• Alternatives à:  « Va dans ta chambre! »

    Il y a plusieurs années, je suis allée voir le tout premier spectacle de l’humoriste Louis-José Houde. Il racontait une anecdote où il était en camping avec sa famille. Louis-José faisait une bêtise et son père lui disait très fort: « Va dans ta chambre! ». Et Louis-José de répondre: « Peux-tu la déplier !? ». À ce moment précis, j’avais éclaté de rire. Il est vrai que c’est un sujet chaud dans la plupart des familles d’aujourd’hui. Donner une punition, une conséquence ? À quel endroit? Combien de temps? Pour quel motif? etc.

    Prenons un exemple tout simple. Vous retournez à la maison après une journée de travail et vous êtes en colère. Votre tendre moitié ouvre la porte en vous criant: « Va dans ta chambre et on se parlera quand tu seras de meilleure humeur! ». Ouf! Il est certain que, pour ma part, je me mettrais encore plus en colère, voire même, casser des objets sur mon passage. Si à l’inverse, votre tendre moitié vous ouvrirait la porte en vous disant : « Oh! Mon amour! Que dirais-tu d’aller prendre un bon bain? Je t’apporte un verre de vin et tu prendras le temps de te reposer, d’accord?». Évidemment, vous tenterez de vivre l’expérience au maximum, n’est-ce pas?

    Par cet exemple, je souhaite mettre en lumière que les punitions, les menaces ou les autres interventions négatives ne feront qu’augmenter la colère et, par le fait même, détériorer la relation avec l’enfant. Que diriez-vous d’avoir des outils concrets et positifs afin de vous guider dans la compréhension des divers comportements chez votre enfant, et ainsi, vous permettre d’intégrer des solutions constructives et positives? Je vous suggère cinq astuces à ne pas négliger.

    Astuce # 1 

    «Va dans ta chambre!» Certains spécialistes affirment que l’on ne doit pas se servir de la chambre pour envoyer un enfant se calmer. J’aimerais apporter une petite nuance pour vous guider. Tout dépend comment votre intervention aura été faite. Lorsque vous menacez votre enfant et que vous utilisez un ton sévère et bruyant, lorsque que vous êtes déjà en colère et exaspéré, il n’est pas recommandé d’intervenir et d’utiliser la chambre. L’enfant pourrait alors associer la chambre à terreur et colère. Cependant, si vous demandez à votre enfant d’aller faire une activité pour se faire du bien, de se détendre et retrouver son sourire, l’intervention sera alors constructive et positive. L’enfant en retirera un bel apprentissage et aura des outils pour comprendre la gestion de ses émotions.

    Il est important de souligner que la gestion des émotions chez l’enfant se développe entre cinq et sept ans. Ce qui se passe avant est de l’initiation et non pas de l’intégration. Par la suite, l’enfant fait des apprentissages et de la consolidation d’informations reliée à ses expériences vécues. Cela va lui permettre éventuellement de comprendre ce qui se passe dans son petit corps et de trouver par lui-même des solutions adéquates pour gérer ses émotions.

    Astuce # 2 

    La responsabilisation et l’autonomie. Le fait d’offrir des responsabilités à l’enfant lui permet de vivre diverses expériences et de mettre en pratique son savoir et ses compétences. Forcément, l’enfant sera amené à vivre certaines difficultés, et même, à commettre des erreurs. C’est au travers de celles-ci qu’il en tirera des connaissances qui lui permettront d’en ressortir plus grand et plus fort. Nul besoin d’envoyer un enfant dans sa chambre pour un verre de lait renversé. Offrez-lui plutôt la méthode et les outils pour le ramasser.

