• Quand agitation rime avec exaspération !

    À moins d’avoir une vitalité hors du commun, vivre avec un enfant agité met souvent à l’épreuve notre seuil de tolérance…  Imaginez dans une classe où les enfants sont confinés à un pupitre et qu’ils doivent réaliser des exercices qui, s’ils ont le mérite de favoriser leur développement intellectuel, n’ont parfois rien d’attrayant à leurs yeux !  Conscients du défi qui attend votre enfant (et son enseignante !), comment pouvez-vous le soutenir  pour faciliter et optimiser tout le temps qu’il passe sur les bancs d’école ?  Voici quelques pistes à explorer.

    Les faire bouger et profiter de la nature

    Je sais, vous savez: bouger leur permet de dépenser la quantité phénoménale d’énergie qu’ils produisent, favorise la sécrétion d’un cocktail d’hormones apaisantes, stimule les zones neuronales favorisant l’apprentissage, etc.  Mais attention: faire bouger les enfants ne signifie pas sacrifier 4 soirs par semaine pour les trimbaler d’un cours à l’autre, ce qui aurait pour effet d’augmenter leur niveau de stress… et le vôtre !  Mettez-les plutôt à la porte avec des amis, pour s’inventer des jeux quelques fois téméraires.  Vous savez, du genre bâtir une cabane dans l’arbre qui risque de s’effondrer quand le 5ème ami mettra le pied à l’intérieur…

    Et la nature leur offre, même en milieu urbain, une foule de sensations apaisantes, pour peu qu’on les ait éveillés au merveilles qui nous entourent !

    Fermer les écrans

    Même chose: vous savez.  Mais savez-vous qu’en plus de les inciter à bouger, c’est tout le fonctionnement du cerveau qui  bénéficiera de la fermeture des écrans puisque selon un grand nombre d’études, ils ont un impact négatif sur la concentration, la créativité, les compétences en lecture et en mathématiques, le langage et le sens de l’effort, tous plus importants les uns que les autres pour favoriser la réussite scolaire.  Et comme la réussite engendre la motivation, aucune raison de laisser vos enfants branchés !

    Et pourquoi ne pas s’entendre entre parents sur une plage horaire où tous les écrans du quartier sont fermés, de sorte que quand vous indiquez la sortie à la prunelle de vos eux, elle ne se retrouve pas toute seule à tourner en rond !

    Prévoir régulièrement des moments de défoulement

    Des choses aussi insignifiantes que s’habiller et devoir trouver tous ses vêtements en se faisant dire de se dépêcher entre 4 et 6 fois par jour ou manger dans un gymnase bruyant, sont des facteurs de stress qui, cumulés au bout d’une journée, amènent l’enfant à être tendu.  Prévoyez régulièrement des moments pour évacuer ce stress, et particulièrement au retour à la maison.  5 à 10 minutes de défoulement avec eux vous fera le plus grand bien à vous aussi !

    • Inclure une minute (ou plus) de mini-trampoline dans la routine du retour à la maison.
    • Jouer à souffler sur de petits objets, et pourquoi pas leur faire faire des courses.
    • Mettre une musique entraînante et chanter à tue-tête ou danser.
    •  Les laisser créer un parcours où ils doivent ramper, sauter, contourner, etc.
    • Lancer des objets (ballons de fête, foulards, boules de papier, etc.)
    • Déchirer du papier.
    • Laisser un enfant en tirer un autre sur une couverture.
    • Pratiquer le yoga du rire: chacun son tour, on dit quelque chose de drôle et on fait semblant que c’est la farce du siècle, riant à gorge déployée en se tenant le ventre.  Vous vous forcerez peut-être un peu au départ, mais vous rirez de bon cœur rapidement !

    Terminez par un petit exercice plus calme: dessiner, jouer aux legos, etc.  Quand ils seront bien installés, vous aurez plus de liberté pour préparer le souper !

    Respirer par le nez !

    La respiration, particulièrement la respiration abdominale, est un élément clef de la gestion du stress, diminuant du coup l’agitation.  Évidement, on évitera de leur dire d’un ton impatient: “Respire par le nez !”:  je ne sais quel mystérieux mécanisme s’enclenche,  mais cette phrase a le don de provoquer exactement  l’effet contraire à celui recherché…  Les suggestions ci-dessous rendront assurément la chose plus attrayante !

