Cliquez ici

Je perd totalement patience!

Je perd totalement patience!

Bonjour,

J’aimerais avoir des trucs pour rester « zen » et calme devant les crises de mon garçon de 6ans. Je sais très bien qu’il fait ça pour avoir mon attention et aussi car il sait que ça me dérange (sinon il ne le ferait pas). Mais rendu au moment de la crise, j’ai beau savoir que c’est un enfant et que c’est à moi de donner l’exemple, je n’y vois plus clair! Je perd totalement patience et je suis incapable de garder mon sang froid. Une boule de colère monte en moi, et je cris presqu’aussi fort que lui pour qu’il m’entende quand je lui parle, ce qui est totalement ridicule et je le sais mais plus fort que moi. 🙁  Malgré le fait que je suis consciente de tout ça, je n’arrive pas à garder mon calme et ça me désole. Ce cirque dur depuis longtemps déjà, et on dirait que je n’ai plus du tout de patience envers lui. Je sais bien, que si je règle le problème de mon coté, il va probablement diminuer ses crises car il verra que ça ne m’affecte pas. Des trucs svp!!!

Merci


Bonjour,

Mon premier réflexe est de vous souhaiter la bienvenue dans le Club Caroline!  En effet, beaucoup de parents vivent la même situation, mais n’en sont pas conscients ou n’osent pas en parler. Votre question va toucher plus d’un parent, croyez-moi.

Mon deuxième réflexe (de coach) est d’avoir envie de vous demander qu’elles sont les circonstances des crises dont vous faites référence dans votre question.  En effet, le premier élément à considérer devant une crise est : pourquoi? Autrement dit, quel est l’élément déclencheur de la crise (la raison de la crise).

Voici donc, pour vous, 3 raisons possibles pour que votre enfant « pète sa coche » et les 3 manières de rester zen face à ces situations.

1-     Votre enfant « pète sa coche »  parce qu’il est frustré devant votre refus catégorique ou votre fermeté :

Généralement, si vous n’y accordez  pas votre attention, ces crises dureront de quelques secondes à quelques minutes et s’estomperont d’elles-mêmes.

Toutefois, puisque vous m’avez demandé des trucs pour demeurer zen, alors en voici une liste allant des plus sérieux aux plus loufoques. Souvenez-vous toutefois que le but premier derrière tous ces trucs est de faire diversion et de changer le mal de place afin de ne pas permettre à vos émotions de s’installer en vous.

Un effet collatéral de l’utilisation de ces trucs sera de déstabiliser votre enfant et de porter son attention sur ce que vous faites au lieu de l’inciter à poursuivre sa crise.

Les classiques :

  • Prendre 5 grandes inspirations et expirer doucement entre chacune d’elles
  • Sortir et faire 2 fois le tour de la maison et revenir
  • Monter et descendre les escaliers 2-3 fois
  • Aller à la salle de bain et s’éponger le visage avec une serviette d’eau chaude

Ceux que l’on connaît moins :

  • Respirer une odeur que l’on aime et juge apaisante, par exemple, prendre 5 bonnes « snife » du pot de café.
  • Téléphoner à un parent ou un ami et ventiler.
  • Mettre vos écouteurs et écouter votre musique préférée avec votre lecteur mp3

Les plus loufoques et audacieux :

  • Sortir feuille et papier et prendre en note ses objections, quand il a terminé, lui demandé s’il a autre chose à ajouter. Une fois qu’il a dit ce qu’il avait à dire, lui expliquer simplement et calmement ce que vous attendez de lui.
  • Vous croisez les bras et sifflez jusqu’à ce qu’il se calme.
  • Sortir l’appareil photo et lui montrer comme il est beau lorsqu’il est en colère.
  • Faire semblant de chercher… Vous cherchez à savoir pourquoi il fait une crise!

ET…La « cerise sur le Sunday »…  Ma meilleure et la plus loufoque : faites comme cette mère dans l’annonce de Vicks première défense

 

 2-     Votre enfant « pète sa coche » parce qu’il ressent une injustice ou il a une divergence de point de vue avec vous et ne sait pas comment l’exprimer.

