cette punition. Ceci permet à l’enfant de le mettre en contact avec ce qu’il ressent (et qui est tout caché) et peu à peu, il comprendra ses émotions et pourra les verbaliser, sans honte et en comprenant que c’est normal.

    Il ne fait pas confiance à l’adulte qui lui impose la conséquence

    La deuxième raison est la suivante : l’enfant ne réagit parfois pas aux conséquences lorsqu’il ne fait pas confiance à l’adulte qui lui impose. Ceci se voit quand le petit écoute très bien une telle personne (son père par exemple) mais pas une autre (l’éducatrice en service de garde). Ce type d’enfant est souvent très réservé et on doit donc aller chercher le lien avant d’imposer la routine. La réaction s’estompera alors peu à peu.

    Vous poursuivez en expliquant que votre fils se dévalorise et est très influençable. Ceci laisse présager que les réactions de votre fils aux conséquences s’apparentent beaucoup plus à une profonde insécurité plutôt qu’à un manque de confiance sélectif face à l’adulte. Il sera donc impératif de travailler la relation d’attachement sécurisée avec votre enfant rapidement. Ceci veut dire lui créer une routine et des réactions parentales prévisibles, être à l’écoute de votre enfant, être chaleureux, affectueux et sensible à votre petit. Il apprendra alors à avoir confiance à l’adulte et par le fait même, à lui-même. Lui apprendre à faire confiance à l’adulte qui s’occupe de lui donnera au petit la force d’explorer son environnement sans peur et avec confiance, sachant que rien ne lui arrivera car l’adulte y est pour le protéger. Il fera confiance que la limite que l’adulte lui impose est la bonne et que si l’adulte lui donne une conséquence, c’est parce qu’il a raison de le faire. Il n’aura donc pas honte de la recevoir. Créer le lien fort avec son enfant est donc la clé.

    Bonne continuité, et n’hésitez pas à contacter un coach familial ou un autre professionnel afin d’obtenir du soutien si la situation perdurait.