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Les troubles envahissants du développement

Les troubles envahissants du développement

Les troubles envahissants du développement (TED) regroupent diverses psychopathologies telles l’autisme, le syndrome d’Asperger, le syndrome de Rett, le trouble désintégratif de l’enfance et le trouble envahissant du développement non spécifié. L’autisme toucherait 34 enfants sur 10 000, soit 0,34 % des individus. Des origines génétiques et environnmentales sont envisagées pour expliquer l’apparition de ces troubles en santé mentale.

Quelques précautions à prendre avant de croire la présence d’un syndrome d’Asperger

Le nombre de cas de syndrome d’Asperger semble en augmentation. Les écoles y ont trouvé un moyen d’avoir des subventions ou une étiquette qui détermine l’organisation scolaire… Parfois, la pression est mise sur la famille pour accepter un diagnostic d’autisme qui peut être utile au départ, mais qui cause aussi des problèmes plus tard.

Voici sur ce site, quelques cas clinique à consulter : « Syndrome d’Asperger: les diagnostics qui blessent en silence »

Et si les symptômes cachaient la forêt, c’est à dire les vrais besoins?

Lors d’une chronique sur le syndrome d’Asperger, Joël Monzée partageait quelques situations où des experts suspectaient la présence d’un syndrome d’Asperger chez certains garçons. La volonté d’universaliser les indices des psychopathologies fait parfois quitter l’espace de compréhension du sens du symptôme. Si cette situation n’a pas à être considérée à l’Urgence, elle peut parfois conduire l’équipe d’intervention dans une mauvaise direction et, surtout, ne pas répondre aux réels besoins de la personne.

Et si le diagnostique cachait les vrais besoins des enfants? Voir: « Asperger? Non merci! (Quand le symptôme cache la foret) »

Interventions cliniques

Les travaux menés à l’École de Palo Alto (voir note 2) soulignent l’importance de la communication entre la mère et l’enfant comme un contexte contribuant dans le développement des affections en santé mentale sévère. Cette hypothèse a donné naissance à une approche clinique, l’approche systémique, dont les outils thérapeutiques semblent améliorer la socialisation de certaines personnes autistiques.

Pour sa part, la FQATED invite les parents à considérer la méthode Tomatis (voir note 3), une approche clinique visant la rééducation auditive, qui semble donner des résultats encourageants, notamment en permettant une meilleure communication entre l’enfant et ses parents. De plus, une controverse émerge depuis quelques années, alors que des médecins s’inquiètent de la possibilité que l’autisme puisse découler de la pollution de l’environnement physique ou d’une réaction suite à la vaccination de jeunes enfants.

Également, il est à signaler que des enfants diagnostiqués avec un syndrome d’Asperger ou de l’autisme léger ont pu recevoir de l’aide via les techniques d’interventions cliniques psychomotrices et psychocorporelles. Si certains ont pu voir leurs symptômes être réduits, d’autres ont pu découvrir des habiletés relationnelles plus adaptées à leur environnement scolaire ou familial. Quoi qu’il en soit, surtout pour les enfants atteints légèrement, une intervention les aidant à développer leur cerveau peut contribuer à améliorer leur autonomie.

Enfin, il existe d’autres pratiques cliniques pour étoffer les interventions cliniques psychomotrices auprès des enfants diagnostiqués avec un TED:

  • la stimulation basale de Frölich;
  • la méthode Snoezelen développée au Pays-Bas; cette approche est bien répendue en Belgique (notament sous l’inspiration de Marc Thiry) et disponible dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean au nord de Québec;
  • la méthode Sherborne;
  • l’haptonomie;
  • la revalidation neuromotrice inspirée par Jacques Vanden Abeele (GRIEPSA – université de Shrbrooke).

Origines cliniques

Un enfant peut porter génétiquement une « fragilité » à développer un trouble envahissant du développement (TED). Les indices comportementaux menant au diagnostic ont été clarifiés et jouissent d’un consensus dans les milieux cliniques, malgré les spécificités comportementales de chaque jeune patient.

