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La nutrition et le développement des enfants

La nutrition et le développement des enfants

Il existe peu de données au niveau nutritionnel en ce qui concerne la spécificité du régime alimentaire des enfants souffrant d’hyperactivité. On sait cependant que la vitamine B et les acides Oméga-3 sont en concentration insuffisante chez ces enfants. Or, ces deux nutriments contribuent grandement aux processus de maturation du cerveau. Ce que l’on sait aussi, c’est que la prise d’antioxydants contribue aussi à un cerveau en bonne santé, car ils combattent les sources d’oxydation naturelles (les transformations biochimiques dans le corps génèrent des radicaux libres qui attaquent les cellules saines et « acidifient » le corps), les sources émotionnelles (les hormones du stress émotionnel accroissent le nombre de radicaux libres) ou les sources toxiques dues à la pollution (les toxines acidifient aussi le corps).

De plus, des études menées par des naturothérapeutes rapportent que, parmi les symptômes de l’hypoglycémie et des chocs glycémiques (réaction massive du corps suite à l’absorption d’une trop grande quantité de sucre), figurent l’inattention et l’hyperactivité. Une étude suggère d’ailleurs que 74% des enfants hyperactifs seraient en fait en hypoglycémie: inconfortables dans leur corps « acidifié », ils bougent beaucoup. Pour améliorer le développement de l’enfant, que ce soit au niveau de son cerveau ou de ses habiletés sociales, il est donc intéressant d’envisager une transformation progressive des habitudes alimentaires de la famille (reprogrammation alimentaire) en faisant des choix limitant les aliments trop transformés par l’industrie agro-alimentaire.

NUTRITION DES PARENTS

Bien sûr, nous montrons l’exemple à nos enfants. Si nous choisissons des repas équilibrés, cela invitera nos enfants à rechercher des aliments bons pour la santé. Toutefois, l’influence des pairs à l’école, certaines phases de leur développement normal ou la recherche d’un peu de pouvoir sur leur vie peuvent affecter l’exemple montré par les parents. Ce qui est important, c’est de toujours privilégier la bonne humeur et le plaisir de manger, plutôt que de se centrer sur des aspects contraignants.

Pour certains, l’anorexie est une maladie pédopsychiatrique, alors que pour d’autres c’est le reflet de notre société de performance à la recherche du poids idéal ou d’un déséquilibre émotionnel (un peu de pouvoir pour contrebalancer les tensions à l’école ou dans la famille). Le contexte de l’enfant ou de l’adolescent doit être pris en compte pour favoriser une gestion saine de l’alimentation. Le parent reste le meilleur exemple pour favoriser des comportements alimentaires soutenant la pleine santé de la personne.

Des études récentes ont toutefois révélé d’autres aspects importants des habitudes alimentaires des parents avant, pendant et après la grossesse pour assurer le bon développement et les effets positifs à plus long terme chez l’enfant. Quelques exemples:

  • la qualité des nutriments consommés par le père influence la qualité du sperme;
  • la perte ou la prise de poids importante avant la grossesse par la mère influence le potentiel de croissance du fœtus qui s’adapte à l’état nutritionnel maternel d’avant la grossesse;
  • le stress, l’alimentation excessive ou insuffisante, le mode de vie et l’environnement sont également des facteurs déterminants sur la santé et le futur des enfants;
  • une mauvaise alimentation affecte la fertilité et le développement du fœtus, voire la santé de l’enfant devenu adulte.

Il est donc important de prendre soin de soi et de bien se nourrir, même plusieurs années avant de concevoir un enfant…

NUTRITION ET COMPORTEMENTS DÉRANGEANTS

Des nutritionnistes ont démontré aussi que la consommation excessive de sucre raffiné nuit à l’absorption de la vitamine B et tend à exciter les enfants qui en mangent trop régulièrement.

La consommation de boissons énergisantes, comme les liqueurs douces contenant de la caféine ou le café, vont accroître les symptômes d’hyperactivité.