    • S’étendre sur le plancher une minute ou deux et prendre de grandes respirations en faisant monter et descendre lentement un toutou qu’on aura placé sur son ventre.
    • Souffler sur une plume ou un ballon (type ballon de fête)  pour la garder en l’air le plus longtemps possible.
    • Gonfler des ballons (type ballon de fête) et les laisser s’envoler dans tous les sens en dégonflant.
    • Faire des bulles dehors.
    • Souffler avec une paille dans un bol d’eau.  Mettre un peu de savon pour plus de fantaisie.

    Utiliser un ton de voix plus grave

    Plus nous sommes énervées (au féminin, parce que c’est le lot particulier des femmes…), plus nous avons tendance à utiliser une voix aigüe, ce qui stimule les enfants. C’est comme si, du moment que le ton de voix tend vers les aigües, les enfants veulent savoir quelle est la plus haute note que nous pouvons atteindre !

    Une voix plus grave a tendance à les apaiser et a un bien meilleur impact lorsqu’on veut intervenir.

    Alimentation, intolérances et suppléments

    Variez l’alimentation de vos enfants… dans la mesure du possible !  Présentez-leur toujours différents aliments, mais s’ils n’en mangent pas… n’en faites pas tout un plat !  Les carences ont un impact sur l’agitation, mais commencer une guérilla ne ferait qu’empirer les choses.  Piquez leur curiosité, savourez la variété et ils voudront bien un jour  “essayer”.

    Aussi, s’il est bien connu que le sucre et la caféine ont un effet stimulant chez bon nombre d’enfants, des intolérances légères aussi ont parfois un impact majeur sur l’agitation, la concentration et l’humeur.  Les principaux sont: les produits laitiers (la caséine), les produits du blé (le gluten), les œufs, le chocolat, les agrumes (spécialement les oranges), le soja, la levure et le sucre raffiné, les colorants alimentaires et les additifs chimiques.

    Quant aux plantes et suppléments, plusieurs parents et professionnels affirment que certains peuvent contribuer à soutenir le système nerveux, bien qu’il n’ y ait pas de preuves scientifiques à ce sujet.  Pourquoi ?  Tout simplement parce que la recherche coûte cher et qu’on ne peut breveter des aliments ou suppléments naturels afin d’en tirer profit…  À vous de voir.   Les principaux suppléments utilisés sont: oméga 3, LTO3, Alterra – D.D.A., magnésium, mélatonine (pour le sommeil) ainsi que certaines plantes telles que la cataire et la valériane.

    En matière d’alimentation et de suppléments, un suivi en naturopathie ou herboristerie est fortement recommandé afin de cibler les besoins de votre enfant ainsi que ses réactions au produit.  Notez qu’il n’y a pas de pilule miracle dans ce domaine:  seulement d’excellents outils pour soutenir le système nerveux de l’enfant.

    Sommeil

    Beaucoup d’enfants sont agités tout simplement parce qu’ils ne dorment pas assez, en raison soit des horaires, soit de difficultés reliées au sommeil.  Créez des routines apaisantes, diminuez les facteurs de stress, et explorez les approches alternatives: elles ont souvent des résultats remarquables dans ce domaine.

    En terminant, je vous encourage à continuer d’explorer différentes approches pour apaiser vos enfants.  Selon la source de leur agitation, l’acupuncture, l’ostéopathie, le Brain Gym, le yoga pour enfants, la PNL (programmation neuro-linguistique), l’hypnose, l’approche cognitive comportementale et le neuro-feedback ont grandement apaisé certains enfants… et adultes !

    Mais n’oubliez pas: les enfants ont tous leurs identité, et les petites tornades n’ont pas à être systématiquement arrêtées, mais plutôt soutenues pour canaliser leur énergie au bon endroit.  Cette formidable énergie leur donnera des ailes pour se réaliser à mesure qu’ils développeront leurs intérêts !  Accompagnez-les en prenant soin de votre système nerveux au besoin !


     

    Références:

    • Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.  Soigner, éduquer, surtout valoriser; Collectif, Presses de l’université du Québec.
    • L’équilibre nerveux de mon enfant; Céline Arsenault, éditions du Dauphin Blanc
    • Les sentiments en jeux; Lucie Brault Simard, Les Productions Dans la vraie vie