• Elle rentrera à l’école et fait encore caca dans sa culotte…

    Bonjour !  Je ne sais pas si je peux poser des questions ici, mais je m’essaie…  J’ai une petite fille de 4 ans et demie qui fait presque tous ses cacas dans ses petites culottes et je suis dépassée.  Je ne sais pas si vous avez un conseil pour moi.  On a essayé les récompenses, les autocollants, le cinéma, les tours de loaders et aussi les punitions, mais rien ne fonctionne.

    Je sais bien qu’elle peut avoir un problème avec la venue de son frère de un an et demi, mais elle commence la pré-maternelle dans un mois et c’est assez difficile de se faire accepter et aimer dans un groupe, que je ne veux pas que les autres la repoussent à cause de ce problème.  On m’a conseillé de lui faire laver ses bobettes, ce qui me dégoûte, mais elle trouve ça bien amusant.  J’ai aussi essayé de lui mettre une couche, mais elle a fait une crise la première fois et ensuite elle trouvait ça amusant d’être un bébé.  On me dit de réessayer, mais je ne veux pas : elle va peut –être régresser. Et avec l’école qui arrive à grands pas…

    Désolée du roman et merci de m’aider !

    Annie


    Bonjour Annie,

    En premier lieu, je vous remercie de votre confiance au Réseau Nanny Secours. Nous ferons de notre mieux pour vous aider à trouver une solution.

    Je vois que selon les informations que vous nous donnez, vous avez fait le lien que la venue de son petit frère pouvait avoir perturbé votre fille. Vous avez raison, cela peut être une des causes à son comportement. De plus, vous avez essayé plusieurs interventions différentes, qui ne semblent pas avoir fonctionné. Peut-être que la durée d’essai ainsi que la façon dont le tout a été appliqué a possiblement fait une différence.

    Nous comprenons que vous avez à cœur le bien-être de votre fille et préserver son estime personnelle est primordial. Mais avant de vous suggérer des pistes d’interventions, j’aurais des pistes de réflexion à vous soumettre.

    Il est important de regarder avant tout si son problème de défécation n’est pas un problème physiologique.

    • A-t-elle déjà eu le contrôle de son sphincter?
    • Si elle l’a déjà eu, depuis quand, elle ne l’a plus?
    • Souffre-t-elle ou a-t-elle déjà souffert de constipation?
    • A-t-elle eu peur de la cuvette?
    • Comment s’est passé l’apprentissage à la propreté : est-ce que c’était une lutte de pouvoir? Combien de temps cela a pris? Fait-elle aussi de l’énurésie (pipi au lit ou dans ses culottes)
    • A-t-elle eu une maladie quelconque qui pourrait avoir un lien?

    Si vous avez un doute, consultez un médecin pour vous en assurer. Maintenant, si elle n’a pas de problèmes physiologiques, c’est rassurant. Vous savez qu’elle est en santé et nous pouvons maintenant nous tourner vers le comportement lui-même!

    Savez-vous qu’il n’y a que peu de domaines où votre enfant peut avoir du contrôle sur sa propre vie ? Celui de la propreté en est un! Oui, c’est sûr que ce n’est pas évident! Maintenant penchons-nous sur ce qui peut avoir contribué à utiliser cette méthode pour affirmer son *opposition* !

    Il est important, pour comprendre le message que votre fille vous donne, de regarder la séquence des événements, soit :

    • Que s’est-il passé avant sa défécation? L’avez-vous chicanée? A-t-elle demandé quelque chose et vous la faite patienter pour prendre soin de son frère, ou pour une autre raison? Y a-t-il un élément déclencheur? Est-ce dû à chaque fois à une contrariété?
    • Ensuite, il faut regarder : Où le fait-elle? S’isole-t-elle? Le fait-elle lorsqu’il y a beaucoup de gens, ou juste vous ou les membres de votre famille? Comment le savez-vous? Est-ce que c’est elle qui vous informe ou c’est vous, qui vous vous en apercevez?
    • Et pour finir, comment réagissez-vous lorsque vous vous en apercevez? Avec dégoût, colère, impatience, rejet ou neutralité (ce qui est difficile je vous le concède!)? Comment remédiez-vous à la situation? Qui nettoie le tout, est-ce que quelqu’un lui donne ses vêtements, ou les prend t-elle elle-même?

    Vous avez nommé que vous lui faisiez laver ses sous-vêtements et qu’elle aimait ça. Dans l’information que vous nous fournissez, vous nommez que le tout vous dégoûte. Alors ma question est la suivante: est-ce que votre réaction contribue à lui donner de l’attention même si elle est négative? Comme le livre “Parent gros bon sens” de Nancy Doyon nous l’explique, l’enfant préfère les chips croustillantes, mais à défaut d’en avoir, il préférera des chips molles (attention négative) qu’à rien du tout : c’est ce qu’on appelle le principe des chips molles.

