• Comment aider ma fille anxieuse de 2 ans?

    Bonjour à vous,

    Ma fille de 2 ans qui va avoir bientôt 3 ans, a débuté la garderie pour la première fois il y a 1 mois 1/2 en CPE. Elle ne fait pas de crise et elle ne pleure pas le matin lors de la séparation. Elle semble bien jouer avec les amis ainsi que de participer aux activités. À la maison, elle parle beaucoup. Elle a un caractère fort et s’oppose a certaines consignes, mais à la garderie, elle ne parle pas à l’éducatrice et est très calme. Elle ne communique pas avec l’éducatrice, ne se retourne pas vers elle et ne répond pas aux questions de celle-ci, donc par le fait même ses besoins ne sont pas comblés. J’étais présente pour une collation et la responsable a demandé aux enfants de dire s.v.p. et merci pour la distribution de la nourriture. Ma fille était la seule à ne rien dire. Elle m’a ensuite demandé de reprendre des concombres et je lui ai dit d’en demander à son éducatrice et elle ne l’a pas fait.  Elle fige devant l’éducatrice et elle a tendance à le faire devant les autres membres du personnel (éducatrices de remplacement, de rotation…) ainsi que les membres de notre famille. L’éducatrice m’a fait part que ma fille semble des fois inquiète. Je sais que la période de la sieste est un moment d’angoisse pour ma fille car elle me fait part souvent qu’elle ne veut pas faire dodo. Chez nous aussi cette période est plus difficile mais je ne l’oblige pas à dormir, seulement un repos. Cette période semble aller un peu mieux. Le dodo du soir va très bien. Je crois que ma petite cocotte semble anxieuse. J’aimerais que ma fille soit épanouie et j’aimerais avoir des conseils et outils pour l’aider ainsi que pour les éducatrices qui  pourront elles aussi la soutenir à leurs tour.

    Merci bien a l’avance
    Jacinthe


    Bonjour,

    J’entends très bien la maman en vous qui veut que sa fille soit bien et sans malaise au cours de la journée.  Quand je lis votre question, j’y vois plusieurs éléments.  Vous sentez que votre fille est anxieuse.  L’anxiété fait souvent partie du tempérament de l’enfant.  Souvent, on remarque même des signes lorsque les enfants sont très jeunes.  Essayer de changer le tempérament de son enfant est un bien gros mandat.  Par contre, l’outiller pour qu’il s’épanouisse peu importe son tempérament; là est le mandat du parent.

    Premièrement, le premier point que je veux aborder est que chez les enfants anxieux, les nouvelles situations, les adaptations, sont souvent plus longues et plus laborieuses que pour les autres enfants.  Ils ont besoin d’apprivoiser leur environnement, les nouveaux visages, les nouvelles situations, les nouvelles routines et exigences.  Je ne suis donc pas surprise que votre fille soit encore en intégration après 1mois.  Est-ce que votre fille allait dans un autre milieu avant?  Si oui, comment était-elle avec l’autre éducatrice?  Communiquait-elle avec l’autre adulte qui s’occupait d’elle?  L’éducatrice de votre fille devrait mettre beaucoup d’effort pour créer un lien significatif avec votre enfant.  Mais en même temps, elle doit éviter de la brusquer en lui laissant le temps.  Vous savez, la communication peut se faire de bien d’autre façon que verbalement.  L’éducatrice pourrait demander à votre fille de lui faire un petit sourire quand elle veut dire oui.  Elle doit procéder par petites étapes.

    Avec les enfants timides, on ne peut s’attendre d’eux qu’ils deviennent extravertis et qu’ils prennent toute la place dans un groupe.  Alors, ce qu’on doit leur demander c’est un geste comme un sourire, un regard…

    Pour ce qui est des siestes à la garderie, est-ce que votre fille a un objet de transition comme une doudou ou un toutou qu’elle pourrait avoir aussi à la maison? Cet objet pourrait la rassurer et l’aider à se relaxer. Vous savez, pour dormir, on doit vraiment s’abandonner et si on vit de l’anxiété, la période de repos devient effectivement problématique. À son âge, elle a encore besoin d’une sieste ou du moins d’une bonne période de repos. L’éducatrice pourrait exiger une période où elle doit demeurer calme sur son matelas en lui offrant un repère visuel de temps. Par la suite, elle pourrait lui offrir un jeu calme.

    Aussi, un album photo avec les photos des gens qu’elle aime, son animal domestique, des bons souvenirs, pourraient l’aider dans les moments où elle s’ennuie ou alors lorsqu’elle semble inquiète. On peut aussi essayer de verbaliser ce qu’elle vit : Je vois que tu trouves ça difficile… On peut lui permettre de se retirer dans un coin calme. Elle pourra avoir accès à sa doudou, son album photo ou simplement regarder un livre calme.

    Donc pour résumer, vous pourrez aider votre fille en l’invitant à verbaliser ou essayer de mettre des mots sur ce qu’elle vit, sur ses émotions. Aussi, je pense que vous devez nommer ce qui s’en vient, les routines seront très importantes pour votre fille. Vous pouvez aussi parfois vous  poser la question, qui vit le malaise, vous, l’éducatrice ou votre enfant. Par exemple, un enfant de 4 ans qui est trop timide pour aller demander à un autre enfant s’il peut jouer avec lui, on peut pratiquer les habiletés sociales, faire des jeux de rôles, jouer à demander mais si au bout du compte l’enfant n’y va pas et manque son activité, et bien c’est lui que ça brime. On doit parfois se détacher émotivement des émotions de notre enfant. C’est ce qui nous permet d’être réellement empathique et de pouvoir vraiment l’accompagner et l’aider.

    Je vous souhaite de voir votre enfant devenir de plus en plus à l’aise de jour en jour. Je vous souhaite de la voir s’épanouir.