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Parents ou gang de rue : qui saura gagner la princesse?

Parents ou gang de rue : qui saura gagner la princesse?
Depuis quelques jours, on entend beaucoup parler de jeunes filles prises au piège par le phénomène des gangs de rue. Ceci amène plusieurs parents à se questionner : Comment est-ce possible? Comment une jeune fille, belle et intelligente, se laisse-t-elle envoûter par un tel phénomène? Comment puis-je empêcher mon enfant de tomber dans le piège?

Que ce soit ces jeunes filles ou les garçons qui choisissent de faire eux aussi partie de gangs de pairs peu recommandables, cela est en effet très inquiétant. D’en comprendre le besoin derrière ce phénomène sert à empêcher ce type de drame, car nous saurons alors quoi faire pour garder notre enfant près de nous, en sécurité.

Pourquoi donc un enfant peut-il se laisser tant influencer par des pairs et se mettre à risque de cette façon, n’entendant plus le parent qui tente de le protéger?

C’est parce que le parent a perdu le pouvoir d’influencer son enfant. Mais comment est-ce possible? Comment s’assurer d’avoir et de maintenir ce « pouvoir » sur notre enfant ?

Il est important de comprendre que ce pouvoir d’influencer ne vient pas naturellement. Celui-ci est dicté par le type de relation d’attachement que nous avons avec notre enfant : plus la relation d’attachement est sécure, plus le pouvoir est grand. Il faut donc créer une relation d’attachement sécure afin de pouvoir influencer positivement notre enfant.

Comment alors créer une relation d’attachement sécure?

Ce n’est pas dans ce que le parent fait mais plutôt ce que le parent représente pour l’enfant qui saura influencer la relation d’attachement. Il est capital que l’enfant prenne modèle sur les adultes significatifs pour construire sa personnalité fondamentale. L’adulte saura le protéger puis lui permettra d’explorer tout en veillant sur sa sécurité. Le parent investit dans cette relation avec un amour inconditionnel et sans attente en retour.
Il doit donc constamment entretenir ce pouvoir d’influence auprès de son enfant afin d’avoir une influence positive sur lui. On veut ici une relation d’attachement où le respect naturel fait partie de la relation. Cela ne requiert ni effort, ni menace.

Le pouvoir d’influencer permet de faire appel à la bonne volonté de notre enfant, de mériter son respect et d’obtenir sa collaboration. Notre responsabilité est donc de leur donner l’habitude de se tourner vers nous, les parents, pour satisfaire leurs besoins d’être aimés et entourés, et non vers leurs pairs. L’attachement établit un ordre hiérarchique entre le parent et l’enfant. L’enfant demeure réceptif aux soins et aux conseils parentaux tant que le mode hiérarchique est respecté. Il est difficile d’exercer une influence si l’enfant se sent détaché ou supérieur. Si l’enfant s’identifie maintenant aux pairs, la hiérarchie parentale est effritée et ne fonctionne plus.

Lorsque l’enfant se modèle sur ses pairs, la construction est toute autre. La relation avec les pairs est dépourvue d’acceptation et d’amour inconditionnel. Les pairs sont conditionnels dans leur relation et voient à leurs propres besoins avant celui de l’autre.

L’enfant ne peut pas se modeler simultanément sur les adultes et sur d’autres enfants. On ne peut pas suivre 2 séries de directives conflictuelles en même temps. Donc, le parent doit s’assurer que son enfant écoute les siennes. Le cerveau de l’enfant étant exposé à des valeurs conflictuelles, notre rôle de parent est de s’assurer qu’il choisisse les bonnes, celles qui sauront le protéger et l’amener à s’épanouir positivement.

Comme on ne peut pas se modeler à la fois sur nos pairs et sur les adultes (nos parents), l’enfant se voit en grand conflit de loyauté. Plus l’enfant est attaché à ses pairs, plus notre attachement à lui sera incompatible et donc plus faible sera notre autorité sur eux. Nous ne pourrons alors plus les protéger et les guider.

Pourquoi alors les jeunes se tournent-ils de plus en plus vers leurs pairs?

Les enfants sont dorénavant placés très jeunes dans des situations où ils passent la majeure partie de leur temps en compagnie de d’autres enfants et ont donc beaucoup moins de temps pour s’attacher à leurs parents.  Plus ils vieillissent, plus le processus s’accélère. Nos enfants grandissent vides d’adultes et riches en pairs…Et les nouvelles technologies encouragent et influencent fortement cette nouvelle tendance…

Comment alors pouvons-nous nous assurer de garder le pouvoir sur notre enfant?

  1. Faites de la relation avec votre enfant une priorité: vous pourrez alors imprégner vos valeurs à vos enfants dans chacune de vos interactions avec lui. Gardez un contact étroit avec votre enfant, surtout dans les moments d’adversité. Reflétez alors que son comportement est peut-être inacceptable mais que votre amour envers lui est toujours aussi présent. Si vous vous éloignez de lui émotivement dans les moments difficiles, vous créez le vide d’attachement et l’enfant croira qu’il n’est plus important à vos yeux. Vous perdrez alors votre pouvoir d’influence sur lui et il se tournera vers ses pairs.
  2. Aidez votre enfant à rester proche de vous : encouragez-le à vous parler, sans jugement de votre part. Démontrez que le moment qu’il choisit de passer avec vous est très important : lâchez les tâches, cellulaires et courriels et concentrez-vous sur ce qu’il vous partage. Ceci permet de cultiver l’intimité et maintient une proximité que les pairs ne peuvent offrir à votre enfant.
  3. Créez des structures et imposez des restrictions : surtout en ce qui concerne les interactions avec les pairs, et particulièrement celles non-organisées par les adultes. La proximité avec les pairs ne doit pas prendre le dessus sur la proximité avec l’adulte. Ne leur laissez donc pas passer tout leur temps avec leurs pairs. Les structures qui favorisent les rapports entre enfants et parents sont cruciales afin de favoriser des rituels : vacances en famille, jeux et activités en famille, fêtes familiales. Le message lancé à l’enfant est donc qu’il est important pour vous et que vous êtes là pour veiller, échanger et partager. Le repas en famille en est le meilleur exemple: lors de ce moment, la hiérarchie d’attachement est préservée car l’adulte prend soin de l’enfant et lui lance le message qu’il est important à ses yeux. Le repas permet aussi des échanges qui solidifient cet attachement.

Si, comme bien d’autres parents, vous vous êtes posé la question à savoir ce que vous devez faire pour empêcher votre enfant de choisir leurs pairs au lieu de vous, dites-vous que vous démontrez déjà d’excellents réflexes parentaux. Servez-vous maintenant de ce questionnement pour évaluer le type d’attachement que votre enfant a envers vous et solidifiez-le, entretenez-le d’avantage et assurez-vous que votre enfant comprend qu’il est votre priorité, inconditionnellement.