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Mon enfant a un cancer… comment en parler ?

Mon enfant a un cancer… comment en parler ?

Je suis maman de deux adolescents, âgés de 12 ans et 15 ans. Avant 2020, nous vivions une vie que je qualifierais aujourd’hui de « parfaite ». Celle-ci avait toujours été plutôt douce et je nourrissais la croyance qui m’encourageait à penser que si je semais du bonheur autour de moi, je ne pouvais récolter que du bonheur. Avril 2020… mon fils Phoenix alors âgé de 9 ans se met à vomir fréquemment. Les médecins soupçonnent des ulcères d’estomac qu’ils attribuent au stress de la COVID-19. Les semaines passent et il va de plus en plus mal. Le 12 mai, tout s’effondre. Ma paix d’esprit s’envole à jamais. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) révèle qu’il a un cancer du cerveau. Le temps s’arrête à l’annonce du diagnostic. Les pensées se bousculent dans ma tête… les médecins n’ont pas prononcé ce mot? Je me tiens debout, je regarde mon fils qui blêmit. Sans réfléchir, je lui dis : « Tu ne vas pas mourir, ils vont t’opérer, ça va bien aller… » Ce fût le moment le plus horrible de ma vie!

 

Après l’affolement, la communication

Des histoires comme celle-ci, il y en a malheureusement beaucoup trop autour de nous… Ces cœurs de parents qui s’arrêtent de battre au moment où on leur révèle que leur enfant a un cancer, ces pensées qui se précipitent dans la tête, ces émotions qui s’éveillent dans tout l’être au complet… Qu’est-ce que veut dire ce mot affreux? Qu’est-ce que cette maladie fera subir à mon enfant? Que va-t-il se passer ces prochains mois, ces prochaines années? Quel plan de traitement recevra-t-il? Quelles seront les conséquences sur sa santé? Notre famille? Notre couple? Le travail? Les finances? Voilà désormais notre un champ de bataille.

Il faudra quelques mois pour apprendre à fonctionner dans cette nouvelle vie imposée. Il sera important de nommer les vraies choses à notre enfant, mais de façon adaptée à son âge.

L’élan naturel fera que nous aurons tendance à vouloir le protéger en ne lui disant pas tout ou en transformant les faits. En tant que parent, nous voulons éviter de générer du stress ou de la peur à notre enfant. Nous pouvons craindre aussi de susciter une réaction qui sera difficile à apaiser par la suite. Garder la communication transparente et honnête aura de meilleurs résultats sur le futur. Notre enfant est en droit de savoir ce qui se passe dans son petit corps et il n’est pas souhaitable que vous portiez seul(e) le poids de la situation. De plus, les enfants ont le réflexe, tout comme beaucoup d’adultes, à imaginer le pire lorsqu’il y a des non-dits.

Parler ouvertement permettra aussi au sentiment de confiance de s’installer au sein de la famille, entre nous, notre enfant et chaque membre de la famille. Il pourra également être présent dans la relation avec l’équipe médicale qui va prendre soin de notre guerrier. Nous nous devons de tout miser sur cette confiance qui l’accompagnera pendant ces prochains mois.

 

Des conseils pour parler du cancer à son enfant

Ventilez au préalable vos propres émotions auprès d’une personne de confiance ou d’un professionnel qui vous accompagnera dans ce processus. Voici quelques ressources pouvant vous permettre de trouver le soutien dont vous avez besoin :

  • Leucan
  • Fondation Marie-Ève-Saulnier
  • La travailleuse sociale ou le psychologue de votre centre hospitalier
  • Les intervenants qualifiés de l’équipe d’Azur famille spécialisés dans ce type d’accompagnement
  • Tous les répertoires de membres d’associations ou d’ordres professionnels en relation d’aide

Trouvez un moment où vous et votre enfant êtes calmes et que vous sentez qu’il y a une ouverture à discuter. Évitez les moments où vous savez que vous n’aurez pas beaucoup de temps ou que vous pourriez être interrompu par quelqu’un d’autre (par exemple, le petit frère!). Cette discussion est aussi à proscrire à l’heure du coucher pour que votre enfant ne s’endorme pas avec des pensées négatives en tête. Réservez le moment avant le sommeil uniquement aux discussions positives, à moins que votre enfant insiste vraiment. Voici quelques idées de moments propices pour parler avec votre enfant : aller faire un pique-nique en tête-à-tête, prendre une marche dans la nature ou encore bricoler ensemble (mandalas, dessin, peinture ou toute autre activité calme).

Réceptionnez toutes les émotions sans jugement en questionnant pour mieux comprendre ce qui se passe dans son cœur et sa tête. Il aura besoin d’évacuer régulièrement. Voici trois petites astuces pour l’aider à se livrer à vous :

  • Privilégiez les questions ouvertes : « Peux-tu me dire dans tes mots ce que tu comprends de la situation? »
  • Soyez patient(e) et tolérez le silence! Donnez l’opportunité à votre enfant de trouver les mots, en fonction de son âge, pour vous dire ce qui se passe en lui.
  • Reformulez ce qu’il vous dit pour vous assurer que vous avez bien compris et questionnez-le pour lui permettre d’explorer un peu plus ce qu’il exprime.

Usez de créativité lors des discussions afin de l’aider à mettre plus de mots sur ce qu’il vit…Certains livres, jeux et activités peuvent favoriser les partages. Voici quelques suggestions :

  • Jeux : Totem, Brin de jasette, Le monstre des couleurs, La planète des émotions.
  • Livres : La couleur des émotions, Le loup qui apprivoisait ses émotions, J’exprime mes émotions avec loup, Jojo l’ourson : une journée pleine d’émotion.

 

Tout enfant a besoin de vivre ses émotions. Ceux qui traversent cette épreuve auront souvent besoin de se faire rappeler qu’une panoplie d’émotions les habitent, celles-ci se manifestant parfois en l’espace de quelques minutes. Il est important de les accueillir en les nommant, en les illustrant et en trouvant des façons saines de les exprimer.. Il ne sera pas toujours facile comme parent de jouer ce rôle. Votre verre émotif sera tout aussi rempli que celui de votre enfant par l’inconnu et vous aurez besoin d’avoir une énergie à la hauteur de celle nécessaire à un marathon. Il vous est grandement conseillé d’aller chercher des ressources afin d’évacuer sainement ces moments qui ont certes leur raison d’être, mais qui sont intenses et chargés.

N’hésitez pas à aller chercher du soutien afin d’adapter ou de préparer vos interventions, de trouver des moyens adaptés pour parler à votre enfant, de savoir comment l’inviter à nommer ses émotions et le soutenir dans leur expression… et de vous permettre de vivre les vôtres!

Azur famille

Fondatrice d'Azur famille, Chantale Dagenais est intervenante familiale et coach familial de formation. Avec l'aide de son équipe, elle intervient auprès des familles de la Montérégie ayant des enfants entre 0 et 12 ans. Membre du Réseau Nanny secours depuis 2015.