• Déconfinement des écoles et services de garde : plusieurs enfants et adolescents risquent d’être plus « tannants »!

    Très bientôt, nos écoles, CPE et garderies réouvriront progressivement après plusieurs semaines de confinement.   En tant que membre du personnel de ces établissements, vous savez déjà que la situation sera particulière…  Mais à quel point ?  Y a-t-il des réactions prévisibles ?  Comment s’y préparer ?
    Des élèves qui ne sont plus les mêmes…

    Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que les enfants ont été transformés par cette expérience hors du commun… tout comme nous!  Plusieurs auront vécu des moments privilégiés en famille et auront développé des connaissances et des habiletés nouvelles.  D’autres par contre, auront vécu des moments difficiles.  Parfois même très difficiles…

    Bien sûr, vous aurez prévu du temps pour jaser avec eux, les laisser s’exprimer, les accueillir, réinstaller la routine et les rassurer.  Malgré tout, certains peineront à reprendre leurs habitudes et les apprentissages.

    Voici quelques comportements qui pourraient perdurer malgré tous vos efforts 

    • Dyela, 14 mois, voudrait toujours être dans vos bras et ne laisse personne d’autre l’approcher alors qu’avant, elle acceptait plutôt bien les changements d’éducatrice.
    • Magalie, 3 ans, ne s’endort plus aussi facilement à la sieste. Elle dérange ses amis, rigole et bouge beaucoup.
    • Jérémy, 6 ans, un élève pourtant motivé auparavant, refuse de faire son travail et pleure souvent.
    • Renzo, 11 ans s’est battu sur la cour d’école : même s’il avait « un petit caractère », il n’avait jamais blessé un élève.
    • Élina, 14 ans, avait tendance à être arrogante, mais depuis son retour, la situation dégénère jusqu’à ce que vous l’envoyiez au local de retrait.
    • Dimetri, 17 ans, a toujours appris assez facilement mais il ne se comprend plus : il se perd dans ses pensées et manque beaucoup de matière en classe.
     On cherche tous à comprendre ce qui se passe…

    Comme notre cerveau n’aime pas « ne pas comprendre », nous tentons tous de trouver des raisons qui expliqueraient ces changements.  Après avoir mis des efforts pour améliorer la situation, si les comportements perdurent, il est possible que certaines pensées et émotions nous envahissent :

    • « J’ai à cœur leur avenir et je prends au sérieux leurs apprentissages. Pourquoi ils semblent bousiller mes efforts? »
    • « Nous avons pris le temps d’accueillir leurs émotions de les rassurer. Là, c’est du caprice… »
    • « Certains élèves ont perdu des acquis parce qu’ils n’ont pas révisé la matière. Il faut accélérer le rythme pour diminuer les écarts et rattraper les retards. »
    • Etc…

    Il pourrait alors être tentant d’utiliser une approche plus punitive ou de brusquer les choses pour rattraper le temps perdu. Seulement voilà : ne sous-estimons pas les effets du stress, de l’anxiété, voir des traumatismes que certains enfants ont vécus (et continuent possiblement de vivre), ni la pression qui repose sur nos propres épaules! Il faudra du temps… et parfois même BEAUCOUP de temps.  Pour certains enfants, on parle même en terme d’années! 

    Il faut donc tenir compte de ce fait :  tant que les enfants n’auront pas retrouvé un certain équilibre émotionnel, les apprentissages seront beaucoup plus difficiles ! Malheureusement, il peut arriver que certaines de nos interventions (même bien intentionnées) augmentent leur niveau de stress… et la durée des manifestations !

    Mais bonne nouvelle : avec de bons outils, nos interventions peuvent soutenir leur développement affectif, émotionnel et social, et ainsi accélérer leur retour à un fonctionnement plus optimal qui favorisera les apprentissages.  

    Nous savons tous que vous aurez énormément de préoccupations, voire de pression, au moment de retourner au travail.  Le surmenage vous guette : vous aurez donc besoin de vous serrer les coudes en tant qu’équipe… mais à 2 mètres de distance!  Pas si simple, vous me direz! Mais le travail d’équipe fera toute la différence…

    Quelques pistes pour préparer la suite 

    • Informez-vous sur les manifestations du stress et de l’anxiété (ou révisez les formations suivies) : beaucoup de comportements dérangeants des enfants en découlent.
    • Sécurisez les élèves avec des routines.
    • Prévoyez chaque jour des moments pour évacuer les tensions chez les enfants et adolescents afin de leur permettre de s’exprimer verbalement, physiquement ou par le jeu.
    • Ayez développé des outils pour gérer vos propres émotions : ils seront essentiels pour intervenir de façon prévisible, ferme, mais accueillante envers les émotions que vos interventions susciteront.
    • Prévoyez l’inévitable écart académique qui se sera creusé entre les enfants. Prévoyez des activités encore plus variées qui répondront aux besoins des deux groupes en acceptant cette différence, plutôt qu’en vous mettant de la pression pour combler l’écart le plus rapidement possible. Chaque chose en son temps : les élèves qui ont du retard pourront le rattraper… quand ils se sentiront rassurés.

    Voici quelques suggestions de lecture qui me semblent essentielles pour mieux comprendre, mais surtout pour y puiser des outils très concrets à mettre en place facilement:

    Et si on s’y préparait ensemble?

    Ensemble pour les familles vous propose une formule clé en main pour préparer votre équipe, que ce soit en milieu de garde ou en milieu scolaire. En effet, ma collègue Mélanie Dugas et moi-même, avons adapté notre formation sur le sujet afin de répondre à vos besoins en cette période de grands bouleversements.  Notre formule comprend :

    • Une partie théorique démystifiant les effets du stress et de l’anxiété;
    • Des outils concrets et simples à appliquer en individuel et en groupe;
    • Élaboration d’une stratégie tenant compte des besoins et particularités de votre milieu.

    Pour plus d’informations sur les formatrices et le contenu de cette formation, rendez-vous sur le http://ensemblepourlesfamilles.ca/services-visioconferences

    Moins d’efforts… plus de résilience!

    Depuis toujours, beaucoup de comportements dérangeants des enfants découlent du stress et de l’anxiété, alors que certaines de nos interventions augmentent la pression… et les difficultés.   Mais on peut faire autrement, et obtenir de meilleurs résultats… avec moins d’efforts!  Soyez prêts à relever le défi !