• Ma fille de 3 1/2 ans n’est toujours pas propre

    Bonjour,

    Pourriez-vous m’aider. J’aimerais bien que ma fille de 3 1/2 ans soit propre. Eh oui, elle porte encore des couches! J’ai essayé les petites culottes un week-end. Rien à faire, elle ne veut rien savoir et c’est la crise! Est-ce que c’est parce qu’elle ne va pas à la garderie? Ou encore le fait que je ne travaille pas? Je suis femme de ménage et je travaille à tous les vendredis. De plus, quand je vais visiter des amis, ma fille pique de grosses crises. Aidez-moi!!! Comment je dois faire pour qu’elle aille mieux !

    À très bientôt

    Édith


    Bonjour Édith,

    À vous lire, je comprends que vous souhaitez que votre puce réussisse à être propre et qu’elle soit confortable avec cet apprentissage. Je comprends aussi que le bien-être de votre fille est très important pour vous, et c’est tout à votre honneur. Je me permets d’ailleurs de vous rassurer : même si on peut avoir l’impression que trois ans et demi, c’est assez vieux pour être propre, votre fille est tout à fait normale. En effet, la moyenne d’âge dans cet apprentissage se situe entre 2 et 4 ans. Votre fillette est donc dans la moyenne.

    Vous mentionnez avoir essayé des petites culottes pendant une fin de semaine, ce qui n’a pas eu les résultats souhaités. Afin de vous aider à trouver des interventions adéquates, je vous propose d’abord quelques questions :

    • Comment lui avez-vous présenté les petites culottes? Était-ce une surprise?
    • Lorsqu’elle a fait sa crise, que faisait-elle exactement?
    • Comment avez-vous réagi face à sa crise?
    • Fait-elle des crises régulièrement dans d’autres situations? Quelle est votre réaction?
    • Agit-elle de la même manière avec d’autres personnes?
    • Présentement, que se passe-t-il lorsqu’elle fait ses besoins dans sa couche? Est-ce qu’elle vous le dit? Vit-elle un malaise? Comment procédez-vous pour la changer?
    • Parle-t-elle? Est-ce qu’elle fait des phrases courtes?
    • Fait-elle certaines choses seule? Arrive-t-elle à enlever quelques morceaux de vêtements, par exemple?
    • Peut-elle suivre des consignes courtes? « Va chercher tes souliers. » « Donne-moi ton verre. »
    • Réussit-elle à garder sa couche sèche pendant au moins une heure?
    • Finalement, je dois vous demander si vous croyez que votre fillette souffre d’un problème de santé particulier. Si tel était le cas, cela pourrait avoir un lien assez important avec la situation.

    Maintenant que mon interrogatoire est terminé, allons-y avec quelques propositions d’interventions.

    Tout d’abord, il faut se rappeler qu’en ce qui concerne l’apprentissage de la propreté, c’est l’enfant qui mène et le parent qui guide. Personne ne peut forcer un enfant à être propre. C’est son choix. Cependant, nous pouvons adopter des attitudes et des comportements qui lui donneront envie d’essayer et d’y arriver.

    Ensuite, il faut savoir pourquoi votre fillette agit ainsi. Est-ce parce qu’elle n’est simplement pas prête? Voici quelques signes à observer. Un enfant qui est prêt à faire l’apprentissage de la propreté peut :

    1. rechercher l’autonomie (« je suis capable »)
    2. vouloir vous suivre lorsque vous allez aux toilettes
    3. souhaiter s’asseoir sur le petit pot/toilette
    4. être réceptif à vos encouragements.

    Si ce n’est pas le cas, il serait peut-être préférable d’attendre un peu et de travailler plutôt son autonomie. Ceci aura un impact positif sur son estime personnelle et elle aura peut-être le goût d’essayer à nouveau plus tard.

    Si toutefois vous avez répondu oui, il faut se poser la question suivante : quel gain a-t-elle d’agir ainsi? Est-elle à la recherche d’attention? Si, par exemple, le changement de couche est un moment agréable avec Maman, parce que soit vous lui racontez une histoire, lui chantez une chanson, etc., cette routine est peut-être devenue un moment privilégié pour elle. Elle pourrait croire qu’en perdant sa couche, elle perd aussi ces bons moments avec vous. Si tel est le cas, je vous invite à créer d’autres moments privilégiés, tandis que vous diminuez le niveau d’attention que vous accordez à votre fille lors du changement de couche : « Voilà, c’est fait ! » Sans plus.

    Je ne sais pas si vous la couchez sur le dos pour la changer, mais si tel est le cas, vous pourriez essayer de la laisser debout, et ce, dans la salle de bain, près de la toilette. Ça demande parfois un peu de pratique au début, mais on y arrive.

    Aussi, accepte-t-elle de s’asseoir sur le petit pot ou la toilette? Si oui, vous pourriez simplement vous « pratiquer » à l’apprentissage de la propreté tout en gardant une couche pour le moment, plutôt qu’une culotte. Après quelques mois, vous pourriez l’emmener au magasin et lui laisser choisir des culottes à son goût.

    Des systèmes de renforcements, comme un tableau de collants par exemple, peuvent être très utiles à cette étape. L’important est de reconnaître et de féliciter les fois où elle va sur le petit pot/toilette et non pas seulement les fois où elle fait pipi ou caca dans la toilette. Lorsqu’elle réussit, elle pourrait en revanche gagner deux collants. Il est surtout important d’éviter de dire quoi que ce soit si elle s’échappe et il faut encore moins indiquer ces moments sur un calendrier, tableau ou autre. Un accident se produit ? « Viens ma chérie, on va te changer. » Vous pourriez lui permettre de participer en se changeant et en apportant ses vêtements souillés au lavage.

    Vous demandiez aussi si le fait qu’elle ne fréquente pas la garderie serait un problème. Il est vrai que l’effet d’entraînement existe. En observant des pairs, l’enfant peut être encouragé à adopter le même comportement à son tour. Cependant, un grand nombre d’enfants ne fréquente pas des CPE/Garderie et réussit à être propre sans problème. Je ne pense donc pas que cela doive vous inquiéter.

    Finalement, l’une des règles dans l’apprentissage de la propreté est d’éviter de réprimander l’enfant s’il s’échappe ou refuse de collaborer. Il faut lui donner le goût. Les reproches risquent de créer l’effet inverse. Évitez de lui mettre et de vous mettre de la pression. Soyez attentive aux signes et profitez de l’occasion lorsqu’elle se présentera. Si, pour le moment, cela vous stresse, je vous invite à lâcher prise pour un certain temps. Vous pourrez essayer à nouveau dans un mois.

    Si la situation persiste au-delà de 4 ans, et ce, malgré vos efforts, vous pourriez en discuter avec son pédiatre.

    Bonne chance !