• Ton ado va boire de l’alcool que tu le veuilles ou non !

    Aujourd’hui, nous allons nous parler entre adultes … en adultes qui ont déjà été des ados. Je tiens à le préciser parce que cet article n’est pas pour ton jeune, il est pour toi et je crois que quand on est rendu à se parler franchement, on peut se tutoyer.

    Bref, il vient un moment, à l’adolescence, où ton ado se sent prêt à expérimenter et ce, même s’il n’a pas encore développé les habiletés nécessaires au jugement. C’est ton travail, à titre de parent, de conscientiser ton ado pour qu’il prenne les meilleurs choix possibles. Sache que le jugement fait partie des compétences neurologiques développées dans le lobe frontal du cerveau. Hélas, c’est le dernier lobe à atteindre sa pleine maturation !

    Pour les filles, la maturation se termine vers l’âge de 21 ans et pour les garçons, c’est vers l’âge de 25 ans. Tu comprends donc pourquoi ton ados de 16 ans prend encore difficilement de bonnes décisions. Si quelqu’un perd une jambe, il se fait mettre une prothèse pour bien fonctionner. Ton ado a besoin de prothèses pour que son jugement fonctionne bien. C’est donc toi, parent, qui devra agir à titre de prothèse externe frontale pour aider ton ado à bien fonctionner.

    Voici quelques lignes directrices qui t’aideront à être une bonne prothèse frontale pour ce qui est de la consommation d’alcool de ton ado.

    L’éducation est ta meilleure alliée. Si tu veux que ton ado prenne des décisions censées, tu dois lui enseigner comment penser. De plus, il est impératif de savoir que la prévention limite les interventions que tu auras à faire. Vers l’âge de 14 ans, ton ado commencera probablement à explorer et c’est à ce moment que tu voudras aborder avec lui les différentes perspectives, les risques et les côtés amusants de la consommation d’alcool. L’objectif est qu’il vive des expériences positives et sécuritaires et qu’il apprenne, par le biais d’informations, les côtés désagréables et dangereux.

    Fort probablement, ton ado se fera aborder par ses pairs une première fois pour boire de l’alcool. Il est important, dès le jeune âge, qu’il ait appris à respecter ses limites et à faire ce dont il a vraiment envie de faire. Idéalement, la pression des pairs ne doit pas influencer ses choix. Par contre, même si la prise d’alcool ne fait pas partie des valeurs familiales, il arrivera un moment où ton ado sera à l’aise d’en consommer pour la première fois. Il répondra « Oui » à « Veux-tu une bière ?» ou il répondra « Oui » à « Veux-tu un shooter ? ». Il faut qu’il soit préparé à consommer de façon responsable. Ceci implique que tu auras eu, au préalable, une discussion sérieuse avec ton ado. Plusieurs sujets, autres que ceux déjà mentionnés, sont à aborder :

