• Il ne parle pas et ne dort pas!

    Bonjour,

    Je m’adresse à vous en désespoir de cause et au bout du rouleau…. Mon petit garçon de  2 1/2 ans refuse de s’endormir seul. Depuis la naissance, je l’ai toujours bercé en chantonnant et en le caressant. C’était gérable tant qu’il était encore dans son lit à barreaux. Cependant, il a trouvé le moyen d’en descendre et nous avons donc décidé de le faire dormir dans un lit de « grand » afin d’éviter une mauvaise chute. Depuis ce jour, il descend  10, 20, 30 fois!! L’endormissement prend 1h voir 2h. Cela dure depuis des mois et nous sommes épuisés. Rien n’y fait, la gentillesse, la fermeté ou la petite tape aux fesses (et je ne suis pas pour ce genre de comportement!).

    Quand nous restons dans sa chambre avec lui, il bouge dans tous les sens dans son lit, allume la lumière, chante, se laisse glisser de son lit sur son tapis, bref tout ce que son imagination peut mettre en oeuvre pour éviter de dormir. Nous avons vu 1 psychologue 3 fois et  à part faire culpabiliser les parents en général et la mère en particulier, cela n’a rien donné. C’est un petit  garçon en pleine forme et vivant. Il escalade et grimpe sur tout ce qu’il trouve, ouvre les fenêtres, les robinets, bref,  très en avance sur le plan psychomoteur mais il ne parle pas …. pas un mot à part:  “papa”, “aïe”, “ça y est”, “e’ci”. Rien de suffisant en tout cas pour verbaliser ses angoisses (s’il en avait)!

    Il commence à être propre. Je suis en congé parental et il est avec moi tout le temps mais dans l’optique de la rentrée prochaine, je l’ai mis 2 demi-journées en halte garderie. Je ne sais plus quoi faire et je me sens complètement désemparée. Est-ce de ma faute? Pourquoi ne s’endort -il pas comme ses soeurs le faisaient?  Pourquoi ne parle -t-il pas? Aidez-moi s’il-vous-plaît …. Une maman désemparée.


    Bonjour,

    D’abord, je comprends que vous viviez une période difficile en ce moment. Les troubles du sommeil chez le bébé et l’enfant font partie de la vie. Ils peuvent survenir à différentes périodes de leur développement physique ou psychique et être particulièrement intenses durant plusieurs jours et nuits (poussées dentaires, maladies, douleurs…). Ceux-ci peuvent aussi apparaître lorsque l’enfant se trouve dans une période importante de sa vie : apprentissage de la marche, du langage, de la propreté, entrée à la garderie, arrivée d’un nouveau bébé dans la famille, deuil, déménagement… Prenez un moment pour observer quels sont les évènements ou les étapes vécus actuellement par votre enfant.

    En lisant votre courriel, j’ai relevé quelques exemples : Il refuse de s’endormir seul. Jusqu’à maintenant, vous avez toujours accompagné votre fils dans son endormissement. Maintenant, il doit apprendre à le faire sans ses parents, à vivre cette séparation… Il descend de son lit plusieurs fois, chante, joue, allume les lumières. En retardant le moment de s’endormir, est-ce possible qu’il retarde le moment où vous allez quitter sa chambre en essayant par toutes sortes de moyens d’attirer votre attention ? Quels autres apprentissages est-il en train de faire ? Est-ce l’apprentissage de la propreté, du langage, ses deux demi-journées à la halte-garderie ?  À vous de trouver. Rassurez-vous, je ne vous dis pas cela pour que vous vous culpabilisiez mais seulement pour vous guider dans votre réflexion. Que pouvez-vous faire ? Clarifier les attentes que vous avez envers lui pour ce qui est de l’heure du coucher. Dites-lui comment cela se passera à partir de maintenant.  Lorsque la routine est terminée, dites-lui que vous voulez qu’il reste dans son lit pour dormir. S’il se relève, raccompagnez-le à son lit en lui disant d’y rester et que c’est l’heure de dormir. Il se relève une deuxième fois ?

    Réduisez votre discours :  « Dans ton lit, dodo » et sortez. Peut-être va-t-il essayer encore plusieurs fois mais ne cédez pas. Restez constante en maintenant la même routine, soir après soir. En optant pour une seule stratégie pour l’heure du coucher, il sera davantage rassuré et saura ce que vous attendez de lui. Vous vous demandiez également pourquoi votre enfant ne parle pas ou dit que très peu de mots. Bien qu’il y existe des repères sur lesquels nous pouvons nous baser pour évaluer à quel stade notre enfant est rendu dans son développement, nous devons garder en tête que chaque enfant est unique et qu’il suit son propre rythme. Par contre, lorsque l’écart semble trop grand lorsqu’on observe les autres enfants de son âge, il est peut-être préférable de suivre son instinct et de consulter.

    En attendant, voici quelques pistes pour l’aider et le stimuler : -Lisez-lui des livres contenant beaucoup d’images et de couleurs. -Utilisez des mots simples mais les bons (manger, jouer, auto…) -Répétez les mots sans exiger qu’il les répète à son tour pour ne pas le décourager et lui faire perdre l’envie de communiquer. -Laissez-lui du temps pour vous faire une demande, ne devinez pas. S’il n’arrive pas à vous le dire, encouragez-le à vous montrer ce qu’il veut, puis, lorsque vous avez trouvé, nommez l’objet. Exemple : Il vous pointe les céréales dans le haut de l’armoire. « Ha, tu veux des céréales ? » -La garderie peut être un bon moyen de le stimuler aussi. Bonne chance.