Cliquez ici

J’ai le cancer!! Comment l’annoncer aux enfants?

J’ai le cancer!! Comment l’annoncer aux enfants?

Lorsque le diagnostic de cancer nous est annoncé, c’est la fin du monde!!!!! Que ce cancer en soit un qui nous atteint personnellement ou un de nos proches, amis et même connaissance, il faut avouer que nous sommes tous ébranlés. Personne n’est préparé à recevoir cette nouvelle et encore moins à l’annoncer. Surtout à ses enfants!!

Il peut être judicieux de demander conseil auprès de votre conjoint ou d’adultes cheminant auprès de vos enfants. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’annoncer un cancer, cela demeure extrêmement difficile. Créez un réseau de soutien autour de votre famille, afin que si certains questionnements ou craintes venaient à surgir, vos enfants aient des personnes ressources sécurisantes et connaissant la problématique. Bien sûr, le réseau doit être informé de tout changement positif ou négatif de votre état. Il doit connaître le nom de votre cancer, la partie de votre corps qui est affecté, les pronostics favorables, en fait le réseau se doit d’être une extension de vous-même. Votre conjoint, votre meilleure amie, l’éducatrice de votre enfant, mamie, sa tante ou l’oncle préféré… Le réseau ne doit pas obligatoirement compter beaucoup de personnes, mais des gens sur qui l’on peut compter et qui sauront respecter nos attentes et notre intimité.

Souvenez-vous du choc, lorsque vous avez appris que vous étiez atteint du cancer, vous vous sentiez dépassé, accablé, la crainte vous envahissait, l’angoisse, bref ce fut un moment horrible.

Vos enfants vivent ces mêmes émotions avec différentes intensités selon leurs propres personnalités, selon leur âge et leur maturité. Ils auront besoin de toute l’aide disponible pour comprendre, accepter et espérer.

Je me suis permis de créer une histoire fictive dans laquelle une maman doit faire face à ce diagnostic. Son conjoint atterré, elle prévoit annoncer la nouvelle de sa maladie elle-même à ses enfants.
Dotée d’une force morale et d’un positivisme hors de l’ordinaire, ma maman fictive fait une belle analyse des besoins de chacun de ses enfants et met un plan d’action différent pour chacun d’eux afin de leur annoncer la nouvelle.

 

Wow!!
Diagnostic reçu… j’ai le cancer… mon conjoint se montre fort, mais je vois bien qu’il est anéanti! Les pronostics sont quand même très encourageants. Un peu de chimio, de radiothérapie… je me sens prête! Le plus difficile pour moi sera de l’annoncer aux enfants!!! Les études sur le sujet insistent sur le fait que le plus tôt on partage le diagnostic de notre cancer avec les enfants, le plus tôt ils s’investissent sur les changements qui s’opèrent sur notre corps et notre humeur, le mieux ils sont préparés pour affronter l’épreuve.
 
Isabelle, ma belle ado de quinze ans… comment réagira-t-elle…. Elle sent bien que quelque chose ne va pas présentement, je la sens anxieuse, inquiète… Il est bien certain qu’à l’annonce du mot cancer, elle va penser à la mort. Sa meilleure amie a perdu son papa suite à un cancer du poumon. Bien évidemment, l’espoir de guérison dépend du type et du stade du cancer. En ce qui me concerne, je fais partie des chanceuses qui ont de bonnes chances de guérison. De toute façon, j’ai bien l’intention d’être limpide avec mes enfants et de leur annoncer toute nouvelle information à mesure que j’en recevrai!
 
Bien sûr, je devrai lui dire que notre routine sera changée, les traitements seront pénibles et elle voudra surement m’aider avec les plus jeunes. Ma grande est tellement serviable. Je devrai la rassurer, lui expliquer qu’il y a beaucoup de traitements et que l’espoir de guérison est de plus en plus grand. Elle pourra même, à l’occasion, m’accompagner lors de mes traitements si elle le désire.
 
Par contre, avec mon fiston, ça ne sera pas évident! J’aurai besoin d’aide pour lui annoncer que je suis atteinte du cancer. Il se sent tellement responsable de tout. J’attendrai mon conjoint pour lui annoncer. J’informerai son professeur ainsi que la personne responsable au service de garde. Je sais qu’il l’aime bien. Il trouvera cela rassurant de parler avec d’autres adultes de ce qu’il vit. Il va avoir tellement de questions mon petit homme, tellement d’incertitudes. Je sais que je vais devoir répéter encore et encore. Mais si ça peut le rassurer… pourquoi pas? Je vais être honnête avec lui. Du haut de ses 9 ans, il aime les situations sans ambigüités. Je devrai nommer le nom de mon cancer, lui spécifier quelle partie de mon corps, qui est affecté, lui parler des traitements et des effets secondaires. Il va surement être horrifié quand je lui dirai que je perdrai probablement mes cheveux. Je subirai probablement aussi une perte importante de poids, mais cela c’est plutôt ma grande qui va s’en rendre compte…
 
Les jumelles n’ont que 3 ans. J’aimerais bien les épargner, mais elles vont s’apercevoir que ça ne va pas et elles vont s’imaginer encore pire… elles pourraient croire que je ne les aime plus, se renfermer sur elles et cesser de partager ce qu’elles ressentent.
 
Je vais leur dire que maman est malade et répondre à leurs questions avec franchise. Je n’irai pas au-devant de leur questionnement, je leur expliquerai qu’elles ne sont pas responsables et qu’elles n’ont rien fait de fâcheux, lorsque j’irai mal à cause de mes traitements.
 
Je vais les rassurer en leur démontant et leur disant combien je les aime. Et si l’un d’eux aborde la possibilité de ma mort, je me contenterai de leur rappeler que je leur ai promis d’être toujours honnête avec eux, que je répondrai toujours à leurs questionnements avec intégrité selon le renseignement que j’aurai moi-même obtenu de mon médecin. Ne sachant pas ce que demain nous réserve, on livre une bataille à la fois!

 

J’aimerais que tous les gens atteints de cancer aient ce positivisme et cette force de caractère, mais ceci est une histoire fictive. Lorsque nous apprenons que nous sommes atteints de cette maladie, notre moral tombe en chute libre et n’est en rien aidé par les traitements reçus qui souvent nous rendent malades et nous prive du petit peu d’énergie qui demeure. Un réseau solide et respectueux de nos besoins et de celle de notre famille est un allié précieux pour le combat.