• 6 trucs pour éviter de chuter dans le gouffre du « burn-out » maternel

    Notre société véhicule actuellement un message très clair, mais non sans répercussion, au sujet de la maternité. La mère d’aujourd’hui c’est une « super maman »! Cette belle héroïne aux cheveux soyeux resplendit sous les feux incessants de la maternité parfaite. Elle file le bonheur rêvé avec ses rejetons qu’elle nourrit bio et qu’elle éduque à merveille, livre éducatif à l’appui, en gardant toujours sa bonne humeur habituelle.
    Elle reprend sa taille de guêpe dans les 2 mois, maximum, qui suivent l’accouchement. Après tout, Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, et, même dans un registre plus proche, notre Véronique Cloutier nationale ont toutes su reprendre leur taille dans un délai rapide! C’est une femme éduquée, sexy, mais pas trop bien sûr, qui porte des vêtements tendance dont le sac à couches s’harmonise parfaitement avec son style.
    C’est aussi une sportive qui fait du jogging cheveux au vent avec bébé stylisé à l’intérieur de la dernière poussette « runner » multifonctions de l’heure. Même au lit, c’est presqu’une déesse, sa libido est toujours au rendez-vous et son périnée s’est rétabli à la vitesse de l’éclair suite à l’accouchement.

    D’autre part, cette image caricaturée, à peine exagérée, de la « super maman » s’imprègne plus ou moins consciemment dans le cerveau des mères. Pour certaines, la pression s’accumule et le sentiment de ne pas être à la hauteur commence à faire surface. Elles peuvent même finir par croire qu’elles vivent un échec comparativement à cette vie maternelle où le bonheur devrait naturellement jaillir de toutes parts. Lorsque la culpabilité ainsi que les sentiments négatifs envers soi-même augmentent et que la fatigue autant physique que mentale se met de la partie, c’est le « BURN-OUT » MATERNEL qui guette ces merveilleuses mamans tout simplement au bout du rouleau. Le « burn-out » maternel c’est l’épuisement qui peut frapper à n’importe quel moment dans la vie d’une mère. Il peut arriver lorsqu’on a un jeune bébé, mais il peut aussi bien arriver lorsque les enfants sont en âge scolaire… À force de tout vouloir faire à la perfection pour se prouver à soi-même et aux autres, plusieurs mamans finissent inévitablement par s’épuiser…

    Voici donc quelques trucs à mettre en pratique pour éviter d’être prise au piège par ce sournois et vilain « burn-out » maternel :

    1. Faire le deuil de la mère parfaite ou sinon accepter que vous êtes absolument parfaite avec vos imperfections! En cassant cette image fantasmée de la « super maman » beaucoup de tensions intérieures risquent de s’envoler du même coup. Cette caricature maternelle, laissez-la pour les publicités, mais elle est totalement interdite dans votre foyer, c’est l’ennemi numéro 1 de la maman zen! En diminuant vos attentes envers vous-même, vous augmenter votre sentiment de compétence et diminuer votre niveau de stress quotidien. Toutefois, vous pouvez encore prioriser certaines sphères de votre vie où ça vous importe davantage d’exceller. Si cuisiner santé est primordial pour vous, allez-y et donnez le tout pour le tout, mais il serait préférable alors de lâcher-prise dans les domaines moins importants à vos yeux comme le ménage par exemple. Ce qui importe c’est de différencier ce qui compte vraiment pour vous versus ce qui a moins d’importance et ensuite d’y mettre le temps approprié selon vos priorités. N’oubliez pas qu’une journée cumule seulement 24 heures!
    2. Déléguez encore et encore! Vous pouvez décider entre conjoints d’une répartition de tâches dans la maison et partager ensemble les responsabilités relatives aux enfants. N’hésitez pas à impliquer vos enfants dès leur plus jeune âge dans les tâches domestiques. En plus de vous permettre de respirer un peu, l’autonomie apprise durant ces tâches est aussi un beau cadeau qui leur sera utile et nécessaire à travers leur parcours de vie. Sollicitez l’aide de votre entourage, famille, amis et il vous est aussi possible d’utiliser les services d’une gardienne à domicile. Il peut parfois sembler difficile pour les mères de réaliser qu’elles ne sont pas les seules à pouvoir s’occuper adéquatement de leurs enfants. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, c’est une attitude préventive pour éviter des conséquences plus lourdes et ainsi permettre à la famille de garder un équilibre.
    3. Osez parler de votre réalité de mère! Le sujet devient graduellement de moins en moins tabou parce certaines mères se sont livrées en assumant haut et fort que leur parcours parental n’est pas toujours rose et que, oui, par moment on peut en avoir plein son casque! L’aventure maternelle c’est beau, en effet, mais c’est aussi difficile et exigeant par moment! Confiez-vous à une personne compréhensive ou si vous préférez être plus discrète l’option de faire partie d’un groupe virtuel de mamans sur le net peut être un bon choix. Ça soulage de se dévoiler et de voir qu’on n’est pas toute seule dans notre bateau. Les vagues ne sont jamais égales dans la traversée parentale, mais lorsqu’on regarde au loin, on se rend vite compte que les autres navires ne voguent pas continuellement sur des eaux calmes…
    4. Prenez du temps pour vous! Il est vrai que lorsqu’on est parent, le temps vient à manquer, mais dans le temps restant on peut se faire un devoir, voire même une obligation de s’accorder un petit moment cadeau. Pas besoin de faire une activité hors du commun avec des feux d’artifices en arrière scène, on fait simplement quelque chose qui nous plaît. On peut prendre un bon bain chaud quand la maisonnée dort, lire quelques pages de votre roman favori et pourquoi ne pas aller “zieuter” un peu sur Facebook, histoire de voir que sont devenus les gens les plus « hot » de l’époque de votre secondaire! Il faut seulement trouver une activité qui vous fait décrocher l’espace d’un moment de votre réalité de maman.
    5. S’organiser en passant par la maison, les devoirs jusqu’aux activités familiales. Le calendrier et les listes peuvent devenir vos meilleurs amis. En accrochant un calendrier sur le frigo à la vue de tous les membres de la famille, tout le monde peut s’y référer et noter leurs engagements. En l’affichant, vous aurez alors une meilleure vision d’ensemble de votre mois. Les listes, quant à elles, aident à ne rien oublier et permettent d’arrêter le “hamster mental” pour mettre vos idées sur papier. En s’organisant, on est plus efficace et par conséquent moins stressé parce qu’on a un meilleur sentiment de contrôle sur les tâches à exécuter.
    6. Dédramatisez en utilisant l’humour. L’arme secrète contre le stress s’appelle : l’humour. On en fait des gaffes quand on est parent et on va encore en faire. Eh oui, vous avez menacé l’aîné de ne plus jamais avoir de cadeau à Noël parce qu’il vous a manqué de respect! Ce n’était pas l’intervention idéale, et puis après, ça arrive… On prend du recul, on voit ce qu’on aurait pu faire à la place et on se dit qu’on pourrait essayer ça à l’avenir. Ensuite, on dédramatise en riant de la situation, ce n’était pas votre meilleure intervention, mais ça fait partie des choses qui surviennent dans une vie de parent. Nul besoin de se culpabiliser à l’infini, mieux vaut en rire parfois!

    Pour terminer, il est bon de se rappeler que la perfection de la maternité idéalisée n’existe que dans les fictions sociales. Chaque mère est unique pour ses enfants et c’est dans cette unicité que l’on retrouve un brin de perfection à travers chaque mère. Savourez vos différences, vos forces et parfois vos faiblesses pour ainsi colorer votre tableau parental avec vos propres couleurs!