• L’importance de la marche à 4 pattes !

    La maturation du cerveau survient tout au long de l’enfance. C’est au cours de la 1ère année qu’a lieu la période la plus cruciale afin d’établir les fondations du développement futur. Il est estimé qu’à chaque minute dans la vie d’un nouveau-né, plus de 4 millions de nouvelles cellules nerveuses sont créées dans le cerveau. (1)

    Le cerveau a besoin de stimulation des cinq sens pour se développer. Les stimulations vestibulaire, tactile et kinesthétique sont particulièrement importantes. Le bébé reçoit ce genre de stimulation par le fait d’être touché et bercé par ses parents et par le fait d’apprendre à bouger par lui-même (se tourner, ramper…).

    Pendant la grossesse, le fœtus est stimulé par la respiration et les battements du cœur de sa mère ainsi que par tous les mouvements que celle-ci effectue. Cela permet déjà de favoriser le développement du cerveau de l’enfant.

    À la naissance, toutes les parties du cerveau sont établies mais elles ne fonctionnent pas toutes encore. Le mouvement stimule la croissance et l’établissement des connections entre les cellules nerveuses et vers le néocortex où l’intégration a lieu. L’enfant doit développer son tonus musculaire de façon à pouvoir bouger. Pour cela, il doit être touché, bercé, cajolé et on doit lui donner la chance de pouvoir bouger librement.

    Le cervelet permet la fluidité et la coordination des mouvements. De cette partie du cerveau partent plusieurs connections nerveuses vers la région du jugement et de l’attention, de l’intégration des mouvements ainsi que vers les centres de la parole. Le cervelet devient mature vers l’âge de 6 mois.

    Les mouvements rythmiques augmentent le tonus musculaire des muscles extenseurs qui permettent de se tenir le dos et la tête droite. Le rythme des mouvements spontanés d’un bébé stimule, organise et développe le cerveau. En effet, le cerveau ne peut pas s’habituer au caractère alternatif des mouvements. Le bébé doit apprendre à coordonner les signaux des cinq sens de manière à comprendre la relation entre son corps et son environnement.

    Les réflexes primitifs sont les mouvements que font les nouveaux-nés. Ils seront transformés en réflexes posturaux qui se maintiendront tout la vie durant. Ils apparaissent in-utéro vers 5 semaines et ils seraient responsables des premières réponses motrices de survie (2). Les réflexes primitifs forment les fondations sur lesquelles s’établira le contrôle de la tête, la posture et l’habileté à se déplacer dans la gravité. S’ils sont mal intégrés, un retard au niveau du développement moteur peut survenir ou faire en sorte qu’une étape sera sautée.

    Le développement de l’enfant suit un patron prédéterminé. Chaque acquisition motrice a un rôle important pour les étapes suivantes. Cette séquence permet le développement de la coordination, de l’équilibre et surtout de l’établissement de connections importantes entre les différentes aires du cerveau. Pour apprendre à lire, il faut prioritairement apprendre les lettres de l’alphabet et la phonétique de celle-ci, apprendre à mettre les différentes phonétiques ensemble pour faire des syllabes et finalement agencer les syllabes pour lire un mot. Si une étape est sautée, l’apprentissage de la lecture sera plus difficile et l’impact se répercutera sur toutes les sphères d’apprentissage. Il en va de même pour le développement moteur. Chacune des étapes est importante et doit être intégrée.

    Les différents patrons de mouvement permettent de différentier le devant du derrière du corps, le haut et le bas du corps, la gauche et la droite et finalement l’intégration de ces patrons permet au corps de bouger efficacement et de coordonner les mouvements opposés. Lorsqu’une étape est sautée, l’intégration des réflexes primitifs pourra être retardée et il sera alors plus difficile d’établir les réflexes posturaux et le contrôle complet des mouvements. Les étapes importantes à intégrer sont :

    • Le contrôle de la tête
    • Rouler du dos au ventre et du ventre au dos
    • Se tenir assis
    • Le 4 pattes
    • Se tenir debout
    • Marcher

    L’activité motrice du nouveau-né dépend des réflexes primitifs. Ces mouvements sont automatiques et stéréotypés et devront être intégrés dans le patron complet de mouvement de l’enfant. Les réflexes primitifs sont progressivement inhibés vers 4 mois pour laisser place aux réflexes posturaux. Ceux-ci sont nécessaires pour la stabilité et notre maintien par rapport à la gravité.

    De façon à intégrer les réflexes primitifs, l’enfant doit pouvoir bouger librement et avoir un maximum de temps au sol dans différentes positions. Dans la position sur le ventre, l’enfant sollicite les muscles de son dos et de son cou ce qui lui permet de soulever la tête et progressivement de relever son tronc du sol. C’est ainsi que tous les muscles posturaux vont se renforcir et lui permettre de passer d’une étape motrice à une autre. Le fait d’apprendre à se tourner le prépare à la marche à 4 pattes en lui permettant de dissocier son coté droit du gauche. L’augmentation du tonus musculaire des abdominaux et du tronc va également lui permettre de prendre la position à 4 pattes et de se sentir stable. Le déplacement à 4 pattes lui permet finalement de développer les mouvements d’opposition bras-jambes, de développer sa stabilité et lui donne une meilleure base pour apprendre à se lever, à se tenir debout et à se déplacer.

    Il est donc important de laisser bébé au sol de manière à lui permettre de :

    • Développer les patrons moteurs (se tourner, s’asseoir, se lever, se déplacer…)
    • Contrôler la gravité
    • Pratiquer l’équilibre et la stabilité
    • Intégrer les réflexes primitifs

    Les centres d’exercices, chaises vibrantes, balançoires et autres accessoires peuvent être utiles pour déposer bébé à certains moments de la journée. Par ailleurs, il est important de limiter le temps qu’ils y passent de façon à privilégier le temps au sol.

    Votre enfant est en plein apprentissage… laissez le explorez son environnement. Il en sortira gagnant !


    Sources:

    (1) Blomberg, Harald, Movements that heal, BookPal, 2011
    (2) Idem