• Que de défis pour une fillette de 7 ans !

    harassment at school,  child abuse, bullying

    Bonjour!

    Voilà,  ma fille a maintenant 7 ans. Depuis un certain temps elle a reçu deux grosses nouvelles.  La première c’est qu’une tante a un cancer stade IV que je suis efforcée d’expliquer le mieux possible et l’autre, la séparation de son papa et sa copine qu’il avait depuis 5 ans.

    Pour la séparation,  ça l’a vraiment affectée car elle aimait beaucoup sa belle-maman et sa famille.  Elle les voyait un week-end sur deux et elle était acceptée comme leur petite fille. Bientôt nous ferons quelque chose avec eux pour que ma fille garde contact car je sais qu’elle les aime beaucoup et que eux aussi l’aime beaucoup.

    Depuis cette séparation j’ai droit à des crises pour un rien. Pour ça, pas de problème ça fini toujours pas bien se passer.  Là où j’ai le plus de problèmes,  c’est l’heure du dodo et la nuit. Quand vient l’heure d’aller se coucher c’est la crise parce qu’elle veut dormir dans mon lit. Nous avons eu plusieurs discutions sur le fait qu’elle a son lit à elle et que moi j’ai mon lit à moi, quelle doit dormir dans le sien et moi dans le mien. Oui une fois de temps en temps c’est correct mais seulement comme privilège.  Mais depuis la séparation de son papa et sa copine c’est l’enfer : si elle s’endort dabs son lit et elle a le malheur de se réveiller, elle vient me rejoindre dabs ma chambre et c’est la crise à 2 heures du matin pour ne pas retourner dans son lit. Je vis dans un immeuble à logements et je ne veux pas qu’elle réveille tout le monde. J’essaie de ne pas plier mais ce n’est pas toujours facile. Le 3/4 du temps ça va mais je commence à être épuisée d’avoir des crises la nuit.

    Je comprends la peine qu’elle peut avoir avec les nouvelles qu’elle a eues depuis un an. Elle m’a dit avoir peur de me perdre et je lui ai expliqué que maman ne partira pas comme ça. Je lui ai aussi expliqué que pour papa et sa copine c’était mieux qu’ils se séparent mais qu’elle aussi s’ennuie et qu’on essaie de trouver un moment pour qu’elles se voient.

    J’ai essayé le tableau de motivation ça ne fonctionne pas. Je lui ai retiré tout ce qu’elle aime, mais c’est la crise sur le moment et par la suite elle s’en fout un peu.

    Nos vacances s’en viennent. Nous n’avons rien de vraiment planifié, mais parti comme ça nous ne ferons pas grand-chose parce que pour moi, avoir un comportement comme elle a avec moi, ça ne fonctionne pas et que des activités ( la ronde, funtropolis, spectacles…)  ça se mérite.

    J’aimerais retrouver ma fille qui ne faisait pas autant de crises et qui surtout dormait bien dans son lit. Je me demande si je ne devrais pas aller consulter avec elle. Elle connaît ses émotions et sait les reconnaître mais peut être que ça lui prendrait quelqu’un d’autre que moi ou son père pour lui expliquer comment gérer le tout….

    Merci à vous,

    Mélanie


    Bonjour,

    Effectivement, votre fille vit de gros bouleversements avec ces deux événements majeurs. Il est donc normal qu’elle ait certains comportements inhabituels, comme vous le vivez présentement. Je comprends votre besoin derrière ses nouvelles crises.

    J’aimerais débuter par vous suggérer deux références littéraires intéressantes en lien avec le cancer:

    • Grand Arbre est malade, de l’auteure Nathalie Slosse;
    • Une personne que j’aime a le cancer; Guide d’accompagnement pour les enfants dont un proche vit avec le cancer, écrit par Mélanie Bouffard et par Julie Vadeboncœur.

    Ces deux livres portent sur le cancer d’un proche et aident les enfants à mieux comprendre ce qui se passe et à nommer les émotions qu’ils vivent.

    Il faut se rappeler que ce sont des évènements extrêmement émotionnels (cancer et séparation) et les réactions sont donc d’ordre émotionnel. Je vous suggère d’abord d’être plus rassurante dans les prochaines semaines (voir mois, selon l’évolution de la situation).

    Comment pouvez-vous la rassurer davantage? Je vous suggère quelques pistes :

    • Donner plus de proximité physique et d’affection, comme lui faire des câlins, lui donner des bisous ou lui flatter les cheveux ;
    • Lui mentionner que vous êtes là si elle a besoin de parler, peu importe le sujet (il faut donc être réceptive et ouverte sans trop réagir si elle vous parle d’un sujet délicat);
    • Planifier davantage de moments réconfortants et positifs, par exemple, écouter un film collées, se coucher dans l’herbe et regarder les feuilles des arbres, parler de tout et de rien autour d’un feu ou d’un chocolat chaud, etc.;
    • Faire une activité qu’elle aime, comme aller au parc, cuisiner, dessiner ou même bricoler.

    Comme vous êtes l’experte en ce qui concerne les goûts et la personnalité de votre fille, je vous conseille d’y aller vraiment avec des activités qu’elle aimera. Vous pouvez même lui dire quelque chose comme : « Ma chérie, ce soir j’ai le goût de faire une activité juste avec toi. Qu’est-ce que tu penses de X Y Z (vous lui nommez quelques choix que vous pensez qu’elle aimera) ». Le fait qu’elle sache et remarque que vous êtes présente pour elle la rassurera davantage.

    Je tiens toutefois à vous mentionner qu’il est important de garder le même cadre que vous aviez avant les événements, pour qu’elle ait les mêmes repères et les mêmes règles et qu’elle sente qu’elle peut compter sur vous, même après ces événements difficiles. Ceci aura également un effet rassurant. Le tableau de motivation et le retrait d’objets fonctionnent moins dans ce genre de situation. Il faut plutôt y aller avec une approche de collaboration. Les services en coaching familial peuvent vous aider à cet effet. D’autres articles à ce sujet pourraient également vous être utiles.

    Concernant la séparation avec sa belle-maman, voici ma suggestion. Vous pourriez confectionner une boîte contenant divers objets représentant leur relation. Par exemple, vous pourriez y inclure des photos d’elles, une lettre que belle-maman pourrait lui écrire, un morceau de linge de belle-maman, un objet précis qui rappelle leur lien (une roche prise au bord de la mer ensemble par exemple), son odeur de parfum, etc. Laissez aller votre imagination, surtout celle de votre fille, puisque c’est une boîte qui lui appartiendra. Le but de cette boîte (ou autre contenant) est de concrétiser leur relation et d’avoir des objets à tenir et regarder lorsque votre fille s’ennuie ou en ressent le besoin. Aussi, si cette dernière aime l’art, vous pourriez lui proposer de dessiner, peinturer ou bricoler des moments agréables qu’elles ont vécus ensemble, pour ensuite les inclure dans la boîte. Elle voudra peut-être les afficher. Pourquoi pas? Laissez libre cours à sa créativité.

    Vous pourriez aussi créer un rituel avec ceci, qui aura probablement un effet apaisant sur les émotions de votre fille. Par exemple, si vous prenez cinq minutes avec elle, avant d’aller au lit ou encore lorsqu’elle revient de l’école, pour ouvrir la boîte et pour se rappeler de bons moments, peut-être que ceci lui fera du bien. Ce qui est important de retenir, c’est qu’un rituel peut aider à rassurer et à calmer les émotions. Vous serez en mesure de déterminer ce qui semble être le mieux pour vous, avec votre fille, en la faisant participer à ce genre de prise de décision. Peut-être voudra-t-elle être seule, ou pas, lorsqu’elle fera ce rituel? Avec le temps, ce rituel se modifiera et s’estompera probablement.

    Concernant les crises du coucher et de la nuit, il faut tenir bon et garder l’objectif que vous avez nommé : qu’elle dorme seule dans son lit. Je suis consciente que ce n’est pas toujours évident, surtout en pleine nuit ou après une grosse journée, d’aller au bout d’une intervention. Toutefois, plus vous serez constante avec ceci, mieux la situation évoluera. En lui rappelant la règle, vous pouvez lui demander qu’est-ce qui lui ferait du bien ou qu’est-ce qui l’aiderait à retourner dans son lit. En étant souple et cohérente, vous pouvez prendre quelques minutes pour la rassurer et lui donner ce dont elle a besoin (câlins, bisous, peut-être la boîte, etc), puis la raccompagner à son lit.

    Vous pouvez également parler à vos voisins. Selon votre niveau d’aise avec eux, je vous conseille de leur dire que vous êtes désolée s’ils entendent des pleurs le soir ou la nuit. C’est que votre fille est en transition et vie une période difficile émotionnellement, que vous appréciez leur compréhension et que vous êtes prête à leur fournir des bouchons au besoin (une touche d’humour aide souvent à faire passer un message).

    Vous pouvez également consulter en psychologie comme vous le nommez. Vous êtes la mieux placée pour le savoir. Vous pouvez également demander de l’aide à un/e coach familial afin d’avoir un avis externe ou d’autres propositions d’interventions.

    En vous souhaitant le meilleur !