• Non à la gratuité des garderies pour les moins nantis. À quel prix?

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    gratuité dans les garderie pour les familles défavorisées
    Les centres de la petite enfance et les garderies ont une triple mission : celle de voir au bien-être, à la santé et la sécurité des enfants qui leur sont confiés; celle de leur offrir un milieu de vie propre à stimuler leur développement sur tous les plans, de leur naissance à leur entrée à l’école; et enfin celle de prévenir l’apparition ultérieure de difficultés d’apprentissage, de comportement ou d’insertion sociale. (Ministère de la Famille)

    En d’autres mots, c’est d’offrir une chance égale à tous les enfants de bien se développer, peu importe la condition économique et le statut des parents. S’insurger devant le fait que certains d’entre eux, profitant de l’aide sociale, utilisent un service de garde pour leurs enfants est sans doute avoir échappé à l’essence même de l’objectif….L’ENFANT lui-même!

    Dans le cas contraire, nous aurons compris que c’est plutôt une excellente nouvelle considérant qu’un milieu de garde de qualité est assurément un des plus grands facteur de protection pour soutenir le développement de l’enfant et faire une réelle différence dans sa vie.

    Une famille vivant dans un contexte de pauvreté est généralement plus susceptible de vivre un grand stress dû à leur précarité économique, de subir de la violence conjugale, d’être au prise avec la consommations de drogues et/ou d’alcool, à des habitudes alimentaires souvent malsaines, à une faible scolarité des parents, de l’abus, de la négligence, etc. Bien sûr, il est important de nuancer que les familles en contexte de pauvreté ne négligent pas assurément leurs enfants et qu’il existe parfois la même chose dans les familles plus aisées.

    L’exemption totale des coûts du service de garde des parents ayant recours à l’aide sociale a pour but de favoriser le bien-être de l’enfant plus vulnérable, donc à risque. L’intention est assurément d’offrir un soutien direct au développement.

    L’enfant se verra :

    • bénéficier de saines habitudes alimentaires
    • exposé à l’éveil à la lecture et à l’écriture
    • avoir la stimulation nécessaire s’il rencontre des retards développementaux
    • développer ses habiletés sociales avec les pairs
    • entouré des divers partenaires du milieu (CSSS, orthophoniste, ergothérapeute, organismes communautaires, hygiéniste dentaire, etc.)
    • profiter d’activités pédagogiques enrichissantes
    • etc.

    La liste des bienfaits peut s’allonger encore et encore!

    Soyons conscient que c’est d’offrir la chance à ces enfants de vivre une enfance plus épanouie le temps d’une journée…et ce, à chaque jour de la semaine. Pour plusieurs d’entre eux, c’est pratiquement une échappatoire, malheureusement ou heureusement. Ces enfants se construiront des souvenirs heureux et les rapporteront sans doute à la maison! Ils seront fiers de raconter ce qu’ils ont fait, appris, vu, etc. C’est en même temps un excellent moyen d’influencer positivement les pratiques éducatives ou habitudes de vie de la famille…un pas à la fois! Sans compter la place privilégiée des éducatrices des milieux de garde pour ces enfants. Elles sont des modèles positifs et sécurisants pour eux.

    Pour ma part, je suis certaine qu’une différence majeure a été faite pour l’enfant qui ne déjeunait pas le matin et dont la garderie lui a offert de manger à sa faim. Que l’enfant prit au cœur de la violence conjugale de ses parents était heureux de vivre autre chose durant la journée. Que l’enfant ayant un retard sévère de développement s’est vu prit en charge par l’ergothérapeute du milieu. Que l’enfant qui passait la journée dans sa chaise haute devant le téléviseur s’est vu épanoui de jouer librement avec ses pairs. Que l’enfant vivant de l’abus ait été dépisté et signalé par le milieu. Que l’enfant n’ayant pas accès à des livres à la maison s’est trouvé enjoué d’emprunter un sac de livres d’histoire à chaque semaine et vivre un moment avec son parent le soir venu. Des exemples vécus de ce type…on pourrait en discuter longtemps.

    L’enfant issu d’un milieu défavorisé avec des parents sans emploi a autant sa place qu’un enfant de parents travaillant 40h par semaine. Seules les raisons diffèrent. Il y a ici un énorme travail de société à faire pour changer les mentalités croyant fermement que les garderies sont un service uniquement pour les parents avec un emploi.

    Enfin, je souhaite sincèrement que chaque personne soit témoin, ne serait-ce qu’une fois dans leur vie, du grand bonheur d’un enfant pour qui cela a fait toute la différence.