• 5 conseils pour contrer la culture du viol… dès la petite enfance !

     

    Vous avez certainement vu comme moi ces derniers jours, des messages trop nombreux affirmant que : “C’est quand-même un peu la faute de la femme” quand elle subit de la violence sexuelle alors qu’elle avait accepté de se rendre à l’hôtel avec un homme.  Parce qu’on s’entend, une fois la porte fermée, elle devrait TOUT accepter, sinon elle a couru après…  Bon, ça me lève le cœur, et je suis certaine que vous qui lisez aussi !

    Mais j’entends la question : comme parent, que pouvons-nous faire pour protéger et éduquer nos enfants à se respecter et respecter les autres ?  Voici donc 5 pistes éducatives qui vous surprendront peut-être !

    • Les bisous c’est juste quand j’en ai envie !*

    « Donne un bisou à grand-maman !  Elle t’aime beaucoup tu sais ! ».  Beurk.  Si on les aime, on se réjouit de leurs élans spontanés ET de leur capacité à s’affirmer.  Refuser un bisou ou un câlin n’est pas impoli.  Et un baiser forcé n’a décidément pas la même saveur qu’un gros câlin rempli d’amour !

    À l’inverse, n’acceptez pas qu’il vous grimpe dessus et impose ses câlins dans des moments inopportuns !  Demeurez chaleureux, répondez aux réels besoins d’être consolé ou rassuré et choisissez des moments câlins qui vous conviennent. En grandissant, apprendre à patienter lui sera fort utile… et en particulier dans sa vie amoureuse !

    • Quand je dis, non, c’est non ! À 4 ans, comme à 20 ou 50 !

    C’est bien connu, les petits font des crises quand on leur dit non !  Ils sont en apprentissage et seront éventuellement en mesure de tolérer les frustrations… à conditions qu’ils aient appris que peu importe leurs tentatives de négociation ou l’intensité de leur « détresse », ça demeurera « Non » !

    Nuançons un peu quand-même : évidemment, on peut revenir sur un « Non » OCCASIONNELLEMENT, et il est impératif d’accompagner le jeune enfant à travers l’intensité de ses émotions.  Mais quand on achète la paix, quand on cède aux caprices, l’enfant n’apprend pas à accepter que l’autre ne désire pas la même chose que lui.  Une fois adulte (et ce, de façon inconsciente) il comprendra difficilement qu’une personne qui l’aime puisse avoir des désirs différents des siens.  Il n’ira généralement pas jusqu’à commettre une agression sexuelle (ne dramatisons pas quand-même !), mais il est fort probable qu’il vive bien des difficultés dans son cheminement scolaire, sa carrière, sa vie de famille… et sa vie sexuelle !

    • Écoute ta petite voix, même quand elle murmure !

    Pratiquez votre enfant à entendre la petite voix en lui, la sensation étrange qui lui dit que quelque chose ne va pas, et ce dès son plus jeune âge.  S’il vous voit triste, ne lui répondez pas que tout va bien : il le sent et se mettra à croire que son ressenti n’est pas fiable !  Dites-lui simplement : « Oui, maman/papa est triste.  Ne t’en fais pas, je vais déjà mieux ! ».

    Lorsqu’il va chez des amis, donnez-lui un code pour qu’il puisse vous dire qu’il ne se sent pas bien au téléphone sans avoir à le dire aux personnes autour de lui.  Par exemple, nous avions convenu avec mes enfants que s’ils me demandaient si notre chat allait mieux, je comprendrais qu’il fallait que j’aille les chercher sans poser de questions.  Je n’ai jamais eu un tel appel, mais le message était clair : « Si tu ne te sens pas bien en présence d’une personne, pas besoin de te poser de questions : éloigne-toi !».

    Mais de grâce, apprenez-lui aussi qu’il  n’est pas responsable de ne pas avoir prévu l’imprévisible: les agresseurs ont souvent l’air gentils à prime abord !!!

    • Quand le chat, le chien, ta sœur ou ton frère ne semble pas apprécier ce que tu fais, tu dois arrêter.

    Apprenez-lui à décoder et respecter le langage non-verbal des animaux et des humains.  Soyez patients et considérez qu’il est en apprentissage, et non qu’il devrait en être capable dès maintenant :  ça demande du temps et de la pratique pour développer l’empathie.  Mais persévérez avec bienveillance et il y arrivera.

    • Soyez un modèle.*

    Évident vous croyez ?  Bien sûr, vous ne faites pas de gestes déplacés devant vos enfants !  Mais vous arrive-t-il d’insister pour avoir un câlin de votre conjointe ?  Acceptez-vous les propos déplacés du beau-frère sur vos formes féminines ?   Ici comme ailleurs, inutile de dire : « Fais ce que je dis, pas ce que je fais » !


    Alors chers parents, je tiens à vous remercier du fond du cœur !  Parce que si vous en êtes à lire cette dernière ligne, c’est que vous avez déjà à cœur le bonheur de vos enfants.  Et je me réjouis de votre implication et de votre amour à leur égard qui font qu’ils seront beaucoup plus alertes pour se faire respecter, respecter autrui, et dénoncer tout abus dont ils pourraient être victimes ou témoins !  Merci mille fois !

    * Consultez les articles suggérés ci-dessous pour aller un peu plus loin sur ces thématiques.