• Dépression durant la grossesse. Briser les tabous !

    Félicitations ! Vous voilà maintenant enceinte. Que de moments magiques et merveilleux vous vivez avec cette grossesse. Vous avez peut-être quelques petits maux, il est possible aussi que vous en ayez lorsque vous vous rapprocherez de votre terme pour donner la vie. Vous êtes rayonnante, souriante, vous respirez la joie de vivre. C’est normal, vous portez un enfant !

    La plupart du temps, c’est le portrait type, la vision idéale de ce qu’une femme devrait vivre lorsqu’elle est enceinte. Hélas, ce n’est pas le cas pour toutes les femmes ! Plusieurs d’entre nous croient le mythe social disant que : ‘’la femme qui est enceinte se doit d’être parfaitement heureuse, puisqu’elle porte en elle la vie…’’

    C’est faux. Des chercheurs ont découvert vers la fin des années 70-80 qu’un nombre de femmes dépressives après la naissance de leur enfant l’étaient aussi pendant la grossesse.

    10 % des femmes enceintes aujourd’hui souffriront de dépression.

    Qu’est-ce qui déclenche la dépression ?

    Pendant longtemps, on a pensé que les hormones de la grossesse allaient protéger la femme de la dépression à cause du bien-être que la plupart des femmes enceintes ressentent normalement. Ce qui rend le diagnostic difficile, c’est que les symptômes de la grossesse seraient masqués par les signes de la dépression qui ressembleraient beaucoup à ceux des premiers mois (premier trimestre) et de la fin de la grossesse (troisième trimestre), périodes où les femmes ressentent les symptômes physiques les plus désagréables.

    Pourtant, le stress et les tensions que peuvent connaître les futures mères les rendent plus vulnérables. Les états dépressifs durant la grossesse seraient presque aussi fréquents que la dépression postpartum.

    Suis-je à risque ?

    Vous êtes plus vulnérable si:

    • Vous avez des antécédents familiaux de dépression ou si vous en avez déjà fait une: 1/3 des femmes qui ont été dépressives durant leur adolescence ou au début de l’âge adulte connaîtront un autre épisode de dépression à la grossesse;
    • L’enfant n’est pas désiré… mais le contraire est aussi possible;
    • Vous manquez de soutien de votre partenaire, de la famille, de votre entourage (soutien social);
    • Un de vos parents décède, vous changez d’emploi ou vous déménagez;
    • Vous vivez une dépendance aux drogues ou à l’alcool.
    • Vous avez des antécédents d’abus et/ou de violence.

    Si la dépression n’a pas été diagnostiquée et soignée durant la grossesse, elle peut alors entraîner une dépression postpartum, qui peut se déclarer à n’importe quel moment durant la première année suivant l’accouchement.

    13% des nouvelles mères subissent une dépression postpartum qui est plus grave et peut durer plus longtemps, ce qui pourrait nuire aux liens créés par la mère avec son bébé.

    Quels sont les symptômes ?

    Le diagnostic de la dépression sera établi chez la femme si sa capacité de prendre soin d’elle-même et de ses enfants, et à gérer le travail et la maison.  Les critères observés sont les suivants :

    • Elle-ci est victime de ses humeurs;
    • A des crises de larmes sans raisons précises;
    • Présente des difficultés à se concentrer, a des pensées désordonnées;
    • Ressent un sentiment de culpabilité ou d’insuffisance en tant que mère en devenir;
    • Vit des sentiments et comportements troublants presque tous les jours pendant au moins deux semaines.

    Quoi faire ?

    Une des premières choses à faire si vous ressentez l’un de ces symptômes ou si vous avez l’impression de vous y reconnaître :

    1. Parlez-en ! Si vous êtes en couple, discutez-en avec votre partenaire. Partagez avec lui ce que vous vivez. Il est plus difficile d’être compris si vous restez isolée ou repliée sur vous-même. Si vous vivez seule votre grossesse, parlez-en à votre famille, à vos amis. Partagez vos craintes, laissez de côté les tabous et croyances du mythe de la grossesse et de la maternité parfaite: il n’y pas de honte à être humaine.
    2. Bougez ! L’exercice pratiqué quotidiennement est bon pour la santé et le moral. Sortez prendre de l’air, allez marcher, faites de la natation , inscrivez-vous à un cours de yoga.
    3. Pratiquez l’art de la zénitude. Résistez à cette envie de vouloir que tout soit prêt avant la naissance de bébé. Profitez de ses instants pour vous mettre en priorité en prenant soin de vous. Lorsque bébé sera à la maison, vous aurez moins de temps pour vous au début car il demandera beaucoup de votre attention. Prenez le téléphone et appelez une amie pour une sortie.

    Encore une fois, le plus important est d’abord d’en parler à une personne en qui vous avez confiance. Parlez-en à votre médecin, à une infirmière, contactez votre CLSC pour leur demander quelles sont les ressources disponibles près de chez vous.