    Astuce # 3 

    Utilisez la technique des deux choix. Émettez une consigne claire à votre enfant, comme par exemple: «Tu dois ranger ta chambre». Donnez-lui les deux choix pour accéder à la consigne: «Tu le fais avant ou après ton déjeuner?». Vous pouvez utiliser cette méthode pour toutes vos demandes. Votre enfant a besoin de ce pouvoir décisionnel pour être amené à se positionner, prendre des décisions et en assumer les conséquences. Évitez la négociation. Faites de la prévention et annoncez ce qui va arriver. Ayez toujours une consigne et une conséquence connues de votre enfant. Vous enlevez ainsi l’inconnu et l’anxiété. On donne la consigne et les deux choix. On annonce le temps prévu et on le décortique. Si l’enfant refuse, on le prend et on l’amène à faire la consigne. Il ne peut pas accéder à l’activité suivante tant qu’il n’a pas exécuté la première. Donnez-lui à l’avance des images, des photos ou une liste détaillée de ce qui va se produire dans l’activité pour bien le préparer.. Soyez clair et précis dans votre demande. Le cerveau a besoin de visuel pour bien assimiler ce que vous lui demandez. N’hésitez pas à mettre à profit ses intérêts, l’humour et le jeu afin de vous assurer d’une réponse positive!

    Se voir proposer un choix, c’est vivre un sentiment de liberté. – Catherine Dumonteil-Kremer

    Astuce # 4 

    Observez et soyez à l’écoute pour comprendre le besoin de l’enfant dans une situation difficile. Aidez-le à verbaliser son émotion et donnez-lui des outils, des solutions concrètes qu’il pourra utiliser pour se calmer, comme par exemple: se retirer dans un coin doux, faire du dessin, lire un livre. Allez-y selon ses intérêts. Le but est d’apprendre à reconnaître son émotion. N’oubliez pas que votre enfant est en apprentissage et que sa maturité émotionnelle (le cortex préfrontal) n’est pas encore développé à son plein potentiel. Utilisez des gestes et des mots pour faciliter la compréhension de vos demandes. Allez chercher l’attention visuelle et physique. On évite la sur-intervention, réduisez au minimum le nombre de fois que vous prononcez son nom.

    On parle souvent des besoins chez l’enfant sans trop souvent tous les connaitre. Voici donc une liste qui pourra vous guider dans votre observation et votre compréhension d’un comportement :

    Éduquer, c’est entendre le besoin, la raison derrière le comportement inacceptable, c’est avoir de l’empathie pour la cause. – Arnaud Deroo

    Astuce # 5 

    Offrez à votre enfant votre aide et votre soutien. Mais ne le faites pas à sa place! Encouragez-le, donnez-lui la marche à suivre et félicitez-le! Votre enfant a besoin de savoir que vous êtes fier de lui, cela vient renforcer sa confiance en lui et en ses compétences. Optez pour des demandes positives. Dites à votre enfant ce qu’il peut faire, par exemple ce qui est permis à table, sur son lit, dans la voiture, etc. Offrez un câlin. C’est dans les moments les plus conflictuels que l’enfant a besoin de se sentir en sécurité. Les câlins et les contacts physiques sont les meilleurs moyens de remplir le réservoir d’amour de votre enfant. Le simple fait d’accorder du temps à l’enfant, de le regarder et de lui dire « Je t’aime», «Je suis fier de toi», «J’aime passer du temps avec toi», «J’apprécie nos moments ensemble », cela lui permettra de refaire le plein d’amour et d’énergie positive.

    En terminant, sachez qu’être à l’écoute de son enfant, de lui accorder du temps privilégié, de verbaliser ses émotions sans le culpabiliser, de faire preuve d’indulgence et de patience envers soi-même et son enfant sont des atouts primordiaux à une bonne alternative à : « Va dans ta chambre!». Je vous invite donc à prendre du temps pour vous, à vous faire du bien puisque vous êtes un modèle important pour votre enfant. Gardez à l’esprit que les enfants absorbent et assimilent les divers comportements qu’ont les adultes de leur entourage. Si nous faisons preuve d’empathie et de bienveillance, si nous déterminons un cadre et des limites claires, il y a de fortes chances pour que nos enfants reproduisent ces comportements positifs en société.