Les éléments en faveur de facteurs génétiques sont associés avec la proximité génétique des personnes atteintes : la prévalence d’un TED est inférieure à 1 % pour la population générale, mais on observe une proportion de 3 % pour l’autisme et de 10 % pour un TED chez des frères ou des sœurs d’enfants diagnostiqués; ces proportions semblent se retrouver chez les jumeaux dizygotes, alors qu’elles atteignent 60 et 90 % chez les jumeaux monozygotes (voir note 1).

En outre, plusieurs maladies génétiques, malformations chromosomiques seraient significativement en lien avec l’autisme, telles le syndrome de Prader-Willy (altération du chromosome 15 paternel) ou le syndrome d’Angelman (altération du chromosome 15). Également, on suspecte que l’autisme puisse découler d’une altération des chromosomes 2, 7, 11 ou 13, alors que certaines altérations chromosomiques seraient associées avec des gênes impliqués dans le développement du cerveau. D’ailleurs, le site de la Fédération québécoise de l’autisme et des autres troubles envahissants du développement (FQATED) diffuse un article vulgarisé de JC Marion qui mentionnait:

La grande variation dans la nature et l’intensité des symptômes de l’autisme amène les chercheurs à soupçonner l’implication de différents groupes de gènes (les mutations pourraient survenir dans plusieurs gènes sur la vingtaine de candidats). Par conséquent, il est possible que deux autistes subissent des mutations dans deux groupes de gènes complètement différents. On ne peut donc pas parler DU gène de l’autisme. La diversité de la maladie se reflète logiquement dans le nombre de gènes en cause et dans leur éventuelle combinaison pour créer une prédisposition.

Si la proportion filles/garçons est identique et ce, quel que soit le niveau socioculturel, il semble toutefois qu’un stress intense vécu par la mère durant la période de gestation, ainsi que l’environnement familial, socioéconomique et culturel joueraient un rôle prépondérant dans l’apparition de cette psychopathologie.

On peut supposer que la prédisposition génétique est influencée par l’environnement pour faire émerger un phénotype particulier. En fait, le phénotype d’un individu comprend l’ensemble des traits observables au niveau anatomique, morphologique, moléculaire, physiologique et éthologique. Le phénotype va donc caractériser un être vivant donné au sein d’une même espèce. Il est dépendant du génotype (structures chromosomiques) et de multiples gènes, mais l’environnement l’influence de manière plus ou moins importante, selon les caractéristiques ou les conditions de vie.

Par exemple, certaines espèces comme la truite commune développent un phénotype spécifique, au départ d’un génotype commun, en fonction de son milieu de vie (croissance en rivière, en lac ou en mer). Les variations phénotypiques sont fondamentales dans la « théorie de l’évolution par sélection naturelle ». L’interaction entre génotype et phénotype est souvent conceptualisée par ce type de relation:

génotype + environnement + variation aléatoire = phénotype

L’émergence d’un phénotype, au-delà du génotype, pourrait expliquer pourquoi certaines affections en santé mentale ne sont pas systématiquement présentes chez deux jumeaux monozygotes, comme observé chez les individus ayant un TED.

Conséquemment, Dawson suggérait qu’une compréhension de la cause de l’affection, de la nature et du traitement de l’autisme (comme de toute autre psychopathologie) exigeait une intégration de différents concepts et de différentes approches, mêlant avec discernement des découvertes empiriques et des connaissance en neurosciences, en génétique et en psychologie effectuées tant chez l’animal qu’à travers des études cliniques:

The need for such integration has been a fundamental tenet of the discipline of developmental psychopathology from its inception. It is likely that the discovery of autism susceptibility genes will depend on the development of dimensional measures of broader phenotype autism traits. It is argued that knowledge of the cognitive neuroscience of social and language behavior will provide a useful framework for defining such measures.

Enfin, bien que les études soutenant cette thèse sont généralement décriées, certains experts suspectent que les vaccins pourraient contribuer à fragiliser le développement psychologique des enfants, notamment à cause des produits injectés avec le vaccin ou à cause du nombre d’injections vaccinales chez l’enfant en bas âge. Ces deux causes créeraient une « hyperactivité » du système nerveux et du système immunitaire qui pourrait peut-être déclencher les indices comportementaux associés à cette psychopathologie (voir note 4).

