• Il fait de grosses crises de colère

    Bonjour,

    Mon fils de 2 ans et 8 mois fait de grosses crises de colère quand il se fait dire « NON ». Nous avons tout essayé ; les retraits dans un coin, l’ignorance, lui parler doucement pour lui faire comprendre ce que nous attendons de lui, mais rien ne marche à part si nous cédons. Il en vient même à faire des « presque » crises d’hyperventilation. Tout ça depuis 1 semaine, même la nuit il se réveille en pleurant au meurtre et la seule manière de le calmer est de faire dodo avec lui dans son lit. Mon Conjoint ne peut jamais intervenir, car mon fils veut seulement MAMAN. Je suis enceinte de 6 mois et je commence à perdre patience.

    Nous ne savons plus quel moyen utiliser, ni comment s’y prendre. Je sais que j’ai un très bon garçon, mais j’ai besoin d’aide!!

    Merci Beaucoup

    Une Maman désespérée


    Bonjour,

    Avant de vous répondre, j’ai envie de vous demander « comment allez-vous ? », car lorsque vous recevrez ma réponse, vous serez peut-être sur le point d’accoucher. Je vous pose cette question, car en lisant votre courriel, j’ai senti combien vous étiez fatiguée et sûrement dépassée par les crises de colère et les réveils de votre petit garçon la nuit.

    • Vous dites que cette situation dure depuis une semaine, est-ce que cela s’est déjà produit avant?
    • Qu’est-ce qui pourrait avoir changé dernièrement et qui aurait comme effet d’augmenter ou de faire apparaître ces comportements?
    • Pourrait-il sentir les changements liés à votre grossesse, à la venue du nouveau bébé?

    Selon la situation que vous m’avez décrite, votre petit garçon vous exprime un besoin, un malaise qu’il ressent.

    Il faut aussi tenir compte de l’étape où il est rendu dans son développement. Si je me fie à la description que vous me faites, cela ressemble aux comportements d’un enfant qui est dans sa phase « terrible two » : ses crises de colère lorsque vous lui dites « non », ses fortes réactions émotionnelles, ses cris, ses pleurs, son hyperventilation… le tout ajouté à son tempérament et aux facteurs environnementaux. Ce joli petit cocktail peut mettre la patience à l’épreuve de bien des parents.

    Comme chaque enfant a son tempérament et qu’il se développe selon son propre rythme, il vit  cette étape, soit en faisant seulement quelques petites crises, ici et là, soit en en faisant plus régulièrement, de façon plus ou moins intense. Il acquiert de l’autonomie et commence à s’affirmer. Il découvre ce qu’il est capable de faire maintenant et ce qu’il a envie de faire seul sans papa et sans maman.

    Bien sûr, on ne peut pas toujours leur dire « oui » et on ne peut pas non plus leur dire toujours « non ». Prenez un moment pour observer à quelle demande vous dites « non »; on le dit souvent instinctivement sans trop savoir pourquoi. Il s’agit de trouver un équilibre entre les deux.

    Comment?

    En le faisant  participer aux activités quotidiennes, en lui demandant de vous aider. Les tout-petits adorent ça.

    Offrez-lui la possibilité de faire des choix; deux choix sont suffisants et peuvent satisfaire son besoin d’avoir un certain contrôle sur sa vie. Est-ce que tu veux boire du jus de pomme ou du lait? Est-ce que tu veux mettre ton chandail avec l’auto ou celui avec le camion?

    Apprenez-lui à vivre des délais et à tolérer la frustration. Il veut quelque chose? Ne lui donnez pas toute suite, faites-le patienter. Il veut un jouet et vous êtes occupée à faire autre chose? Dites-lui que vous avez entendu sa demande puis répondez ceci : « Est-ce que tu veux ton camion (il est rangé sur une tablette qui n’est pas à sa hauteur)? Maman va te le donner lorsqu’elle aura terminé de plier ces trois chandails. S’il vous fait une belle demande sans crier et pleurnicher, terminez ce que vous faites et donnez-lui ensuite son camion. Félicitez-le d’avoir été patient. Au fil du temps, rallongez peu à peu le temps d’attente.

