• Juste un “p’tit joint” ???

    “C’est juste un p’tit joint !” disent-ils…  Mais qu’en est-il réellement ?  La marijuana a la cote chez les jeunes et moins jeunes en ce moment.  La croyance populaire laisse croire qu’un petit joint serait même bon pour la santé et moins néfaste que la cigarette.  De la poudre aux yeux.  Si la plupart des consommateurs s’en tirent sans séquelles apparentes, les risques sont pourtant bien prouvés scientifiquement.

    Je fais référence ici à un article apparu sur ma page Facebook ce matin: Cannabis et schizophrénie: le lien se confirme, où l’on peut lire que: “Le risque de développer des troubles schizophréniques était augmenté de 40% chez les jeunes fumeurs de joints par rapport à ceux qui n’en avaient jamais fumé.”  Et plus ils en consomment régulièrement, plus les risques augmentent, d’autant plus que le cerveau en plein développement des adolescents les rends particulièrement vulnérables.

    Alors je vous vois venir: “Comment les tenir loin de ces substances ?”

    Parlez avec eux ! Mais attention à la panique qui a plutôt tendance à leur boucher les oreilles…  Mon discours avec mes ados ressemblait à ceci: “Pour bien des gens, c’est l’fun prendre de la drogue. Sinon personne n’en prendrait. Et mon but n’est pas de vous empêcher d’avoir du fun. Je veux juste que vous sachiez qu’il y a de graves risques pour un petit nombre de personnes, particulièrement pour ceux  dont un ou des membres de la famille présentent des troubles mentaux.” Juste penser à “Matante Huguette” et quelques autres membre de la famille fut assez dissuasif. N’empêche qu’ils ont quand-même essayé… sans accrocher.

    Des essentiels pour les garder le plus loin possible de ces substances:

    • Les éduquer dès leur jeune âge à faire des choix et en assumer les conséquences. En effet, s’ils n’ont jamais eu à assumer de mauvais choix auparavant, ils pourront croire que tout est magique et sans conséquence.
    • Parler des plaisirs des drogues (sans en faire l’apologie) et des dangers, études et articles à l’appui. Vous aurez moins l’air paranoïaque et vous augmenterez votre crédibilité. Ils se souviennent quand-même que vous leur avez fait croire au Père-Noël et à la Fée des dents…
    • Ne pas “capoter” avec ça: à l’adolescence, ils auront tendance à vouloir faire le contraire de ce qui vous tient le plus à coeur… Une attitude gagnante: un dialogue ouvert où on écoute ce qu’ils vivent ou pensent, tout en les amenant à prendre LEUR décision.
    • Une bonne estime de soi est essentielle pour s’amuser sans drogues. On critique ÉNORMÉMENT nos adolescents… Pensez à remarquer aussi leurs bons coups et à les souligner. Rappelons-nous: si notre patron relève chacune de nos erreurs sans remarquer les bons coups, gageons que notre estime et notre motivation fondront comme neige au soleil !!! Usez par contre de subtilité pour ne pas vous buter à un mur: un sourire, une petite tape dans le dos, un “thumbs up”, un clin d’oeil, une main dans les cheveux ou quelques mots bien sentis.
    • De grâce, ne consommez pas avec eux: ils ont besoin de sentir le cadre… pour le transgresser ! Si vous consommez avec eux, ou si vous les laissez consommer chez vous, la limite est plus large, et ils auront besoin de la transgresser quand-même. Jusqu’où iront-ils ?

    Bien sûr, si votre jeune a déjà un problème de consommation, ces règles s’appliquent, mais une aide professionnelle pourra certainement vous aider à composer avec la situation sans y laisser votre peau, et vous apporter des outils pour soutenir votre jeune dans son cheminement.  Le plus important: DEHORS la culpabilité !  Elle gruge vos énergies si précieuses pour traverser cette période difficile.  Vous avez fait de votre mieux même si tout n’était pas parfait, il y a possiblement des événements extérieurs hors de votre contrôle qui ont ébranlé la solidité de votre jeune et IL a aussi fait des choix sur lesquels vous n’aviez pas de pouvoir.  Cessez de vous torturer avec ce que vous auriez dû ou pu faire et concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire maintenant.

    Quoi qu’il en soit, il faut considérer que la plupart des jeunes qui touchent aux drogues n’en deviennent pas dépendants et ne basculent pas dans la schizophrénie ou la dépression. Je vous le rappelle… pour votre santé mentale !!!