Notes

Des jumeaux monozygotes découlent d’une division en deux embryons au départ d’un seul ovule fécondé et ce, peu de temps après la fécondation (lors des premières divisions cellulaires). Ainsi, ces jumeaux sont porteurs d’un patrimoine génétique similaire et les jumeaux sont systématiquement de même sexe. Pour leur part, les jumeaux dizygotes sont des enfants nés de deux ovules fécondés qui se nidifient en même temps. La ressemblance de leur patrimoine génétique est comparable à celle d’enfants nés successivement (grossesses différentes) et des jumeaux dizygotes peuvent donc être de sexes différents.

L’École de Palo Alto est considérée comme l’instigatrice de l’approche systémique dans le domaine de la psychothérapie; leurs recherches initiales découlent des observations effectuées chez des enfants schizophréniques et leur entourage familial. Voir à ce propos : P. Watzlawick, JH Beavin, DD Jakson (1972), Une logique de la communication. Eds du Seuil, Paris; L. Blanchette et al. (1999), L’approche systémique en santé mentale. Presses des l’U. de Montréal, Montréal QC.

La méthode Tomatis propose des programmes de rééducation, dans le cas de difficulté ou de déficit, et des programmes pour améliorer le bien-être, la qualité de vie, ou l’amélioration des habiletés professionnelles. À Montréal, une clinique offre ces services pour les personnes éprouvant des difficultés, notamment de concentration ou de TED (CENTRE DE L’ECOUTE).

Cette thèse a été popularisée par le film de Lina Moreco (Silence, on vaccine) qui expose certains faits troublants. Toutefois, les travaux de Wakefield, un des leader de cette thèse, ont été sévèrement remis en cause par l’industrie pharmaceutique, l’établissement scientifique et les collèges des médecins. Tant et si bien que les revues savantes ont retiré ses articles, dorénavant considérés comme hérétiques, présentant ses découvertes quant à l’impact des vaccins sur la santé des enfants et qu’il a été radié du Collège des médecins britannique pour avoir effectuer des tests médicaux « non utiles ».

 

 Publication initiale 06 Janvier 2013


RÉFÉRENCES :

  • Blanchette L. et al. (1999), L’approche systémique en santé mentale. Presses des l’U. de Montréal, Montréal QC
  • Brain Briefing. Autism. SFN, mai 2006.
  • Dawson G., S. Webb, GD Schellenberg, S. Dager, S. Friedman, E. Aylward, T. Richards (2002), Defining the broader phenotype of autism: Genetic, brain, and behavioral perspectives. Development and Psychopathology, 14: 581-611; Association médicale du Canada (Ed). Grand public, Maladies – Autisme, [http://www.ma.ca], consulté en mars 2005.
  • Gilliam TC, ER. Kandel, TM Jessel (2000), Genes and Behavior. In: ER Kandel, JH Schwartz, TM Jessel (Eds), Principles of neural science (4th Edition), McGraw Hill, New York (NY): 36-66;
  • Fédération québécoise de l’autisme et des autres troubles envahissants du développement. Comprendre l’autisme, Méthodes éducatives – Les méthodes sensorielles auditives, FQATED. [http//:www.autisme.qc.ca], consulté en novembre 2007.
  • Marion JC (2000). L’Express, vol. XVI(1):22-24. La FQATED mentionne que cet article a été produit à partir d’une revue de la littérature scientifique sur le sujet grâce aux informations diffusées par l’American Psychological Association ([http//:www.autisme.qc.ca], consulté en novembre 2007).
  • Monzée J. Neuropsychologie et généticisation: limites scientifiques et éthiques. In: Hervé Ch. et al. (dir.), Généticisation et responsabilités, Éditions Dalloz, 2008.
  • Monzée J. Médicaments et performance humaine: dopage ou thérapie? Montréal, Liber, 2010.
  • Moreco L. Silence, on vaccine, ONF, 2008.
  • The portal for rare diseases and orphan drugs, [http://www.orpha.net/], consulté en novembre 2007.
  • Wakefield AJ (2003), Measles, mumps, and rubella vaccination and autism. N Engl J Med, 348(10):951-4; author reply 951-4.
  • Watzlawick P., JH Beavin, DD Jakson (1972), Une logique de la communication. Eds du Seuil, Paris
  • Wikipedia, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%C3%A9notype], consulté en novembre 2007.

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