• J’ai l’impression que ça donne rien!

    J'ai l'impression que ça donne rien

    C’est fou comme l’histoire se répète ! Je viens d’avoir un flash, un coup de réalité, un petit choc. Je discutais dernièrement avec un de mes « ado bio et légal ». Vous savez le type d’ado qui a tout compris à la vie, mais qui ne comprend rien à son rôle de citoyen. Celui qui ose dire sans savoir. Celui qui affirme dans le doute extrême. Celui qui argumente sans argument. Bref, celui qui a besoin de savoir que tout cela a un sens sans vouloir prendre le temps de le découvrir! Voyez-vous un peu le portrait ?

    Le plus beau étant ses arguments du jour. Je ne me souviens plus exactement du sujet de notre discussion. Enfin, je ne me souviens plus ce sur quoi il monologuait plutôt. Mais ses expressions ressemblait à : « Oui, mais ça donne quoi ? Je ne sais pas comment faire ? Est-ce que ça donne vraiment quelque chose ? Pourquoi il faut que je fasse tous ces efforts-là ? Je ne contribue pas vraiment à la société. Ça ne mène nulle part. Ça ne me tente plus. Ah ! Pis… tu ne peux pas comprendre… ! C’est tough ! »

    Et là, j’ai le flash !!! L’illumination !!! Je lui ai demandé s’il réalisait à quel point il se posait les mêmes questions qu’un parent ? Que moi ? Qu’un adulte qui tente de saisir ce qu’on appelle LA VIE. J’ai les mêmes doutes. J’ai même, assez souvent, ces grands vents de doutes pendant lesquels je me demande si tout ça a un sens ? Si tous ces efforts parentaux mènent un jour à des résultats concrets ? Et significatifs !

    Mon ignorance du sujet, ma fatigue, mon manque d’expérience parentale, tout ça me place dans la même position que toi, mon fils.

    Tout ce que j’ai appris et que je ne peux pas arrêter !

    Se questionner ? OK ! Douter ? Bien sûr ! Être inquiet ? Et comment ! Mais s’arrêter, s’immobiliser, ne plus rien faire, fuir…alors ça jamais !

    Comment pourrais-je savoir que j’y arriverai, si j’arrête. Et là, je l’entends me dire : « oui, mais c’est long »! Ce, à quoi je ne peux que répliquer : « oui » !

    Oui, ce sera long. Mais, c’est comme un circuit d’autobus. Il y aura des arrêts souvent. Tu peux débarquer, te dégourdir, respirer un peu, mais tu dois embarquer à nouveau, car tu n’es pas arrivé encore.

    Lorsque tu arrives, tu profites un peu de ta pause, de ta nouvelle destination et tac !!! Tu réalises qu’il y a un autre départ très tentant et c’est reparti !!! Il y aura des routes d’asphaltes, des routes de « garnottes », des nids de poule, des détours. Parfois l’autobus sera plein et parfois tu seras seul. Mais ne perds jamais de vu la destination. Où vas-tu ? Et vas-y ! Sinon, c’est de la fuite.

    Tu ne peux pas fuir qui tu es. Enfin si. Mais, c’est tellement dramatique et lâche d’abandonner ! Ce que, d’une façon ou d’une autre, personne ne comprendra jusqu’à la fin. Alors n’est-ce pas plus tentant de plonger tête première et d’explorer ce mystère dans tous ses racoins surprenants, superbes et troublants. Prendre chaque petit détour de route et espérer patiemment que ce soit…que ce soit…enfin…espérer patiemment !

    Oui mon fils, c’est parfois long. Il faut que tu déploies des efforts surprenants pour passer au travers. Je dirais… presque bêtement : « It’s the name of the game » !

    Se questionner est une bonne chose. Ne pas comprendre est normal. Espérer mieux est plus facile. Nous passons tous par- là ! Alors, je te dis avec tout mon cœur : « N’abandonne pas parce que tu ne comprends pas ou que tu trouves ça difficile ». C’est une erreur de croire que ce sera facile. Et, si c’est moi qui t’avais laissé cette impression, sache que je te communiquais juste mon grand bonheur de tout ça. Il ne faut pas confondre plaisir et facilité.

    « Ne pas savoir » et l’inconnu représentent deux devises de la vie. Ils sont quotidiens et présents comme du linge sale dans le panier à linge. C’est à dire, tout le temps, tous les jours ! Fais-en tes alliés, ta force, ton « mojo », ton moteur. Utilise la peur comme un « boost » plutôt qu’un frein.

    Et mon plus grand bonheur est celui de le faire avec VOUS !

    …Ben oui je parle à VOUS quatre !