    Vous mentionnez avoir essayé plusieurs moyens d’intervention sans succès. Ceux  que vous avez utilisés sont très bons. Le succès peut dépendre de la cohérence, de la clarté des demandes et des attentes que vous avez, de la constance et de l’énergie que vous y mettez. Cela peut parfois être exigeant. On a envie de laisser tomber, mais cela vaut la peine de poursuivre vos efforts.

    Lorsque la crise est inévitable, il est d’abord important de mettre des mots sur ce qui se passe. « Tu es fâché ou en colère parce que je t’ai dit non. Je comprends, tu as le droit. » N’essayez pas de le raisonner, cela serait inutile; il n’a pas encore développé la maturité nécessaire pour comprendre ce qui lui arrive. Gardez un ton neutre et éloignez-vous ensuite. Il finira par se calmer. Il se peut que l’intensité des crises augmente au début, c’est normal puisqu’il exprime son désaccord et sa frustration par rapport au « non » que vous venez de lui dire. Une fois qu’il est calmé, allez le voir et félicitez-le; ensuite, passez à autre chose.

    Vous dites que votre enfant ne laisse pas votre conjoint intervenir, qu’il veut seulement sa maman. Vous semblez prendre beaucoup cette responsabilité sur vos épaules. Qu’est-ce qui fait que votre enfant souhaite que ce soit seulement vous qui interveniez? Est-ce parce que c’est vous qui cédez plus facilement à ses demandes ? Quelle place laissez-vous au père? Vous l’avez dit vous-même, vous êtes fatiguée et n’avez plus de patience. En faisant équipe avec votre conjoint, vous trouveriez sans doute cette période moins difficile. Essayez de demander à des gens dans votre entourage, à des membres de votre famille, à des amis ou à d’autres personnes de prendre la relève pour vous permettre de prendre un peu de temps pour vous, du temps en couple. En prenant soin de vous, vous serez alors en mesure d’être plus confiante et disponible pour votre enfant et aussi pour le nouveau bébé.

    En ce qui concerne ses réveils la nuit, il est possible que ce soit des cauchemars ou des terreurs nocturnes. Voici d’autres pistes de réflexion que vous pouvez examiner avec votre conjoint.

    • Y a-t-il une routine du coucher et comment se déroule-t-elle?
    • S’endort-il seul ou a-t-il besoin d’une présence?
    • A-t-il une suce, un doudou?

    Chaque personne à ses petites habitudes pour s’endormir et les enfants aussi a les leurs. Certaines les aident, mais elles peuvent parfois créer une dépendance. Par exemple, le bébé qui s’endort avec sa suce et qui la réclame 10 fois durant la nuit parce qu’il l’a perdue. À ce moment-là, l’enfant développe une dépendance envers sa suce et le parent qui vient la lui redonner. Une mauvaise habitude s’installe, s’en suit alors un cercle vicieux qui sera difficile à défaire surtout s’il est répété sur une longue période. Dans votre cas, quand il se réveille, la seule option possible pour vous est de dormir avec lui dans son lit pour qu’il se calme et se rendorme. Votre enfant comprend alors que, chaque fois qu’il se réveille en pleurant ou en hurlant, maman accourt à ma rescousse parce que je n’arrive pas à faire face à mes peurs.

    Puisque vous mentionnez que ses réveils nocturnes semblent se produire depuis seulement une semaine, je vous suggère de ne pas trop y accorder d’attention. Vous pouvez, vous ou votre conjoint, allez le voir pour le rassurer, lui donner, s’il en a un, son objet de transition, soit son doudou ou son toutou, lui offrir un peu d’eau et lui faire comprendre calmement qu’il devra se rendormir seul. Au début, vous pouvez rester près de lui, mais graduellement vous éloigner de son lit et réduire le temps que vous passez près de lui.

    Donc, une routine du soir stable (bain, histoire ou chanson…) avec des heures de coucher fixes. Terminez en lui souhaitant bonne nuit toujours de la même façon et dites-lui que vous allez vous revoir demain matin.

    J’espère que ces pistes de réflexion et ces suggestions vous aideront un peu. Si, toutefois, la situation continue d’être difficile, n’hésitez pas à faire appel à un coach de votre région qui pourra vous guider.

    Outils pédagogiques pouvant vous être utiles: