• Intervenir ou réagir?

    Ça, c’est la question parfaite qui génère un immense stress dans mon coeur de père. Avec mon enfant, est-ce que je réagis ou est-ce que j’interviens, lors des crises? Est-ce que je lui dis la bonne chose, de la bonne façon et au bon moment? Suis-je clair?

    Tous les jours, nous sommes confrontés, comme papa, à mille décisions pour lesquelles nous ne sommes pas formés. Mille décisions qui demandent des réflexes d’athlète olympique qui m’obligent à réagir rapidement puisque sa « crise » n’était pas prévue à mon agenda.

    GO GO GO RapidO

    Nous nous devons d’être rapides. Pourquoi ce stress? Parce que tout ce temps, dans les médias, les « docteurs ceci » et les « psy cela » nous disent que, lorsque ce genre d’événement arrive, il faut considérer la chose comme ceci ou comme cela. Il y a une prolifération de professionnels qui savent exactement comment vont réagir nos enfants et nous montrent comment on devrait intervenir. Ils ont le remède à tous nos stress de parents. La solution miracle à tous nos bobos de papas.

    Alors, en voulant nous enlever une pression de père, ils nous en ajoutent une! Celle de s’assurer que, la prochaine fois que notre enfant « fera le bacon » au centre d’achats ou au salon mortuaire, on connaîtra exactement les neuf étapes de la résolution de conflits émotifs et les cinq remèdes miracles pour ramener le sourire dans la famille. Et que, la prochaine fois que notre enfant nous posera la question, qu’on ne coulait donc pas qu’il nous pose, surtout pas devant notre vieille tante cardiaque, on saura comment intervenir pour que notre réponse ne soit pas castrante et limitative pour son développement personnel et sexuel.

    Ça ne vous épuise pas, vous, tous ces désirs médiatiques de faire de vous de meilleurs parents? Je sais que c’est absurde de résister à ce que quelqu’un de compétent nous donne des conseils d’ami. Mais la prolifération est devenue mon ennemi à combattre. Car, qui plus est, certains de ces conseils se contredisent… « faque »…on fait quoi?

    L’Instinct!

    Il y a vraiment de quoi déprimer quand, dans toute notre bonne foi de papa inexpérimenté (voyez ici un pléonasme), on se met à l’écoute de tous ces professionnels qui ont le désir de jeter une lumière dans nos zones d’ombre. Moi, ça me laisse l’impression que, lorsque je réagis tout simplement, avec mon gros bon sens, je me trompe nécessairement parce que je n’ai pas appliqué les neuf étapes de résolution de conflits émotionnels en tenant compte des sept intelligences disponibles, etc., etc. Je me sens parfois comme dans un buffet chinois de luxe. C’est beau, c’est bon, ce n’est pas cher, mais c’est trop.

    Comprenez-moi bien, jamais je ne dirais de ne pas aller chercher de l’aide ou des conseils. Ce site est lui-même une source d’infos essentielle. Mais j’ai le goût de vous parler de votre instinct. Qu’en avez-vous fait, de votre instinct? La petite voix paternelle qui vous susurre à l’oreille un peu de votre gros bon sens. La surabondance de tous ces conseils a souvent le drôle d’effet de nous faire perdre confiance en nos moyens. Je crois sincèrement que nous avons tous un peu, beaucoup, de bons sens, juste assez en tout cas pour que, lorsque le « bacon » arrive… on le décolle de la poêle. Réagissons. Ensuite, questionnons. C’est là que les « psy chose » embarquent dans l’histoire. Avant, ne perdons surtout pas confiance en nos moyens.

    Je suis sûr que vous et moi avons tout ce qu’il faut pour réagir dans les moments de crise. Donnons-nous la chance d’apprendre à être papas. Et quand il faut réagir en situation de crise, ne vous traumatisez pas, faites-vous confiance. C’est bon, le bacon, mais…il ne faut pas abuser!