• On est en état d’urgence!!!

    La réalité des jeunes aujourd'hui

    On est en état d’urgence ! On a pris une pause dans la rigidité parentale, et nous sommes en train d’en payer le prix. Pourquoi suis-je si alarmant ? Je vois une génération de près en ce moment dans les écoles qui est tout simplement dépourvue de rigidité parentale. Une présence parentale qui n’a pas peur de dire non et de donner des conséquences si les enfants n’ont pas suivi les règles établies dans la maison…

    Est-ce que j’ai patte blanche…meuh non voyons ! Et grâce à mon « focus group » privé, j’ai pu m’observer dans mes moments d’abandon parental. Vous savez, ces moments où ça ne vous tente tout simplement pas d’intervenir. Ou bien dans mon zèle de parent où par culpabilité, je décide d’être plus rigide que les jambes d’un soldat russe ! Alors, cela se pourrait que dans la vie de mes garçons et ma vie de parent on en échappe une ou deux…!

    Qu’est-ce qu’on échappe au juste ! On échappe une vision à long terme ! On échappe…de donner aux enfants la patience de faire les choses, sachant très bien que tout demande du temps. Le désir, le travail, les tâches, l’amour et l’amitié, le plaisir familial, les relations de travail, les apprentissages, la vie quoi !!! Tout cela demande beaucoup de temps mais, surtout pour construire une vision à long terme, il faut l’enseigner et non pas en faire une morale telle que ; « vous savez les enfants la vie vous demandera du temps, vos emplois vous demanderont une période d’adaptation où il vous faudra faire confiance au temps et à votre intelligence pour comprendre ce qui se passera autour de vous… » Euh non…

    Il faut être concret avec nos interventions. De semer une vision à long terme n’arrive pas en une journée, car on se bat contre tout un monde virtuel qui laisse l’impression à ces utilisateurs que tout arrive rapidement et sans heurts…maiaiaiaiaiaiais non ! Cela n’arrive pas comme ça. Alors on fait quoi ?

    J’ai eu une surprise lorsque mes enfants, approchant 18 ans, ont commencé à me repousser de leurs décisions. Il faut vous dire que moi je crois beaucoup à 18 ans. La majorité. Je ne dis pas qu’ils sont matures et sont prêts à être en contrôle de tout, mais je fais confiance à notre travail de parents et je bénis les apprentissages qu’ils feront. Mais s’ils n’ont pas 18 ans…JE « call les shots » ! J’écoute, mais JE décide ! Et j’ai eu droit à des discussions corsées avec mes gars lorsque, presque à la veille des 18 ans, ils voulaient décider des choses que je considérais comme mauvaises. Alors de mon droit de veto, je refusais. Oh monsieur ! La réaction était considérable de : « C’est moi qui décide, tu ne comprends rien, tu ne vas quand même pas décider pour moi j’ai presque 18 ans! Qu’est ce que tu sais de moi… » Voyez la grandeur de la peur qu’ils ont !

    Alors du plus Bouddha que je peux être, je prends une grande respiration zen et j’explique en criant que moi, je vois quelque chose qu’ils ne voient pas… et lorsque j’ai leur attention je parle de vision à long terme…qu’une décision peut être prise dans une émotion du moment tout à fait justifiable…mais pas assez pour justifier la décision.

    Alors si je devais schématiser ;

    Lui : J’ai un emploi. Je trouve ça difficile. Je laisse l’emploi.
    Moi : Euh non ! Tu as un emploi. Tu apprends l’emploi. Tu te fais pousser dans l’c…un peu ! Et tu gardes l’emploi.
    Lui : Pourquoi ? Tu n’es pas là, tu ne sais pas ce que je vis !
    Moi : Parce que tu as besoin de cet argent pour les dettes que tu as, pour les désirs que tu as, pour les rêves que tu as ! Et je ne suis pas né de la dernière pluie !
    Lui : Oui, mais je n’ai pas de plaisir, je ne m’amuse pas.
    Moi : OK pis ?
    Lui : Dans la vie on n’est pas censé faire ce que l’on aime seulement et avoir du plaisir tous les jours ?
    Moi : Oui, mais ça se construit un jour à la fois. Pas le premier jour ! Jamais le premier jour !

    Oh le terrible argument du plaisir à tout prix ! Du rêve doré ! C’est là que je dis que je n’ai pas patte blanche. Je sais maintenant que plus jeune, j’aurais pu commencer à exiger plus et à installer le gain de satisfaction à long terme. Tu trouves un emploi et tu prends le temps de comprendre. Et si tu te fais ch…un peu, eh bien, tant pis ! Tu as l’intelligence, je le sais, de transformer la chose. Mais prends le temps.

    Non mes fils, le plaisir joyeux facile avec des ballounes et des licornes n’est pas là tous les jours. Mais non ! C’est triste, mais c’est ça.

    J’aime-tu ma vie ? Oh oui j’ai du plaisir tous les jours…à presque 50 ans !