Le manque de fruits et de légumes dans l’alimentation de l’enfant aura aussi des conséquences certaines dans le développement et la maturation cérébrale de celui-ci. Enfin, une étude a montré que 74 % des enfants hyperactifs étaient hypoglycémiques: le déficit glycémique tendrait à désorganiser les enfants (« malaise » dans le corps), alors que lorsque la glycémie est contrôlée les comportements dérangeants disparaissent.

SUPPLÉMENTS ALIMENTAIRES

En ce qui concerne les suppléments alimentaires, une  nutrition équilibrée et variée vaudra toujours mieux que de prendre des suppléments. Malheureusement, les moyens de production et de distribution actuels des aliments sont peu propices à une alimentation équilibrée (Wentz 2004). Prenons l’exemple de la banane qui arrive encore verte sur les étalages ou la transformation génétique de certains végétaux pour leur permettre d’atteindre les standards commerciaux et être en mesure de résister aux insecticides que les producteurs déversent sur eux dans les champ (Monzée 2004).

Donc, si le mode de vie empêche cette nutrition équilibrée, peut-être que la prise de suppléments nutritionnels de bonne qualité est une voie alternative. Wentz qui faisait des études sur des cellules humaines a pu démontrer l’importance d’un apport quotidien de certains nutriments pour permettre aux cellules de conserver leur pleine santé. Par la suite, il se rendit compte que les moyens de production faisaient en sorte que les personnes vivaient avec de sérieuses carences alimentaires, même dans les pays développés, ce qui, selon ce scientifique, serait à la base de nombreuses maladies dégénératives, dont celles affectant le cerveau par excès de radicaux libres.

Cela dit, il existe de nombreux produits disponibles sur les tablettes des supermarchés et des pharmacies nord-américaines qui sont de faible qualité, car le contrôle sanitaire des compagnies fabriquant les suppléments alimentaires est rarement une priorité gouvernementale, ce qui a des effets sur la santé des citoyens (Ruby et al. 2006; Strand, 2002). Les exemples les mieux documentés sont issus de cas de dopage sportif, où les athlètes ont étés blanchis après avoir pu démontrer que les produits interdits étaient dus aux « erreurs de manipulation » effectuées par les fabricants de produits nutraceutiques (Monzée 2005, 2006a, 2006b).

Il existe cependant un guide qui compare scientifiquement plus de 500 produits pour aider les individus à choisir leur marque de produits (McWilliam, 2003). Il existe également de nombreuses informations sur le site Passeport Santé ou dans la revue québécoise « Protégez-vous ».

SUPPLÉMENTATION ET DIFFICULTÉS COMPORTEMENTALES

Une étude américaine a démontré par exemple, en 2003 qu’une bonne supplémentation donnait des effets similaires au Ritalin (Harding et al. 2003). Ils ont comparé deux groupes de 10 enfants ayant un TDAH et leur ont fait passer des tests pour évaluer leurs habiletés dans des tâches d’attention visuelles ou auditives. Dix enfants ont reçu du Ritalin et les dix autres ont reçu des suppléments alimentaires (multivitamines, multiminéraux, acides aminés, acides gras essentiels et phospholipides).  Au bout de quelques semaines, ils ont réutilisé les tests d’évaluation et les résultats ont démontré une amélioration significative de l’attention et de l’autocontrôle statistiquement similaire dans les deux groupes. Cette recherche scientifique rencontre également l’expérience clinique d’un médecin américain qui s’est spécialisé dans la nutrition cellulaire (Strand 2002).

Malheureusement, il existe peu de données scientifiques qui permettent de faire vraiment la lumière sur la consommation de suppléments alimentaires. Il existe beaucoup de fabricants peu scrupuleux et le milieu industriel n’est pas soumis à des règles de production similaires à celle des médicaments alors que le milieu sportif ne nous a offert que quelques cas intéressants (Monzée 2005) nous permettant de porter un regard circonspect sur les suppléments nutritifs (Monzée 2004). Par contre, de plus en plus d’études scientifiques démontrent l’importance d’une bonne nutrition, de l’apport d’Oméga-3 et d’antioxydants (fraises, bleuets, etc.), etc. pour maintenir sa santé à un niveau optimal.

