• Nos enfants sont-ils en sécurité sur le web?

    Le Ministère de la Sécurité publique du Québec a récemment publié des statistiques datant de 2014 concernant les infractions en matière d’agressions sexuelles. Bien qu’une diminution de 2% des infractions à caractère sexuel a été enregistrée par les différents corps de police présents sur le territoire québécois, et ce, comparativement à 2013, il n’en reste pas moins que les infractions liées au leurre d’un enfant au moyen d’un ordinateur ont atteint un sommet inégalé en 2014 et que la moitié (50,1 %) des victimes d’agressions sexuelles graves (16) sont mineures et un peu moins des deux tiers ont moins de 12 ans (Ministère de la Sécurité publique, Gouvernement du Québec, 2016).

    Dans une société à l’avant-garde de la technologie, où les médias de tous genres occupent une place de choix dans le quotidien d’une grande majorité de citoyens, il est primordial de se questionner à savoir si nos enfants sont suffisamment outillés pour naviguer sur le web en toute sécurité. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de créer un état de terreur ni de lancer une image défavorable des médias sociaux, il s’agit plutôt de conscientiser, d’informer les enfants et les adolescents face aux dangers potentiels auxquels ils sont exposés lorsqu’ils utilisent leur ordinateur.

    Voici donc, quelques stratégies d’intervention toutes simples qui permettront à vos enfants et adolescents d’être plus alertes et avertis lorsqu’ils s’aventurent dans le monde des multimédias!

    1. DISCUTEZ OUVERTEMENT AVEC VOS ENFANTS ET VOS ADOS!

    La communication est essentielle pour établir un climat de confiance avec vos enfants, principalement parce la communication est considérée comme étant un besoin physiologique chez l’être humain, car les informations recueillies à travers les échanges construisent la connaissance de soi et forgent l’identité (DeVito, Chassé, Vezeau, 2008). N’hésitez donc pas à discuter ouvertement et «sans tabous» avec vos enfants, et ce, malgré le fait que certains sujets, dont celui des agressions à caractère sexuel, peuvent parfois créer un inconfort, voir un petit malaise. Si tel est le cas, je vous conseille de verbaliser les faits de manière claire et simple, sans trop d’extravagances ou bien de détails en gardant en tête que l’important est d’informer tout simplement! Si vous ressentez tout de même un malaise à entamer la discussion à ce sujet, vous pouvez toujours faire appel à des intervenants formés ou bien à des policiers communautaires de votre quartier. Qui plus est, n’ayez pas peur de demander à vos enfants ce qu’ils ont appris d’intéressant aujourd’hui sur le net, demandez leur ce qui a piqué leur curiosité, s’il y a des sujets auxquels ils aimeraient obtenir plus d’informations, bref, entrez en communication avec vos jeunes, permettez leur de dialoguer et d’échanger, mais surtout faites leur comprendre qu’ils peuvent compter sur vous s’ils ressentent le besoin d’être écoutés ou informés.

    2. ÉTABLISSEZ DES CONSIGNES ET DES RÈGLES CLAIRES!

    Assoyez-vous en famille et établissez ensemble des consignes et des règles claires en ce qui a trait à l’utilisation du matériel informatique (ordinateur, tablette, etc.) à la maison. Par exemple, vous pouvez décider d’installer l’ordinateur familial à un endroit visible de tous, ou encore allouer des périodes fixes réservées à l’usage des réseaux sociaux. Le but n’étant pas ici de restreindre entièrement l’accès au web et à son contenu, mais bien de réussir à établir des règles qui permettront une meilleure gestion de l’information recueillie et assimilée par vos enfants, puisque c’est de cette façon que vous serez en mesure de valider la dite information ou, au contraire, d’apporter les correctifs nécessaires, afin d’éviter que vos enfants soient leurrés et ainsi exposés à des dangers potentiels. Enfin, gardez toujours en tête qu’une approche favorisant l’échange et la communication vous sera davantage favorable qu’une approche restrictive et moralisatrice.

    3. SENSIBILISEZ VOS ENFANTS ET ADOS À L’IMAGE QU’ILS PROJETTENT SUR LE WEB!

    C’est maintenant connu de tous, la tendance est au «selfie»! Pour les parents qui ne seraient pas encore au courant de ce mouvement planétaire, il s’agit en fait de se prendre soi-même en photo et de la publier instantanément sur les réseaux sociaux. Bien que cette activité puisse paraître totalement banale au premier regard, il ne va sans dire qu’elle peut également exposer aux dangers potentiels du web. En fait, une stratégie d’intervention efficace pour contrer cette exposition serait de tout simplement sensibiliser vos enfants et vos adolescents à l’image qu’ils projettent d’eux-mêmes sur le web. Tout d’abord, soyez des modèles! En fait, les enfants apprennent par imitation, ils sont instinctivement tentés de reproduire vos gestes et vos actions. Donc, en affichant vous aussi une image respectueuse à travers les photos que vous publiez sur les réseaux sociaux, vous favoriserez, de ce fait, l’apparition du même comportement chez vos enfants et vos adolescents! Qui plus est, enseignez leur à apprécier la personne qu’ils sont, travailler avec eux à développer une estime personnelle basée avant tout sur le respect de soi et l’autorégulation, c’est-à-dire un contrôle interne de ses comportements en fonction des attentes sociales (Papalia, Olds, Feldman, 2010). De cette façon, votre enfant ou votre adolescent sera en mesure d’intérioriser une image de soi selon ses propres valeurs et convictions, au lieu de constamment chercher l’approbation et la valorisation de leur image par les pairs.

    Sources:
    Ministère de la Sécurité publique du Québec, Gouvernement du Québec (2016). Statistiques 2014 sur les infractions sexuelles au Québec. Repéré à http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/publications-et-statistiques/infractions-sexuelles/2014.html
    DeVito, J.A., Chassé, G., Vezeau, C. (2008). La communication interpersonnelle (2e éd.). Québec, Canada: Les Éditions du Renouveau Pédagogique Inc.
    Papalia, D.E., Olds, S.W., Feldman, R.D. (2010). Psychologie du développement humain (7e éd.). Montréal, Canada: Chenelière McGraw-Hill.