    La responsabilité :
    1. D’une part, ton ado doit savoir que la conduite automobile en état d’intoxication, c’est tolérance zéro au Québec. Même si ton enfant n’a pris qu’un verre, il pourrait, jusqu’à l’âge de 22 ans, voir son permis suspendu.
      Des charges criminelles pourraient même être déposées contre lui.
    2. Le truc du chauffeur désigné devient donc primordial. Tu peux expliquer à ton ado que ce rôle peut être entrepris, entre ses amis, chacun à son tour.
    3. Si les règles de base ne sont pas toujours respectées, donne-lui l’option de t’appeler pour aller le chercher ou de lui payer un taxi. Malgré la peine, la rage ou le découragement que tu pourrais ressentir à son égard, il est important de ne pas le laisser transparaître face à ton ado parce qu’il aura pris une décision responsable : celle de ne pas conduire ou de se laisser conduire par quelqu’un sous l’influence de l’alcool. Rappelle-toi que le sacrifice d’aller chercher ton ado ou de lui payer un taxi est minime comparativement au risque de le voir mort.
    La quantité :
    1. On parle souvent de la modération, mais pour ton jeune qui commence à consommer, cette notion n’est pas encore ancrée. Il ne sait pas encore ce qui est « trop » pour son système. Tu peux apprendre à ton ado de commencer par une consommation à l’heure et voir comment son corps réagit à la quantité ingérée.
    2. L’impact de l’alcool ne se fait pas ressentir de la même façon chez toutes les personnes. Il est important de dire à ton ado qu‘à cause de son âge, l’alcool ne se dilue pas aussi rapidement parce que son foie n’est pas encore à pleine maturité.
    3. Ensuite, il y a le poids. Une personne plus petite ressentira les effets de l’alcool plus rapidement et plus intensément qu’une personne plus massive. Donc, étant donné que ton ado n’a pas encore atteint le plein développement de son corps, il doit porter une attention plus particulière à sa consommation.
    4. Finalement, peu importent les facteurs biologiques ou environnementaux, chaque personne a une tolérance distincte face à l’alcool. Ton ado doit être conscient de combien de consommations il peut prendre avant d’avoir le sentiment d’être pompette.
    Les mélanges
    1. La plupart d’entre nous avons découvert qu’il ne faut pas mélanger certains alcools parce que le résultat est inévitablement : toi-couché-sur-le-plancher-froid-de-la-salle-de-bain-à-vomir-pendant-des-heures. Évidemment, tu veux éviter cela à ton ado. Il y a certainement un lien à faire avec la modération parce que, même si nous respectons les règles reliées aux mélanges, une surdose d’alcool mène à être malade et peut se rendre jusqu’au coma éthylique.
    2. En ce qui a trait aux mélanges, il est mieux de rester logique et simple. Explique à ton ado que s’il commence à boire une sorte d’alcool, par exemple, du rhum, il doit faire ses drinks au rhum toute la soirée. Ceci facilite la tâche énormément.
    3. Lorsque ton ado sera plus vieux, tu pourras aborder le fait qu’il faut boire du vin blanc avant du vin rouge, qu’il faut rester soit dans l’alcool pâle ou l’alcool foncé, etc.
    La confiance
    1. Apprends à ton ado qu’il doit consommer seulement lorsqu’il se sent en situation de confiance. Explique-lui les dangers liés à la drogue du viol. Demande-lui de ne pas quitter son verre des yeux ni ceux de ses amis parce que cela pourrait être dangereux.
    2. Explique-lui qu’il est possible qu’il prenne des décisions qu’il ne prendrait pas normalement et qu’il doit faire attention à cela. L’impact que l’alcool a sur le jugement est intense et altère facilement le jugement d’une personne même adulte.
    3. Finalement, reste une personne en qui il peut avoir confiance et reste une personne ressource pour lui. Une des bonnes façons d’y arriver c’est de ne pas avoir une approche punitive lorsque ton ado consomme, mais d’avoir une approche éducative.

    Il est prouvé que la prévention sur un sujet, ici l’alcool, n’a pas pour effet d’augmenter l’envie d’expérimenter.

    L’alcool est légal et est devenu un incontournable lors de rassemblements sociaux. Nous ne pouvons pas empêcher ce phénomène, mais nous pouvons nous assurer que nos ados ont toute l’information nécessaire pour bien se comporter en présence d’alcool. Pour t’assurer que ton ado a un minimum de connaissances face à la prise d’alcool, tu peux le diriger vers le site educalcool.qc.ca qui lui fournira des informations sans que tu n’aies à en parler trop exhaustivement avec lui. Tu peux aussi télécharger le document suivant qui est un guide plus exhaustif qui peut expliquer la consommation d’alcool à ton ado: http://educalcool.qc.ca/wp-content/uploads/2011/12/Guide_Parents-Enfants.pdf. Si toutefois tu as besoin d’aide personnalisée parce que tu trouves que la situation liée à l’alcool devient lourde, irresponsable ou trop envahissante, n’hésite pas à consulter ton coach familial.

    Chose certaine, le sujet doit être abordé. Comment vous sentiriez-vous si la police cognait à votre porte à 4 heures du matin pour vous annoncer la mort de trois jeunes dont votre enfant qui lui, était saoul au volant ? Alors osez ! Votre enfant vous en remerciera… un de ces jours !