• Comment se faire écouter de votre enfant en 4 étapes

    Vous arrive-t-il de ne plus savoir comment parler à vos enfants pour qu’ils vous écoutent? Avez-vous l’impression, qu’importe ce que vous fassiez, rien ne fonctionne? IL N’ÉCOUTE PAS!

    Eh bien je vous propose ici une méthode intitulée “Comment vous faire écouter de votre enfant en 4 étapes.”

    1. Connectez-vous à lui

    L’enfant qui a un comportement inadéquat exprime quelque chose. La première étape est donc de vous « connecter » afin de trouver ce qui se passe. Soyez empathique. C’est-à-dire, tentez de percevoir, de deviner ce que votre enfant ressent ou expérimente.

    • Est-il fatigué?
    • Est-il contrarié?
    • A-t-il faim?
    • Veut-il obtenir du pouvoir?
    • Veut-il de l’attention?
    • A-t-il besoin d’exprimer des émotions? (colère, joie, tristesse, dégoût, peur)
    • Manque-t-il de compétence? Il n’a pas encore appris comment faire adéquatement?

    Aidez-le à identifier ce qu’il vit en verbalisant les signes.

    • J’ai l’impression que tu es fatigué, tu te frottes beaucoup les yeux.
    • As-tu faim? Est-ce que ton ventre gargouille?
    • Maxime t’a enlevé ton ballon, tu dois être fâché?
    • As-tu besoin d’aide?

    2. Formuler votre demande de manière claire et positive

    Vous est-il déjà arrivé de demander à votre enfant « de s’asseoir comme un grand », « d’être gentil », «d’être poli », « de faire comme il faut »?  Un enfant de 2 ans ne sait pas ce que signifie « être assis comme un grand »! Mais il comprendra, « je veux que ton dos touche le dossier de la chaise » ou  « je veux que tu t’assois sur tes fesses et non sur tes genoux ».

    Combien de fois par jour dites-vous à votre enfant ce qu’il ne doit pas faire. « Ne cours pas dans la maison », « ne me parle pas sur ce ton », « arrête de te chicaner avec ton frère », etc. Et combien de fois lui dites-vous ce que vous voulez?

    Si Delphine court dans la maison pour aller rejoindre son ballon dans le bac à jouets à l’autre bout du salon et que vous lui dites « Delphine, cesse de courir dans la maison. » Delphine entend, « je ne pourrai pas avoir mon ballon », donc soit elle continue à courir, soit elle se met à pleurer. Par contre si vous dites « Delphine, je veux que tu marches dans la maison ». Non seulement Delphine sait ce que vous voulez et non ce que vous ne voulez pas, mais en bonus, elle peut récupérer son ballon…en marchant!

    Voici quelques exemples.

    Formulation négative
    ou floue
    Formulation positive
    et claire
    Ne dessine pas sur la table Dessine sur la feuille
    Ne crie pas, ne chigne pas, etc. Parle-moi avec un ton calme, dis-moi ce que tu veux, fais-moi une demande claire.
    Soit gentil avec ton frère Utilise tes mots pour lui dire ce que tu veux
    Soit poli au téléphone Demande à la personne si elle veut laisser un message.
    Si tu n’es pas au lit à 8h00, je ne
    te lirai pas d’histoire.
    Lorsque tu seras au lit à 8h00, je vais te lire une histoire.

    Je vous encourage à faire votre propre liste, avant que les comportements aient lieu. Vous connaissez vos enfants, vous savez ce que vous voulez corriger, donc faites votre liste d’avance car dans le feu de l’action ce n’est pas toujours évident de trouver la bonne phrase à dire.

    3. Annoncer la conséquence en offrant un choix

    Une fois que la demande est faite dans une formulation claire et positive, laisser un délai d’exécution raisonnable. Si l’enfant ne s’exécute pas, annoncer la conséquence en offrant un choix.

    • Soit tu écris sur la feuille, soit je t’enlève les crayons.
    • Parle-moi calmement, sinon je vais cesser de t’écouter.
    • Utilise tes mots pour dire ce que tu veux, car si tu le pousses une autre fois, je vais vous séparer, ou tu vas te retrouver au coin de réflexion….
    • J’aimerais que tu sois poli au téléphone, alors je propose qu’on pratique ensemble, sinon je ne voudrai plus que tu répondes au téléphone.

    La conséquence a pour but de responsabiliser l’enfant, c’est la raison pour laquelle elle doit être la plus reliée au « crime » possible. C’est ce que nous appelons des conséquences logiques. Elles sont imposées par le parent pour que l’enfant comprenne qu’il y a un lien entre son comportement et les résultats qui s’en suivent. Elles doivent être justes et raisonnables et non un outil de contrôle arbitraire et injuste. Elles permettent à l’enfant d’apprendre de ses erreurs et devenir un être responsable à long terme.

    4. Exécuter la conséquence

    Une fois annoncée, il faut l’appliquer. Soit l’enfant choisit d’exécuter la demande initiale, soit il «choisit» de vivre la conséquence.  S’il choisit la conséquence, vous devez l’exécuter. Plus l’enfant est jeune, plus vous devez imposer la conséquence rapidement. Un adolescent pourrait se voir imposer de payer la réparation de la voiture qu’il a égratignée par exemple. Mais un enfant de 6 ans se verra retirer le privilège de se faire lire une histoire le soir même, s’il n’est pas au lit à 8 :00.  « Je vois que tu as choisi de ne pas avoir d’histoire ce soir, puisque tu t’ai mis au lit à 8 :05. Tu te reprendras demain soir. » Il faut le dire avec bienveillance et amour et non avec sarcasme.

    Évitez à tout prix de faire des menaces sans conséquence, vous perdrez toute votre crédibilité. Autant que possible, évitez d’être dans un état émotif démesuré lorsque vous appliquez les conséquences. Si jamais vous vous êtes emporté et que la conséquence annoncée est complètement disproportionnée, vous pouvez revenir et expliquer à votre enfant « j’étais vraiment fâché tantôt et mes paroles ont dépassées mes pensées, une fois calmé j’ai décidé que la conséquence sera….. » Cela vous rend humain et démontre que tout le monde peut se tromper.

    En utilisant cette méthode à quatre étapes, vous aidez votre enfant à apprendre à réfléchir avant de prendre des décisions et à assumer la responsabilité de ses choix. Pour être efficace, cette méthode doit reposer sur la confiance, l’amour, le soutien et le respect. Donc une fois l’enfant calmé et la conséquence appliquée, témoignez votre amour à votre enfant afin qu’il sache que la conséquence visait le comportement inadéquat et non lui personnellement.

    ***Bien sûr, assurez-vous que la conséquence correspond à l’âge et le stade de développement de l’enfant.***