TRANSFORMER SES HABITUDES ALIMENTAIRES

L’évolution scientifique et économique de nos sociétés a créé des moyens qui permettent d’accéder facilement à différents types d’aliments par l’importation en provenance du monde entier.  Pour ce faire ils les ont traités chimiquement pour qu’ils arrivent « frais » sur les étals des magasins et sont de plus en plus modifiées par différents procédés biochimiques. Cette nourriture complexe, raffinée et transformée, entraîne toutefois de nombreux dérèglements et déséquilibres chez l’individu.

Les complications sur la santé, telles que l’embonpoint, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension, sont devenues des problèmes sociaux et économiques qui ne cessent de prendre de l’ampleur. Nous sommes à une période de l’histoire de l’humanité où la suralimentation cause plus de mortalité que la sous-alimentation. On constate également l’impact de ces dérèglements physiques sur le système de santé qui bientôt ne pourra plus répondre à une demande qui se fait de plus en plus croissante.

En fait, l’alimentation a non seulement un impact majeur sur le corps physique, mais elle exerce aussi une influence majeure sur nos pensées, nos émotions et sur notre comportement. L’alimentation est encore plus importante chez l’enfant que chez l’adulte car l’enfant est en croissance: la qualité de sa croissance et de son développement sera influencée par la qualité de son alimentation. Les enfants sont vivants et vivaces. Il est donc important que leur nourriture soit également vivante et vivace. Et comme ils apprennent des parents plus par l’exemple que par la parole, plusieurs parents conscients de l’importance de leur influence, choisiront de modifier leurs propres habitudes alimentaires progressivement afin de favoriser des transformations qui seront durables par la suite chez l’enfant.

UNE DÉMARCHE DE TRANSFORMATION

Dans une volonté de transformer nos habitudes alimentaires, nous nous questionnons parfois sur les choix à faire. Une panoplie d’approches différentes, combinées à une recrudescence d’informations créent souvent une certaine confusion quant à ce qu’est une saine alimentation.

  • Quels choix doit-on faire pour favoriser la santé?
  • Qu’en est-il de notre relation à la nourriture?
  • Comment mangeons-nous?
  • La relation à la nourriture pourrait-elle être tout aussi importante que le choix même de l’aliment?

Créée par une nutritionniste québécoise, Dominique Béliveau, le principe de la reprogrammation alimentaire repose sur une démarche qui favorise les retrouvailles de notre propre intelligence alimentaire, dans le sens que le corps sait ce dont il a besoin pour être en équilibre et en harmonie. Toutefois cette intelligence est souvent voilée par des croyances, des attachements alimentaires ou simplement par des stimuli extérieurs (publicités, habitudes de vie, croyances familiales, etc.). Afin de retrouver une plus grande écoute de l’intelligence du corps, une guidance peut être utile afin de retrouver nos capacités sensorielles et ainsi entrer dans une relation plus consciente avec les aliments pour le plus grand plaisir de nos sens.

En développant un regard bienveillant sur notre façon de se nourrir tout en devenant plus conscient de nos comportements alimentaires conditionnés, nous devenons plus disponibles pour amorcer un processus de changement véritable. La « reprogrammation alimentaire » permet de porter un regard nouveau en transformant notre relation à la nourriture à travers quelques rencontres individuelles ou de groupe (ateliers). Cette approche favorise une prise de conscience de ses besoins, de ses croyances en regard de ses habitudes alimentaires et propose un cheminement qui favorise l’autonomie dans ses choix alimentaires.  La reprogrammation alimentaire c’est :

  • Une observation des comportements et des programmations alimentaires sans porter de jugement ou vivre de culpabilité;
  • L’exploration de nouvelles pistes,  en toute conscience;
  • Le développement d’une plus grande intimité avec l’intelligence de notre corps (sensations corporelles de faim et de satiété, goûts, dégustation par les sens, etc.);
  • L’utilisation d’une approche personnalisée en fonction de nos habitudes de vie et de notre condition physique;
  • La revalorisation de la nourriture et une réconciliation avec celle-ci.

