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Hé, les gars! On a besoin de vous !

Hé, les gars! On a besoin de vous !

La culture du viol est en ce moment un sujet fort de l’actualité. Nous les femmes, avons grandement besoin de votre appui dans cette lutte qui un jour, fera partie du passé.  Aujourd’hui je vous interpelle en tant qu’hommes, grand-père, père, en passant par le grand frère ou encore l’ami. VOUS êtes des alliés précieux et indispensables afin de cesser, ici et maintenant, la culture du viol.

L’éducation, les valeurs d’égalité et les modèles inspirants et positifs d’hommes et de femmes sont des incontournables : les enfants et adolescents apprennent de nous. Pour ma part, l’éducation n’a pas de sexe. Les filles, tout comme les garçons doivent grandir avec les mêmes valeurs sociales et encadrements. Malheureusement nous sommes encore loin de cette réalité : encore aujourd’hui, les filles entendent régulièrement des choses du genre : « Ne t’approche pas d’un inconnu », «Ne t’habille pas comme ça car ça pourrait être dangereux », « Ne te comporte pas de telle façon : les garçons pourraient penser que tu es une fille facile », « Ne va pas dehors lorsqu’il fait noir », et j’en passe. Les filles grandissent encore en 2016 dans la peur et avec encore d’énormes contraintes causées par leur sexe. La ceinture de chasteté n’a jamais été aussi visible ! Assez c’est assez !

À l’inverse les garçons sont encouragés et valorisés à avoir des relations sexuelles très tôt et personne ne leur dira que de s’habiller d’ une façon ou d’ une autre pourrait être dangereux pour leur intégrité physique ou mentale. À leur anniversaire de 18 ans les hommes se feront un honneur de les « sortir » aux danseuses et de les faire boire à en être malades. Une journée mémorable quoi! Ados on s’empresse de leur acheter du « AXE » présenté comme une odeur enivrante qui a pour but d’avoir toutes les filles à ses pieds !!!

Leur sexualité est carrément valorisée au contraire des filles qui, pour les mêmes comportements, se feront juger et dénigrer si violemment que certaines développeront des problèmes de santé mentale, allant même parfois jusqu’au suicide… Et ce, je répète, POUR LES MÊMES COMPORTEMENTS QUE LES GARÇONS !

Le rôle de l’homme moderne est, aujourd’hui plus que jamais, d’une très grande importance. Afin d’engager les jeunes garçons dans un respect mutuel face à leur sexualité et celle des filles et des femmes de partout dans le monde nous avons besoin de vous. Il faut faire tomber cette éducation désuète. Il est révolu le temps où nous, les petites filles étions forcée de s’asseoir sur les genoux de « mononcle ». Révolu le temps des « Donne un bisou au monsieur, ça va lui faire plaisir ! » Combien d’histoires d’horreurs ont dégénéré à cause de ces gestes non désirés et gardés sous silence?

Et si l’éducation était égalitaire à partir du berceau et que d’être un garçon ou une fille avait peu d’importance? Personnellement je crois que les choses seraient différentes, et ce positivement, pour chacun et chacune des citoyens et citoyenne de ce monde. LA CULTURE DU VIOL est un problème de société et concerne chacun et chacune d’ entre nous. Nous avons tous et toutes un rôle à jouer alors jouons-le et cessons de fermer les yeux.

Aujourd’hui je m’adresse à l’homme, allié du sexe opposé. À celui qui a une fille, une mère, une sœur,  des femmes dans son entourage. À celui qui a à cœur le futur de nos citoyens et citoyennes en devenir, qui est partie prenante de la solution.  Sois un modèle d’homme qui respecte les femmes dans tes gestes et dans tes paroles. Explique à ton fils et aux jeunes hommes qui t’entourent qu’une relation sexuelle, c’est un acte de consentement mutuel. Qu’une relation sexuelle c’est livrer une partie de soi, d’ un côté comme de l’autre. Que le respect se doit d’être au rendez-vous et qu’une relation sexuelle est une démonstration de tendresse et non de violence. Qu’il est possible qu’ fille ou une femme décide de dire non pendant l’acte sexuel et que ce NON doit être entendu et respecté. Les garçons doivent être éduqués, sensibilisés aux gestes et conséquences d’un non consentement. Les filles doivent sortir de la peur et s’affirmer : dire NON, c’est un droit, et dénoncer l’est tout autant. Avant tout soyons préventifs : PARLONS et parlons avec nos ados.

Les ados sont au goût du jour et à l’affut de tout ce qui se passe dans l’actualité. Une discussion peut facilement se faire avec l’aide d’un journal populaire. Ils écoutent plus qu’on pense, ils ont des choses à dire, des opinions qui peuvent agréablement surprendre !

Merci d’enseigner aux jeunes qu’un NON, c’est un vrai NON : c’est  non-négociable !