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Les hommes battus; plus que vous ne le pensez!

Patrice Van DorpeBonjour à vous cher Homme… Cher Père … Je me présente à vous parfaitement imparfait. J’ai pavé mon chemin de route avec des expériences qui m’ont forgé et fait grandir à bien des niveaux.

J’aimerais aborder une expérience bien précise avec vous : La violence conjugale…!!! Je ne me pencherai pas sur le côté des femmes victimes de violence mais bien sur celui des hommes. Car oui il y en a… Votre interlocuteur en est la preuve vivante. À six pieds et 238 lbs oui, j’ai été victime de violence conjugale et ce, à deux reprises. Il m’a fallu plusieurs années afin de comprendre pourquoi j’ai eu à vivre ceci. J’ai dû faire face à ce fléau à travers les yeux de mes enfants… Et finalement, j’ai dû pardonner à celles qui m’avaient marqué à tout jamais.

Dans les deux cas, le quotidien en était venu à être un environnement très malsain dû à différentes raisons. Tranquillement, les paroles dures et irrespectueuses ont tracé le chemin de l’inévitable à la violence physique proprement dite. Des coups de poings en passant par de la vaisselle lancée en ma direction, au pot de mayonnaise en vitre et non de plastique…Et j’en passe! Différents sentiments et différentes émotions se mélangent durant ces moments où la crise fait rage. Entre l’incompréhension, la rage, la colère, la peine, se glisse la culpabilité. Et si je l’avais mérité? Suis-je une si mauvaise personne? Pourquoi moi? Tout défile à un rythme effréné. L’instinct de survie fini par se pointée et me chuchote à l’oreille : « protèges-toi… Défends-toi…!!! » Mais la raison à établi que ce n’était pas une option. Très simple en est la raison : parce que c’est une femme et d’où je viens on ne touche pas à une femme peu importe les circonstances.

Vivre des échecs ou des défaites fait partie du passage obligé que la vie nous impose. Mais qu’en est-il lorsqu’on est battu? Je crois personnellement qu’il n’y a rien de pire que d’avoir un tel sentiment à l’intérieur de soi.

Peu après la tempête estompée, la honte vient s’afficher à travers les marques encore bien visible à l’œil… Si j’en parle, je vais paraître faible. Je vais faire rire de moi… Je vais être jugé sur la place publique comme un éternel perdant…!!! Car oui, il faut se le dire, du jugement il y en a beaucoup. Surtout par ceux ou celles qui n’ont jamais vécu une telle situation. J’ai pris dix ans avant d’être capable d’en parler ouvertement. De ne plus avoir peur que quelqu’un se moque de moi au moment où ces mots sortiraient de ma bouche.

Il m’a fallu beaucoup de travail personnel et d‘introspection… De résilience et d’humilité pour y parvenir.

Ce qui a pesé plus longtemps dans la balance de la culpabilité a été ce que mes enfants, témoins des événements, allaient penser de leur père. Leur Super-héros, le plus fort d’entre tous… Allaient-ils penser que j’étais une mauviette…un bon à rien…??!!! Pendant les quelques années suivantes, à de multiples reprises, mes enfants me relataient les faits dont ils avaient été témoin… Comme si un fer rouge brûlant les avait eux aussi marqué à jamais.

Comment leur dire que papa n’est pas faible? Comment leur dire que jamais, ils ne devront accepter une telle situation dans leur vie respective? Je ne connais pas tous les rouages psychologiques qui existent pour pouvoir l’expliquer selon les règles de l’art… Mais j’ai tout de même réussi… Un petit pas à la fois… Un jour à la fois a permis d’estomper les images qui les habitaient.

Le temps a fini par accomplir son oeuvre. La délivrance, l’acceptation et la résilience ont orchestré le cheminement nécessaire à une nouvelle vie. Le pardon a été également une nécessité. Mais pas seulement à celles qui m’avaient changé mais envers moi-même. Ce dernier fut crucial, même plus que de leur pardonner à elles. De me redonner un amour vrai, propre, sincère et véritable fut pour ma part le point tournant. Car la vie m’avait appris que tout part de soi… Aime-toi avant d’être aimé et respecte-toi avant de l’exiger d’autrui.

Si, comme moi, vous avez vécu ou vivez présentement une telle situation, ne restez pas dans le silence et l’anonymat. Ne craignez pas le jugement. Nos peurs nous sont propre et nous leur en donnons la grandeur que nous voulons bien. Une peur reste une peur dans la plus pure image que cela implique.

Parlez, demandez de l’aide à un parent, un ami voir même un professionnel. Rester dans le silence, c’est donner raison à votre agresseur (se). Le ou la dénoncer c’est d’embarquer sur le chemin de la délivrance… Un chemin qui a pour destination une vie remplie d’un amour que vous ne pouvez vous imaginez mais auquel vous goûterez et en redemanderez…

Juste pour aujourd’hui… Juste pour maintenant, soyez amour envers vous-même. Il ne me reste qu’à vous souhaiter un très bon voyage…!!!