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Mon enfant ne se fait pas comprendre

Mon enfant ne se fait pas comprendre

Mon enfant ne se fait pas comprendre

Parler peut paraître si simple et naturel pour nous qui utilisons la parole tous les jours sans avoir à réfléchir, mais pour les enfants qui sont en plein apprentissage, c’est autre chose. Lorsque l’on regarde du point de vue théorique, on en comprend vite toute la complexité. On s’intéresse généralement au pourquoi – quelles sont les intentions de communication, son utilisation et les pré-requis –, au quoi – ce qui est compris, le langage réceptif, et ce qui est exprimé, le langage expressif – et au comment – les sons, les mots et les phrases qui composent le langage. C’est bien beau, mais… qu’en est-il du point de vue pratique ? Pour que vous puissiez observer la progression de votre enfant et déceler une éventuelle difficulté qu’il rencontrerait, je vous parle ici des sons dans un contexte de développement naturel, dit typique, selon les groupes d’âge.

 

Le développement naturel des sons

Lorsqu’on n’arrive pas à comprendre l’enfant, on dit qu’il est inintelligible. La prononciation,  l’articulation et les sons émis, transformés ou omis, en sont généralement la cause. Les sons sont l’élément le plus marquant d’un langage inefficace car c’est un aspect concret… on les entend !

 

L’acquisition des sons se fait au fur et à mesure du développement de l’enfant.

  • Vers plus ou moins 1 an, l’enfant fait des sons simples et les explore en babillant, par exemple en faisant des « Mamamam » ou des « Bababaaaaaa ».
  • Vers 2 ans, il peut prononcer les sons P, B, M, N, T et D.
  • Vers 3 ans, il est en mesure de dire les sons K, G, S, L, Z, F et V, mais il peut encore faire des erreurs et avoir de la difficulté à les placer dans de longs mots.
  • Vers 4 ans, il prononce correctement presque tous les sons, sauf CH, J, R et les doubles consonnes comme TR, BL et CR. Il peut avoir encore quelques difficultés avec de long mots.
  • Vers 5 ans, il énonce la majorité des sons du français, même s’il peut encore faire certaines erreurs à l’occasion, ou sur un mot en particulier. Par exemple, si le nom du chien est Piroudor, il pourrait continuer a déformer le nom en disant Pioudo par habitude et/ou attachement.
  • Vers 6 ans, l’enfant acquiert une certaine maturité neurologique qui lui permet généralement de bien articuler tous les sons.

 

À quel moment intervenir ?

En tant que parent, vous vous interrogez très certainement à savoir si le langage de votre enfant se développe naturellement. Il se peut que, par rapport aux énoncés précédents, votre enfant vive un léger retard dans la prononciation des sons qui ne nécessite pas d’intervention particulière.

 

Voici les signes auxquels vous devriez prêter attention et qui nécessiteraient une action de votre part.

  • Vers 1 ans, votre enfant ne babille pas.
  • À 2 ans, il ne dit pas de voyelle ou vous ne comprenez jamais ce qu’il dit.
  • Vers 3 ans, votre enfant ne produit pas les sons S, F, Z, V, K et G, et il ne se fait pas comprendre par les inconnus.
  • Vers 4 ans, il bégaie depuis plus de 6 mois ou fait des erreurs irrégulières dans les sons pour un seul et même mot, en disant par exemple « pateau » « bapeau » « tateau » pour dire « bateau ».
  • Vers 5 ans, il n’utilise jamais les sons CH, J, R et les doubles consonnes.

 

L’impact sur le parcours scolaire

Il a été démontré que plusieurs aspects du développement de la petite enfance ont une grande influence sur la réussite scolaire, notamment les processus cognitifs, les fonctions exécutives et la gestion des émotions. Le langage verbal est un élément important dans le développement de l’écriture. Si l’enfant dit « Ze Zou avec mon Zeu », il y a de fortes chances qu’il l’écrira de cette façon. En effet, lorsqu’il apprend à écrire, l’enfant se réfère à la prononciation orale des mots pour trouver les lettres selon les sons qu’il utilise verbalement, un concept que l’on appelle la conscience phonologique. Un développement tardif des sons affectera à court terme l’apprentissage de l’écriture, mais aura aussi des répercussions sur le parcours scolaire de votre enfant à long terme. Il est bon d’intervenir sans trop tarder pour pallier aux difficultés passagères ou permanentes de votre enfant, afin qu’il ait déjà en mains les outils nécessaires avant la transition scolaire et prévenir un retard éventuel.

Si vous avez des inquiétudes, parlez-en au milieu de garde et consultez un orthophoniste ou autre professionnel connexe. Malheureusement, j’observe trop souvent une mise en action tardive sous prétexte que l’école va s’en occuper. Oui, les écoles ont des professionnels, mais l’attente pour recevoir les services adéquats varie entre 1 et 2 ans, et la mise en application d’un plan de stimulation peut être par la suite insuffisante dû au manque de personnel spécialisé. Vous pouvez vous tourner dès maintenant vers des agents de stimulation du langage qui, tout comme moi, peuvent aider votre enfant à corriger les troubles de prononciation de façon précoce. Vous lui éviterez d’avoir à gérer plus tard une surcharge d’apprentissage par rapport aux autres élèves et lui permettrez de vivre un cheminement scolaire plus harmonieux.

 

Référence : agirtot.org et le développement de l’enfant au quotidien. De 0 à 6 ans de Francine Ferland