La nourriture a une signification beaucoup plus vaste qu’on ne l’imagine. Transformer notre rapport à l’alimentation permet d’ouvrir, d’élargir notre vision sur soi-même, sur la vie, sur l’humanité, et ce, dans un respect plus grand de l’équilibre de la Terre. En retrouvant l’écoute de l’intelligence du corps, l’individu sera guidé de façon autonome vers des choix alimentaires plus conscients qui permettront non seulement de nourrir et de rééquilibrer son corps, mais également de vivifier son esprit. Il sera donc plus libre et disponible à lui-même, à sa famille et à sa collectivité.

DES SERVICES INDIVIDUALISÉS ET DES ATELIERS

À travers des séances individuelles ou des ateliers proposés pour toute personne qui souhaite développer une relation plus saine avec la nourriture, Dominique Béliveau, nutritionniste, propose un parcours stimulant pour transformer progressivement les choix alimentaires. La première rencontre permet de faire un bilan nutritionnel et d’évaluer les besoins de l’individu afin qu’il puisse élaborer ses choix. Par la suite, quelques rencontres permettent d’orienter les transformations pour faciliter les changements durables. Elle offre également des ateliers à Montréal et en région, ainsi que dans des collectivités, des entreprises ou des institutions en santé.

Pour leur part, les services offerts à la Clinique psycho-alimentaire, nutritionniste et psychothérapeute  s’adressent aux personnes souffrant de troubles alimentaires. Les troubles alimentaires sont présents lorsqu’on développe une préoccupation excessive à l’égard de son poids, de ses activités physiques, des calories ingérées ou de ses choix alimentaires, et que survient une perte ou un gain de poids importants associés à (ou suivis d’un) régime restrictif. Si ces signes sont occasionnels, il pourrait s’agir des signes précurseurs de troubles alimentaires, auxquels peuvent s’ajouter un isolement social et une critique plus sévère de soi et de son corps.

Dernière mise à jour,  29 Décembre 2011


RÉFÉRENCES

• Béliveau D. (titre provisoire), Éditions La Semaine. (sous presse, publication en 2012).
• Guérin J. La place du travail psychocorporel dans le traitement des troubles alimentaires. Bulletin Entre-Nous. 2007, 10(3):4-5.
• Harding KL, Richard DJ, Charles EG. Outcome-based comparison of Ritalin versus food-supplements treated children with AD/HD. Alternative Medicine Review, 2003, 8(3):319-330.
• Mac William L. Comparative to nutritional supplements – A compendium of over 500 products available in the USA and Canada (3rd edition). Northerm Dimensions Publishing, 2003: 121 pages.
• Mira Pons M. Je suis bien dans mon assiette. Les Guides complices, Éditions Milan Jeunesse, Paris, France, 2007.
• Monzée J. Dopage sportif : de la responsabilité des chercheurs et des entreprises pharmaceutiques. Revue internationale d’éthique sociétale et gouvernementale, 2005, vol. 7(2) : 53-70.
• Monzée J. La recherche en neurosciences: définitions et questionnements éthiques. Note de recherche. Montréal (Québec) Canada: ENAP/INRS/CEST, 2006a (pp 158).
• Monzée J. Pharmacologie, éthique et société : de la « responsabilité » à la « responsabilisation » des chercheurs et des entreprises privées dans le contexte du dopage sportif. Note de recherche. Montréal (Québec) Canada: LEP-ENAP/INRS, 2006b. (mise sous presse : septembre 2006).
• Réseau Passeport Santé (site de vulgarisation scientifique en santé).
• Ruby F, Gagnon C, Masingue I et Côté S. Les multivitamines au menu, dossier, Protégez-vous, 2006 (février) : 9-21.
• Strand R. What your doctor doesn’t know about nutritional medicine may be killing you. Nelson Eds, Nashville. 2002.
• Wentz M. Des miracles invisibles : une révolution dans la nutrition cellulaire. Édition GoToShape, Québec, 2004.

IDEF - Institut du développement de l'enfant et de la famille

L'IDEF développe des interventions cliniques, de la recherche et des formations pour améliorer l'accompagnement des enfants à la maison ou à l'école et soutenir les parents et les professionnels scolaires ou médicaux dans leurs interventions. BESOIN D'UNE CONSULTATION?