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Quelle serait l’heure d’entrée idéal pour un ado de 16 ans?

Quelle serait l’heure d’entrée idéal pour un ado de 16 ans?

Bonjour,

Voici mes questions : En période de vacances scolaires, quelle serait l’heure d’entrée pour un garçon de 16 ans? Moi je suis une personne qui doit se coucher à 22h00 pour être en forme pour mon travail alors je ne peux pas aller le chercher tout partout et à n’importe quelle heure! Il doit se débrouiller par lui-même pour les transports.

Aussi, il me demande de lui acheter de la bière (de temps en temps). Est-ce une bonne idée de lui en acheter et de lui donner la permission de seulement en apporter une ou deux? Question de contrôler sa consommation. Est-ce trop jeune pour prendre de la bière?

Aussi, mon fils avait un scooter jusqu’à tout récemment (il se l’ait fait voler à l’école), mais je me suis rendu compte qu’il embarque avec ses amis maintenant. Moi ça me stresse de le voir embarquer avec d’autre, suis-je mère poule ou c’est correct?

Merci de prendre le temps de me répondre, je suis un peu dans le néant ces temps-ci avec lui.


Bonjour Mme Lavoie,

Que de questionnements nous assaillent effectivement quand nos enfants mettent le pied dans l’adolescence! Et malheureusement, il n’y a pas de réponses toutes faites! Mon propos visera donc essentiellement à vous poser les bonnes questions pour trouver un certain équilibre entre vos besoins et ceux de votre adolescent, vos valeurs et son besoin de liberté, vos limites et ses désirs.

Tout d’abord, le niveau de maturité varie énormément d’un adolescent à l’autre. Par exemple, certains garçons de 13 ans jouent encore aux petites autos alors que d’autres s’intéressent aux petites filles depuis un moment déjà! Il faut donc tenir compte du niveau de maturité de notre jeune dans les permissions qu’on lui donne. D’un point de vue objectif, rentrer à 22h semble tout à fait raisonnable pour un jeune de 16 ans. Les questions à se poser : Est-ce que ça respecte le rythme de vie des autres personnes de la maisonnée? S’il peut rentrer sans réveiller ceux qui ont des obligations le lendemain, c’est un bon départ. Ensuite, est-ce que ça respecte ses engagements? S’il a un travail ou des responsabilités à la maison, est-ce que cette heure de rentrée lui permet d’être en forme pour faire les respecter?

Ensuite, est-ce qu’il a des moyens sécuritaires pour rentrer à la maison? S’il monte avec d’autres jeunes, est-ce qu’il s’assure qu’ils n’aient pas consommé d’alcool ou de drogues? Ont-ils l’âge requis (16 ans pour prendre un passager sur un cyclomoteur ou « scooter » en bon québécois)? Le lien suivant de la SAAQ vous propose un contrat d’engagement à faire signer à un jeune conducteur de cyclomoteur, mais vous pourriez le modifier pour l’utiliser en tant que passager : http://www.saaq.gouv.qc.ca/publications/permis/contrat_cyclomoteur.pdf

Quant à l’alcool, on ne se cachera pas que les jeunes de 16 ans y ont presque tous déjà touché. Rien ne sert de faire l’autruche! Mais encore une fois, quelques questions s’imposent : À quelle fréquence en consomme-t-il? Est-ce que les 2 consommations que vous lui achetez viennent s’ajouter à une autre quantité importante qu’il se procure autrement?   Il est important de mettre des limites claires à nos jeunes, sachant qu’ils les transgresseront inévitablement.   Les adolescents recherchent 2 choses : la liberté… et les limites! Sans liberté aucune, ils se révoltent puisque du plus profond de leur être, s’éveille le désir d’être soi et de se découvrir, ce qu’ils font très souvent à partir de leurs erreurs. Alors que sans limites, ils pousseront le cadre au maximum, la tendance des adolescents étant de dépasser toujours un peu le cadre!

Si vous avez tendance à tout contrôler, laissez votre fils faire quelques erreurs, parlez-en avec lui en l’amenant à identifier comment il se sent, quelles sont ses valeurs, ses objectifs… Imposez des conséquences lorsque les comportements sont répétitifs ou dangereux.

Alors que si vous avez tendance à être très permissive, permettez moins que ce que vous identifiez comme étant votre limite! Par exemple, si le fait qu’il prenne une ou deux consommations à l’occasion ou qu’il abuse de l’alcool une fois ou deux avant ses 18 ans ne vous dérange pas outre mesure, vous pourriez décider que vous ne lui fournissez pas d’alcool, sachant très bien qu’il trouvera le moyen de s’en procurer autrement. Vous pourriez décider de lui en acheter pour des occasions spéciales ou pas du tout, selon ce que vous sentez être acceptable. L’important est de garder une discussion ouverte lorsque vous apprendrez qu’il a pris quelques bières ou sa première « brosse ». Ainsi, il y a plus de chances qu’il conserve une consommation raisonnable puisqu’un jeune qui n’aurait aucune limite risque fort d’aller beaucoup plus loin dans ses expérimentations, menant parfois même jusqu’aux délits pour trouver une limite!

En somme, il faut que vous soyez vraiment au clair personnellement avec vos propres limites et que vous établissiez un cadre clair… que vous savez pertinemment qu’il transgressera à l’occasion! Mais il aura en tête vos valeurs et les intègrera plus facilement s’il peut identifier comment il se sent lorsqu’il les remet en question. C’est à ce moment qu’il pourra les choisir et les faire siennes. Ça fait partie de l’apprentissage!

Mais le plus difficile dans tout ça, c’est que le questionnement est perpétuel à l’adolescence, puisqu’ils changent tellement vite! Je disais parfois à mes enfants qu’il me fallait du temps pour intégrer leurs nouvelles capacités et leur donner plus de latitude! Il faut qu’ils nous démontrent qu’ils ont la maturité nécessaire pour obtenir plus de privilèges, mais le rythme est particulièrement difficile à tenir à cet âge! Témoignez de vos valeurs, accueillez votre jeune et établissez un cadre ferme : même s’il n’est pas content sur le moment, il vous en sera reconnaissant un bon jour!

Je vous laisse sur une confidence qu’un ami a reçue de sa fille qui avait fait quelques bêtises d’adolescence : « J’ai eu besoin d’aller voir qui je n’étais pas pour savoir qui j’étais… ».

Sur ce, je vous souhaite une bonne réflexion et je vous invite à consulter une de nos coachs si vous sentez le besoin d’être soutenue durant cette période qui somme toute, nous permet de revisiter nos valeurs et nos limites, pour le plus grand bien de tous!

Bonne route!

Manon Gauthier - Éducatrice spécialisée

Éducatrice spécialisée et coach familial dans la région de Laval et Montréal, elle intervient auprès des enfants de 0 à 18 ans. Elle est aussi la fondatrice de Coup de pouce Éducation. Membre du Réseau Nanny secours depuis 2013.