    Il faut se souvenir que votre enfant, si elle n’a pas de problème de santé, cherche à avoir du contrôle et que c’est peut-être le seul moyen qu’elle a trouvé. Donc, peu importe ce que la souillure provoque en vous, il est important d’intervenir de façon neutre (sans émotions apparentes) et sans donner de l’importance à l’évènement.

    Concrètement, lorsque votre fille vous nomme qu’elle s’est souillée ou que vous vous en apercevez, utilisez un ton neutre, dites-lui simplement qu’il faudrait qu’elle aille se changer. Elle va elle-même chercher des vêtements de rechange, vous mettez à sa disposition une chaudière d’eau à la salle de bain, ou directement à la cuvette. Elle doit mettre ses excréments dans la toilette, là où ça doit être, et elle les rince comme il faut en les frottant bien. Laissez-la faire le tout, seule. Si vous restez dans la salle de bain, elle reçoit de l’attention négative, ce qu’il faut éviter. Vous pouvez lui suggérer que si elle a besoin d’aide, elle peut vous le demander, mais ensuite, vous sortez de la salle de bain. Éloignez-vous ! Par contre, puisqu’elle n’a que 4 ans, il serait important que vous lui démontriez au préalable comment faire. (EX: lui montrer avec une culotte propre dans un moment propice.)

    Une fois que la méthode de nettoyage est claire, et que vous savez comment on doit procéder et intervenir, il faut maintenant se pencher sur les situations où votre enfant peut avoir du contrôle dans sa journée, autre que faire des selles dans ses vêtements.

    Qui choisit ses vêtements le matin? Est-il possible de lui  laisser un choix qui peut être dirigé? Par exemple, choisir entre une robe et un pantalon ou entre deux ensembles. Voyez à lui offrir deux choix que vous croyez convenable selon la saison. Par exemple, si vous pensez que pour la journée il est mieux de mettre des pantalons car il fait froid mais qu’elle veut mettre une robe, ne lui dites pas non.  Dites-lui plutôt quelque chose comme : « Oui c’est vrai que se serait joli ! », vous lui nommez un autre jour où elle pourra la porter sans problème (comme la fin de semaine) et vous lui offrez deux ensemble de pantalons ou deux pantalons mais elle choisit un chandail à son goût (couleur, style). Souvent, en tant que parent, nous décidons à la place de notre enfant car c’est trop long, ou encore, on a peur du jugement des autres (Qu’est-ce que les autres vont penser de nous si notre enfant a deux couleurs qui ne vont pas ensemble?)

    Votre enfant, en faisant des choix qui peuvent être dirigés, acquiert un apprentissage important à son développement : l’utilisation du libre arbitre, faire des choix éclairés pour elle-même et apprendre de ses choix.

    Ensuite, trouvez à quel autre moment elle pourrait avoir à faire des choix pour elle-même : sa boîte à lunch pour l’école, ce qu’elle mangera (choisir entre deux collations). Même chose pour la collation à la maison : choisir entre deux fruits, ou un fruit, un yogourt, ou tout autre choix santé comme vous le désirez.

    Il est important aussi de lui donner de l’attention positive dans les bons moments. Lorsqu’elle a tout nettoyé, vous pouvez la remercier d’avoir nettoyé et la retourner à son jeu en lui disant à quel moment vous ferez un jeu avec elle pour lui offrir un moment positif. Il est toutefois important de respecter sa parole.

    Il importe d’avoir de la patience Annie (si vous me permettez), car il faut 21 jours pour changer un comportement, et plus longtemps, si vous flanchez une fois à votre intervention. Vous devez donc aviser son professeur, lui fournir des vêtements de rechange avec un sac de plastique pour les vêtements souillés, lui expliquer votre façon d’intervenir et que vous aimeriez qu’elle en fasse autant.  Il est important de la rassurer que vous êtes en train de faire en sorte que ce comportement cesse rapidement.

    Finalement, il importe aussi de faire attention à son estime personnelle, et par conséquent, on évitera de la comparer à son frère, un ami qui est propre ou un bébé. Évitez de parler de son encoprésie avec d’autres adultes devant l’enfant, même si elle est dans la pièce d’à côté. C’est lui démontrer que vous mettez de l’emphase à son comportement et qu’elle est dégoutante ou qu’elle ne mérite pas d’être cajolée ou aimée, car le ton de voix que vous emploierez ou les mots choisi pourront avoir un impact sur son identité et son estime. On peut comprendre que vous ayez besoin de ventiler car c’est une problématique importante qui vient mettre les parents en doute sur leurs capacités parentales. Je vous rassure, vous avez démontré que le bien-être de votre fille vous tient à cœur et vous prenez la peine de demander de l’aide pour trouver des solutions.  Alors ayez confiance en vous, et profitez des moments où elle n’est pas là (sortie en amoureux, sortie avec amis) pour ventiler.

    Je vous souhaite bonne chance pour la suite.  Persévérez et si le problème persiste, je vous suggère de consulter un des coachs familiaux de votre région dans le réseau Nanny Secours.