Puisque l’enfant ne maîtrise pas toutes les subtilités du langage verbal comme avoir les mots justes, le ton ou le débit, il éprouve une certaine difficulté à exprimer convenablement (en mot) ce qu’il ressent. L’escalade survient parce que l’enfant se met à crier pour être entendu de ses parents et les parents parce qu’ils se laissent envahir par leurs émotions et veulent, eux aussi, être entendus. Chacun voulant convaincre l’autre d’avoir raison.

Les trucs pour demeurer zen dans ce genre de situation sont de commencer par bloquer l’intensité de l’émotion montante par l’un des trucs énumérés ci-haut. Ensuite, tout en demeurant calme incitez votre enfant à se calmer à son tour. Pour y parvenir, vous pouvez :

  • Lui demander doucement de se calmer parce que vous voulez discuter avec lui. Répétez la consigne (que ça, et pas d’autres mots) autant de fois qu’il sera nécessaire pour que votre enfant se calme.
  • Enlacer votre enfant dans vos bras et lui murmurez à l’oreille la consigne de se calmer, car vous voulez discuter avec lui.
  • Une fois que votre enfant est calme. Revenez, chronologiquement, sur les événements qui ont précédé la crise. Voici un exemple :

« Je t’ai donné ta vitamine du matin et tu t’es fâché, pourquoi? Tu n’étais pas prêt? Tu voulais la prendre toi-même? Ah bon! Ce n’était pas la bonne couleur! La prochaine fois, au lieu de te mettre en colère et crier, je veux que tu me dises calmement : « Maman, je pense que tu t’es trompé! J’ai eu la vitamine orange hier, aujourd’hui c’est au tour de la mauve! » Ça m’arrive de me tromper, tu sais…pas besoin de te fâcher pour autant. »

3-     Votre enfant « pète sa coche » parce qu’il sait que vous cèderez (forme de manipulation)

Ces types de crises sont répétitives et elles s’identifient facilement par la phrase suivante : Chaque fois que…., c’est la crise! Par exemple, chaque fois que je lui demande de faire ses devoirs , c’est la crise.  Posez-vous ensuite la question suivante : qu’est-ce que mon fils gagne en faisant sa crise? Vous me dites qu’il fait ses crises pour vous déranger. Certes, mais quel est son gain au bout du compte lorsque la crise est terminée?

Prenons l’exemple suivant :

Chez les Tremblay c’est toujours la même routine. On arrive du travail et de l’école. Antoine joue pendant que sa mère prépare le souper. Ensuite c’est les devoirs, le bain, l’histoire avec papa et le dodo. Hors, malgré la routine, Antoine à l’habitude de faire une crise chaque fois que sa mère lui demande de faire ses devoirs.

  1. Elle se laisse envahir par sa boule de colère.
  2. Elle se met à crier tout comme Antoine.
  3. La mère d’Antoine finit par l’envoyer dans sa chambre réfléchir.

Quels sont les gains d’Antoine ? Lorsque sa mère l’envoie dans sa chambre pour réfléchir, Antoine en profite pour jouer ou relaxer (voici son véritable gain).

Pour rester zen dans ces cas là, assumez votre faiblesse et accordez-lui son gain. De toute manière il l’obtiendra quand même.

Offrez, autant que possible, 2 choix à votre enfant sur la manière de se procurer son « gain » et les conséquences du non-respect de l’entente. Par exemple : « Aujourd’hui Antoine, avant de faire tes devoirs, je t’offre 2 choix. »

1. Tu fais tes devoirs immédiatement, sans crise et lorsqu’ils seront terminés, je vais te permettre de jouer dans ta chambre quelques minutes avant de prendre ton bain. Cependant, si tu fais une crise, tu perdras ton privilège de jouer dans ta chambre. Est-ce bien clair?

ou

 2. Tu joues 15 minutes et tu feras tes devoirs immédiatement après. Si tu fais une crise, tu perdras le privilège de te faire raconter une histoire par papa avant d’aller dormir. Est-ce bien clair?

Alors Antoine, quel est ton choix?

Voilà Caroline, j’espère bien avoir réussi à vous rendre plus zen! Si vous avez besoin d’aide pour identifier les types de crises auxquels vous faites face, si vous avez des besoins particuliers dans la gestion des crises ou dans la mise en application des trucs n’hésitez pas à consulter un coach familial près de chez vous!

Outils pédagogiques pouvant vous être utiles:

 

Autres références pertinentes :