• Il hurle si je ne l’ai pas dans les bras !

    Bonjour,

    Je vis à la maison une situation qui me rend malheureusement les nerfs à bout, et ce, depuis un certain temps. Donc je prends une chance, en espérant trouver des réponses qui pourront me guider!

    Nous avons deux garçons qui auront 4 ans et 2 ans en octobre. Mon plus jeune a constamment besoin d’être dans mes bras. Si je ne suis pas disponible – le plus souvent lorsque je prépare les repas – il se coince entre moi et le comptoir et hurle en me poussant de toutes ses forces, sans arrêt. Je lui explique que je le prendrai aussitôt que je le pourrai, j’essaie de le faire participer à mes activités, je lui propose de grimper sur un banc pour voir ce que je fais, je lui propose de jouer avec son grand frère ou d’aller voir son père, rien ne le satisfait. Lorsque j’ai une minute, je le prends en lui demandant d’arrêter de pleurer, et il réussit. Lorsque je dois le déposer par terre, je lui explique à l’avance que j’ai besoin de mes deux mains! Il recommence ensuite le même comportement. Cette situation perdure depuis plusieurs mois. Mon grand garçon était pareil, il n’a pas eu le choix de se séparer un peu à la venue du bébé (ce qui avait d’ailleurs été très difficile pour lui!). Mon plus jeune est aussi très jaloux/possessif: aussitôt qu’il me voit m’occuper de mon grand, il arrive en chignant et me réclame, souvent en poussant ou en frappant son grand frère ou moi-même.

    Les dodos se passent bien. J’ai toutefois vite appris à le laisser pleurer pour qu’il se rendorme, car il se réveillait en pleurant de plus en plus tôt, jusqu’à 4h du matin (vers l’âge de 11 mois). Il a conservé l’habitude de se réveiller tôt, mais j’ai installé une barrière dans le cadre de sa porte. Il se lève, pleure quelques minutes, puis retourne se coucher et se rendort. Je ne sais pas si cela a un quelconque rapport, mais depuis qu’il est né, il se réveille toujours en pleurant, très rarement de bonne humeur.

    Avec ses grands-parents, c’est autre chose. Il n’a pas du tout ce comportement. À la garderie non plus, son éducatrice me dit qu’elle ne l’entend jamais pleurer! Il s’occupe tout seul à jouer. Il ne parle pas encore (seulement quelques mots que nous comprenons), mais il semble parfaitement bien nous comprendre. J’aimerais tellement savoir ce que je fais d’incorrect, si je dois le laisser pleurer tout en le rassurant, ou si je dois le prendre autant que je le peux et que ça passera… Je suis une personne très patiente, mais je me sens de plus en plus incapable de supporter ses pleurs… ça me rend très irritable. Je suis d’autant plus incapable de vaquer à mes occupations. Il m’est impossible de faire simplement la vaisselle ou d’aller à la toilette sans qu’il hurle en me poussant et en me frappant jusqu’à ce que je le prenne. Je n’ai pas d’aide non plus au quotidien à la maison, le papa est souvent absent. Lorsqu’il est présent, le petit ne veut pas aller le voir.

    J’espère que j’ai énoncé clairement ma situation, je vous remercie de prendre le temps de me lire et de me donner des conseils, ou sinon de me suggérer un article!

    Merci


    Bonjour à vous,

    Tout d’abord, je tiens à vous mentionner que le rôle de parent n’est certes pas chose facile. Mais je vous rassure car vous venez de faire les premiers pas vers la réussite. Reconnaître que l’on vit une situation problématique ou difficile est le signe que l’on est prêt à modifier ou améliorer une situation. En tant que parent, on désire ce qu’il y a de mieux pour nos enfants. Mais d’arriver à tout comprendre est souvent un chemin très ardu!

