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Ma fille a des « tics nerveux »

Young Girl in DistressBonjour,

Je suis une maman d’une fille de 9 ans qui depuis qu’elle est toute petite, a des « tics » expressifs quand elle est joyeuse. Comment puis-je l’aider à canaliser ces émotions ? Quand elle est stressée ou contrariée, elle pleure…. Nous essayons de faire des jeux, de lui expliquer de respirer profondément quand ça arrive, mais elle est submergée. Je ne sais plus comment l’aider!

Merci

Céline


Bonjour Mme Tissot,

Il me fait plaisir de prendre un moment pour vous offrir quelques pistes de solution pour soutenir votre fille dans ses difficultés. On le sait tous, quand on est enfant, tout ce qu’on souhaite, c’est être comme les autres!

Tout d’abord, il faut savoir que les personnes qui ont des tics ne sont pas nécessairement plus nerveuses ou anxieuses que les autres. Par contre, elles ont un fonctionnement cérébral généralement plus actif, ce qui fait qu’en situation de stress ou lors d’émotions intenses, les tics peuvent apparaître. Tenter de contrôler les tics augmente la tension et risque donc fort d’augmenter leur apparition. L’important est donc de mettre en place une hygiène de vie qui diminuera les sources de stress. Voici donc quelques éléments qui pourraient contribuer à diminuer l’apparition des tics :

Respiration :

Vous l’avez pressenti, la respiration est un excellent moyen pour diminuer l’apparition des tics! Cependant, respirer pour tenter de contrôler les tics au moment où l’on craint leur apparition augmente la tension… et par conséquent les tics !  Je vous suggère donc de lui enseigner une technique de respiration très simple, qu’elle utilisera régulièrement, quelques fois par jour en dehors des situations critiques. L’exercice s’appelle la cohérence cardiaque (vous trouverez plus d’informations sur les nombreux bienfaits de cet exercice sur Internet) : on inspire tout simplement durant quelques secondes et on expire durant le même nombre de secondes, pendant quelques minutes.  Une fois habituée, elle pourra le pratiquer discrètement, n’importe où, mais continuez à le faire régulièrement avec elle pour maintenir son intérêt.

Évacuation des tensions :

Prévoyez avec elle des moments où elle pourra évacuer les tensions de la journée librement : création artistique, faire du sport ou même des petites folies comme danser en faisant des gestes rigolos sans se préoccuper de ses tics.

Sommeil :

Dormir suffisamment pourrait aussi permettre un apaisement du système nerveux.

Alimentation : 

Comme vous le savez sûrement, certains aliments stimulent le fonctionnement cérébral. Votre fille aurait par exemple tout avantage à éviter de boire des boissons gazeuses lors d’une fête d’enfants!   Vous pouvez faire des recherches à ce sujet sur Internet, mais je vous recommande de consulter un/e naturopathe pour des conseils personnalisés.

Approche cognitive comportementale :

La seule approche qui semble avoir un impact sur l’apparition des tics est l’approche cognitive comportementale. Cette approche permet d’identifier la chaîne de réactions déclenchées par une ou des pensées qui entraînent à leur tour les émotions qui sont à l’origine des tics. L’approche utilise des auto-observations pour arriver à prendre conscience de cette chaîne de réactions et éventuellement la modifier. Je vous suggère le livre suivant pour faciliter ce processus d’observation avec votre fille : « Opéraction, mieux te connaître pour mieux agir », Éditions Midi-trente. On peut facilement le commander en ligne sur Renaud Bray ou Archambault. C’est un format cahier qui explique comment utiliser l’auto-observation, des fiches reproductibles et une très belle affiche couleur comme support visuel. Mais encore une fois, l’aide d’un professionnel qualifié possédant la formation pour utiliser cette approche est conseillée.   Certains coachs familiaux, éducateurs, psycho-éducateurs, travailleurs sociaux et psychologues sont familiers avec cette approche.

Finalement, il est très important de porter une attention particulière pour préserver l’estime de soi de votre fille. Amenez-la à parler ouvertement avec ses proches et ses amis de ce que sa différence lui fait vivre, de sa peur d’être ridiculisée ou rejetée. Avec le temps et une solide confiance, elle pourrait même arriver à en rire pour dédramatiser!

J’espère que ces pistes de solution sauront aider votre fille à mieux vivre avec sa différence!

Bonne chance!

Manon Gauthier - Éducatrice spécialisée

Éducatrice spécialisée et coach familial dans la région de Laval et Montréal, elle intervient auprès des enfants de 0 à 18 ans. Elle est aussi la fondatrice de Coup de pouce Éducation. Membre du Réseau Nanny secours depuis 2013.