• Ma fille pousse son éducatrice à bout !

    Bonjour,

    J’ai une fille de 4 ans et demi qui est super drôle colleuse, généreuse, etc. Mais (y a toujours un mais), elle est très négative. Lorsqu’on lui demande comment a été ça journée, il n’y a que les choses négatives qui ressortent. À la garderie, elle frappe les éducatrices, s’obstine,  pousse à bout son éducatrice qui en voit d’autre pourtant. Elle est très tête dure, tellement que si elle ne veut pas aller dehors, elle préfère aller à la direction plutôt que plier et aller dehors. De mon côté, oui elle est têtue, mais pas ce point. Je ne sais pas quoi faire et quoi dire aux éducatrices.

    Merci !


    Bonjour cher parent,

    Étant moi-même éducatrice depuis 15 ans, j’ai vu passer des enfants avec toutes sortes de besoins, d’intérêts, d’aptitudes et de comportements. Il peut être extrêmement épuisant, éreintant et déstabilisant de travailler au quotidien avec un enfant qui s’oppose à tout ou qui ne veut pas suivre le groupe. Je vous rassure, ces difficultés sont surmontables avec des solutions adaptées aux besoins spécifiques de l’enfant!!

    Premièrement, il s’agit de comprendre la situation, les questions suivantes peuvent vous aider :

    • Quand le problème a-t-il commencé?
    • Y a-t-il un événement déclencheur connu?
    • Depuis combien de temps la situation perdure?
    • Est-ce qu’il y a quelqu’un avec qui ça va mieux?
    • Y a-t-il une situation dans laquelle l’enfant est enthousiaste et coopératif?
    • Qu’est ce qui a déjà été mis en place et pendant combien de temps?
    • Quels sont ses champs d’intérêts, ses aptitudes?
    • Quels sont ses forces et ses compétences?

    Deuxièmement, il est important de comprendre ce que l’enfant cherche à nous dire par son comportement :

    • A-t-il besoin d’attention?
    • A-t- il un besoin physique: fatigue, douleur, hypersensibilité ?
    • Est-ce de l’anxiété de séparation, de performance etc. ?
    • Est-ce de la curiosité, de la peur, un besoin de bouger, un sentiment de compétence non reconnu par l’adulte, etc. ?

    Troisièmement, il faut identifier un comportement à modifier ou un besoin à combler et éviter de s’attaquer à tous ce qui nous irrite en même temps. Un plan d’action élaboré avec son éducatrice pourrait viser des défis réalistes et adaptés aux besoins de l’enfant.

    Quatrièmement, l’enfant doit être informé de ce que l’on attend de lui et de la conséquence qui s’appliquera s’il y a non respect de la consigne. La conséquence doit avoir un lien avec le geste inacceptable, et surtout, elle doit être mise en application. La constance et la cohérence des interventions favorisent l’équilibre et la sécurité chez l’enfant. Un exemple de conséquence en lien avec le geste : Juliette renverse son verre de lait. Au lieu de se fâcher et de la bombarder d’accusations, on lui montre comment ramasser son dégât, comment bien s’asseoir et bien tenir son verre de lait avec ses deux mains. Un deuxième exemple : Juliette refuse de s’habiller et attend à la dernière minute pour le faire. Tous les autres enfants sont déjà à l’extérieur. La conséquence sera qu’elle aura moins de temps pour jouer à l’extérieur. Ainsi, on peut tout simplement lui dire qu’elle s’est trompée, que ça arrive et que, demain, elle fera un meilleur choix.

    Cinquièmement, il est primordial d’utiliser des moyens valorisant pour favoriser la coopération et augmenter la motivation de l’enfant. Les comportements positifs sont valorisés en mettant de l’emphase sur les bons coups au lieu de mettre l’accent sur ses erreurs. Lors d’une activité difficile pour l’enfant, la prévention peut faciliter le déroulement. Avant d’aller jouer dehors, le parent ou l’éducatrice peut solliciter la participation de l’enfant en se servant de ses intérêts. Par exemple, on peut l’aborder de la façon suivante : « Dans cinq minutes, nous allons jouer dehors. Toi, tu aimerais jouer à quoi? Avec qui? Aimerais-tu faire un bonhomme de neige ou glisser? »

    En terminant, l’enfant est en apprentissage et il a besoin d’une personne ressource pour le guider, le comprendre et en qui il aura confiance. Une bonne collaboration et une bonne communication entre parent et éducatrice favorise grandement la réussite du plan d’action. De plus, l’enfant doit être au cœur du projet, car cela le motivera à collaborer.

    Voilà! Je vous souhaite bon succès!!