• L’homosexualité: comment composer avec l’annonce de votre jeune ?

    Que diriez-vous à votre enfant s’il vous disait qu’il a une attirance pour une personne du même sexe que lui? Auriez-vous l’esprit ouvert? Essayeriez-vous de l’en dissuader? L’amour est un sentiment merveilleux qui vous donne des ailes et qui vous permet d’atteindre les plus hauts sommets! Je vous invite à ouvrir votre esprit et à oublier tous les ancrages qui vous mènent à porter des jugements et des sarcasmes.

    Les croyances, les différences et les peurs sont les principaux pièges qui vous empêchent de garder l’esprit et les yeux ouverts à tout ce qui n’est pas conforme. Vos enfants sont incroyables et fantastiques, ils vous amènent à constater leur réalité en vous démontrant qu’il n’y a aucun risque à côtoyer la différence. Lorsque votre enfant joue au parc ou dans un autre milieu (école ou CPE), il ne se pose pas de questions existentielles telles que: de quelle couleur est la peau de mon ami? Est-il homosexuel? Non! Il va jouer tout simplement. Le jugement et la discrimination ne font pas partie de son vocabulaire mais bien de celui des adultes!! Essayez un exercice: mettez pour une journée, vos yeux d’enfant et oubliez les barrières qui vous empêchent de voir la personne telle qu’elle est réellement. Dites-lui simplement « Bonjour», oubliez les jugements, vos croyances, revenez à la base. L’homosexualité n’est pas une maladie mais une orientation sexuelle, au même titre que l’hétérosexualité. Elle n’est ni contagieuse ni mortelle, elle est inscrite en nous tout simplement.

    Je vous propose de lire deux témoignages de personnes exceptionnelles qui ont eu la générosité de vous livrer leur histoire:

    – «Les hommes ont toujours attiré ma curiosité. Lorsque j’étais plus jeune, j’ai fréquenté des filles et vécu des expériences avec elles. Au départ, mon attirance pour les garçons n’était pas tant physique mais plutôt un désir de proximité. J’ai compris quelle était cette attirance et cette curiosité en arrivant au collège. Pour ma part, je l’ai mal vécue, je n’habitais pas une ville avec une grande ouverture d’esprit. Ma recherche et mes expériences se sont arrêtées quand je suis allé au lycée militaire, car là, la tolérance et l’indulgence n’étaient pas au rendez-vous. J’ai malgré tout réussi à faire quelques expériences. Après ces deux années, quand je suis revenu dans le civil, c’est là que je me suis vraiment découvert et j’ai commencé à tracer ma route. La persévérance, le soutien et l’écoute de mes proches m’ont permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui».

    – «J’ai commencé à me poser des questions sur ma sexualité très jeune, puisque je devais avoir approximativement huit ans. Je me demandais pourquoi mon regard était plus attiré par le corps des hommes que par celui des femmes. Pourquoi est-ce que mes copains commençaient à avoir leur première copine alors que moi, ça ne m’intéressait pas du tout?

    J’ai vécu ma première expérience sexuelle alors que je ne n’étais qu’en CM2 (environ 10 ans) avec mon meilleur ami du moment. Rien de méchant, mais déjà quelques caresses, des bisous (bouche, corps). Cette expérience m’a beaucoup plu et je me suis posé beaucoup de questions.

    La prise de conscience
    J’étais sûre au fond de moi de ne pas être comme les autres garçons (enfin, pas comme la plupart), mais je n’avais personne avec qui en parler. Puis vinrent les réflexions et les insultes des gens qui m’entouraient, ce qui ne me laissait pas d’autre choix que de dissimuler qui j’étais !

    Pour masquer les apparences, j’ai commencé à « m’intéresser » aux filles et à leur faire croire qu’elles me plaisaient. Le cauchemar ne faisait que commencer !

    Le masque
    S’il est une chose que personne ne devrait avoir à subir, mais qu’hélas, tant de personnes font, c’est de porter un masque pour cacher qui ils sont. Et c’est ce que j’ai fait jusqu’à mes 18 ans !

