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Mon enfant ne reste jamais assis à la table

Bonjour,

J’ai un problème avec ma petite 2e qui ne veut jamais rester assise à la table. À chaque repas, c’est la même histoire, après 5 minutes, on dirait que ça lui démange et elle DOIT se lever et se promener. Elle a 4 ans. On lui répète et lui répète d’aller s’asseoir, mais elle s’assoit pour finalement se relever aussitôt. Pareil si on va nous-même l’asseoir. On a appliqué des conséquences, rien ne marche. J’aimerais avoir des trucs pour qu’elle reste assise tranquille à sa place pour manger.

Merci !

Isabelle


Bonjour,

Plusieurs enfants aiment bien sortir de table pour toutes sortes de raisons, dont aller jouer! Ce serait intéressant de voir comment cette habitude s’est instaurée, depuis combien de temps et connaître les motivations de l’enfant à sortir de table. Une fois qu’on a répondu aux questions, on peut commencer à obtenir un début de réponse. Il est également intéressant de voir si les deux parents ont les mêmes attitudes face à l’enfant qui adopte un tel comportement.

A cet âge, on peut déjà présumer que l’enfant comprend les conséquences et peut même participer à l’élaboration des conséquences et des récompenses. En impliquant l’enfant dans le processus, celui-ci se sent grand et responsable d’avoir de bons comportements. On peut demander à l’enfant ce qui l’attire en-dehors de la salle à manger tout comme on peut voir les besoins des parents (besoin de manger en famille, besoin de respect, besoin d’être écouté…). Ceci amène une discussion intéressante qui sera faite en-dehors du moment difficile, donc peut-être en avant-midi quand l’enfant est reposée ou en début de soirée quand le temps de litige est passé.

Je propose de suggérer à l’enfant qu’après deux avertissements (ou trois, choisir avec l’enfant, l’intégrer dans le processus lors de la discussion), l’enfant ne peut plus revenir à table pour terminer son repas. On parle bien entendu d’un enfant qui a développé son langage, qui comprend les conséquences et qui n’a pas de retard de développement! Donc après les avertissements, l’assiette serait retirée et l’enfant pourrait avoir sa collation aux heures prévues. On évite de culpabiliser l’enfant, on ne lui réexplique pas plusieurs fois son choix, on ne fait qu’enlever l’assiette sans discussion possible. On peut aussi demander à l’enfant de nous aider à mettre la table, en apportant les ustensiles, les assiettes ou en lui demandant de trouver des décorations de table la petite se sentira plus engagée dans le changement apporté aux repas.

L’enfant  a des chances de réagir malgré le fait qu’elle ait été impliquée dans les décisions, cependant on tient notre bout! N’oublions pas que ça prend environ 30 fois la répétition d’un comportement avant de l’avoir assimilé!!! Ça prend donc beaucoup d’assiduité de la part des parents dans ce processus. Il est fort probable qu’au bout de 4 ou 5 jours, l’enfant tente de moins en moins de sortir de table puisqu’elle comprendra que son repas est terminé.

J’ajouterais que lorsque l’enfant sera fâchée une fois qu’elle n’aura plus son assiette, on ignore sa crise, on peut simplement dire qu’on comprend sa colère mais qu’on ne changera pas d’idée. Aucun enfant ne se laisse mourir de faim, aucun enfant n’aime jeûner et surtout, les inquiétudes par rapport à la nourriture ne font souvent qu’aggraver les comportements désagréables des enfants à l’heure des repas. Les parents gagneront à être cohérents et surtout en cohésion l’un avec l’autre afin d’adopter les mêmes attitudes par rapport aux repas. On va éviter ainsi les conflits et la manipulation de l’enfant sur un sujet déjà fort délicat!

La période du repas dure combien de temps? À 4 ans, 20 minutes sont suffisantes pour l’enfant. Il est parfois difficile pour les enfants de rester en place plus longtemps. Afin de l’aider à se situer dans le temps, vous pouvez mettre une horloge à sa vue et lui indiquer quand la période du repas sera terminé et donc, quand elle pourra quitter la table. On peut indiquer à l’enfant quand il reste seulement 5 minutes pour faciliter la prise de conscience.

Un dernier point : la récompense de l’enfant pourrait être de vivre un repas hors de l’ordinaire : j’aime bien l’idée d’un pique-nique sous la table avec une nappe sur le sol, de la vaisselle colorée et un mets bien aimé de votre fille. Je vous garantis que son sourire va revenir et son intérêt sera soutenu!