    Les enfants nous parlent et nous dévoilent leurs besoins à l’aide de divers comportements qui sont souvent inadéquats, vu leur immaturité émotionnelle. C’est donc à nous, parents, que revient la tâche d’observer et de reconnaître ce que notre enfant cherche à nous faire comprendre. Il va de soi que ce n’est pas sans égratignure ni combat, mais rappelez-vous qu’il est en apprentissage et que c’est votre rôle de le guider, de le soutenir tout au long du processus qu’est l’enfance!

    J’aimerais, dans un premier temps, vous énumérer quelques observations que vous pouvez faire afin d’améliorer votre qualité de vie avec votre petit trésor. Posez-vous les questions suivantes:

    • Quel besoin mon enfant cherche-t-il à combler? A-t-il besoin d’attention, de repos, de sécurité? Veut-il se faire consoler?
    • À quel moment de la journée le comportement est-il le plus présent?
    • Avez-vous un moment privilégié et de qualité tous les jours avec lui? (Environ 5 à 15 minutes)
    • Émettez-vous des consignes claires et précises?
    • Avez-vous déterminé des limites claires, constantes et cohérentes et ce, tous les jours?
    • Que signifient votre non-verbal, votre posture et votre timbre de voix dans la situation problématique?
    • Votre enfant est-il capable de jouer seul?

    Ces observations vous aideront à cibler le(s) besoin(s) non comblé(s) et à mieux comprendre le comportement de votre enfant. De plus, elles vous guideront dans l’élaboration de stratégies efficaces et cohérentes pour aider votre enfant dans ses apprentissages.

    Vous dites que vous avez essayé de l’intégrer dans vos activités mais que rien n’y fait. Vous l’avez laissé pleurer mais vous finissez par le prendre dans vos bras et il arrête immédiatement ses pleurs. Je vous suggère maintenant de lui faire vivre des petites périodes d’attente et ce, pour chaque demande. Celles-ci l’aideront à développer sa patience et du fait même, sa capacité à attendre. Je vous recommande de lui proposer des activités qu’il affectionne pour ainsi favoriser une participation active et positive. Par exemple, il pourra s’occuper avec ses jouets préférés. Jouer dans l’eau avec différents outils de cuisine pourrait être une excellente idée. Vous devez continuer à lui dire que vous êtes là, près de lui, mais que présentement, vous êtes occupée et que lorsque vous aurez terminé, vous pourrez prendre soin de lui. De plus, je vous recommande de mettre en images ce qu’il peut faire lorsque vous n’êtes pas disponible et de le verbaliser pour lui. Le fait d’avoir un appui visuel et auditif ajoute une chance supplémentaire à la réussite. Bien sûr, vous devez être consciente que lorsque vous débuterez ce processus, vous devrez être vigilante et constante jusqu’au bout. Et ce, de 21 à 30 jours minimum!

    Ayez une main de fer dans un gant de velours, démontrez-lui une autorité bienveillante pour l’apaiser et le sécuriser. De plus, ces interventions vont lui permettre de constater votre assurance et votre solidité en tant qu’adulte. Il pourra donc vous faire confiance et s’appuyer sur vous en toute circonstance, sans toujours chercher une faille.

    Émettez un ‘’non’’ ferme et mentionnez-lui ce qu’il peut faire. Amenez-le à regarder les images de ce qu’il est en droit de faire lorsque vous êtes occupée. Ayez des directives positives. Offrez-lui deux choix pour parvenir à la consigne. Par exemple: “Je suis en train de préparer le repas et je vais te prendre lorsque j’aurai terminé. Toi, pendant ce temps, tu peux soit jouer dans l’eau avec les bols, la cuillère et la tasse à mesurer ou soit faire une tour en Légo. Qu’est-ce que tu choisis?”

    Si la problématique perdure, vous pouvez également consulter un coach familial du réseau Nanny Secours qui se fera un plaisir de vous aider à mettre en place avec vous et votre famille, un plan d’action adapté! Je vous souhaite bon succès!