    Personne ne pouvait se douter que j’étais attiré par les hommes, mis à part les quelques relations homosexuelles que j’ai vécues en cachette, car pour toutes les personnes qui me connaissaient (amis, famille), j’avais des copines. Le problème se posait quand celles-ci voulaient franchir « le cap » alors que je ne voulais pas que notre relation aille jusque-là. Les copains se questionnaient, à savoir, pourquoi est-ce que Cédric n’a toujours pas couché alors qu’il a plein de copines et qu’elles en ont envie ? De nouveau pour dissimuler les doutes, j’ai couché avec deux des copines que j’ai eues.

    J’ai fait du mal à plusieurs d’entre elles car, arrivé à un moment, je les quittais sans aucune excuse valable à leurs yeux, alors que pour la majorité, j’aurais simplement voulu être leur meilleur ami. Je ne me sentais pas à ma place, comme si je devais vivre avec une autre personne dans le même corps. Cette situation était tellement difficile à vivre que j’ai même pensé au suicide. Et toujours personne à qui me confier !

    Quand le masque tombe
    Arrivé au lycée, l’envie d’avoir une relation avec des hommes sans me cacher se faisait ressentir au fond de moi comme un feu ardent ! Je suis devenu alors un oiseau de nuit qui ne pouvait plus porter de masque et qui voulait vivre tel qu’il était vraiment, enchaînant les rencontres, les flirts, les relations, les erreurs… Je me découvrais enfin et je n’avais plus envie de me cacher du reste du monde. Mais avant de commencer à être honnête avec les autres, il fallait que je le sois avec moi-même.

    À cette époque, j’ai rencontré une personne qui m’a mis en confiance, mon meilleur ami (hétéro) qui m’a encouragé à en parler sans tabou et à m’affirmer tel que j’étais. J’ai donc pris la décision de faire mon « coming-out » auprès de mes amis dans un premier temps. Après l’avoir fait et sans avoir eu de retour négatif, j’ai ressenti une impression de liberté au fond de moi ! J’avais eu tellement peur de devenir la risée du monde alors que ça n’a fait que me rapprocher de mes ami(e)s. Et j’ai même permis à d’autres de faire leur propre « coming-out ».

    Cette étape passée, il fallait maintenant que j’affronte ma famille et que je leur dise la vérité. J’ai commencé par l’annoncer à ma tante, elle-même homosexuelle, pour qu’elle me donne des conseils sur la façon dont je pourrais l’annoncer à mes parents. Vient alors le tour de ma mère, qui, à ma grande surprise, a pris la nouvelle avec le sourire. Elle me confie qu’elle était déjà persuadée de mon homosexualité mais qu’elle attendait simplement le moment où moi, je serais prêt à le lui dire. C’est finalement moi qui fus surpris !

    Mon père n’a pas pris la nouvelle de la même façon, mais il ne l’a pas pris mal non plus. Il m’a confirmé que ça ne changerait rien à notre relation.

    La dernière personne à qui je devais faire l’annonce et qui me tenait vraiment à cœur était mon petit frère. Sa réaction fut des plus heureuses. Il m’a répondu qu’il m’aimait et ce, peu importe avec qui j’étais!

    Par la suite, je me suis fait la réflexion que j’avais été bien bête de me cacher si longtemps. J’ai donc encouragé toutes les personnes dans la même situation que moi à suivre mon exemple. Même si toutes les personnes ne réagissent pas de la même façon, au moins ils vivraient libres.

    Le reste de ma famille (tantes, oncles, cousines, cousins) a pris la nouvelle très naturellement et, à chaque fois, avec beaucoup de maturité. Aujourd’hui, je vis avec mon copain (et futur mari) depuis le 16 février 2010. Nous avons acheté un appartement et nous sommes tous les deux acceptés dans nos familles respectives ainsi que dans la famille de l’un et de l’autre, pour notre plus grand bonheur ! »

    En terminant, je vous offre un mot: l’indulgence. Pensez à dépasser les frontières du jugement et à abandonner les croyances qui nuisent à l’ouverture d’esprit. Votre enfant est vulnérable et ne demande qu’à être écouté et accueilli dans les changements et les révélations qu’il traverse.

    Maintenant, qu’en pensez-vous?

    Bonne réflexion!