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Les terreurs nocturnes

Les terreurs nocturnes

Votre enfant est âgé entre 18 mois et 6 ans et il se réveille fréquemment la nuit en hurlant? Il semble terrifié, désorienté ou en panique au début ou au milieu de la nuit? Cela peut être tout à fait normal.

C’est ce que l’on appelle une terreur nocturne et elle se définit comme suit: « parasomnie surtout infantile, caractérisée par des réveils brutaux de type confuso-anxieux avec imagerie effrayante. Survient en sommeil lent, profond, habituellement dans le premier tiers de la nuit, débutant par un cri de terreur et suivie d’un retour au sommeil, le plus souvent après quelques minutes ».

Vous vous sentez peut-être impuissant et perdu face à ces cris et ces comportements. Rassurez-vous, je vous présente ici de l’information et des outils qui vous permettront d’y voir plus clair.

Les causes

Les terreurs nocturnes peuvent débuter vers l’âge de 18 mois et atteindre un pic entre 3 et 6 ans. On dit que 40% des enfants seraient prédisposés à en faire et les garçons majoritairement concernés. La génétique serait en grande partie responsable de ce phénomène. Ainsi, si l’un des deux parents ou des grands-parents ont eu des épisodes de terreurs nocturnes lors de leur enfance, il se peut que votre enfant en ait lui aussi. Certains facteurs extérieurs peuvent aussi accentuer ou provoquer des terreurs nocturnes chez les enfants prédisposés, tels que:

  • La fatigue
  • La privation de sommeil
  • L’irrégularité des heures de sommeil
  • L’environnement bruyant pendant le sommeil
  • La fièvre
  • L’effort physique inhabituel (faire du sport tard le soir)
  • Certains médicaments agissant sur le système nerveux central
  • L’apnée du sommeil

De plus, des perturbations dans le rythme de sommeil peuvent provoquer du stress, qui déclenche à son tour des terreurs nocturnes. Voici quelques exemples de perturbations : un changement de garderie ou de classe, un arrêt de sieste durant la journée, une modification de l’horaire dans la routine de sommeil, un déménagement, une séparation ou tout autre événement pouvant affecter le quotidien.

Les signes et symptômes 

Votre enfant peut présenter différents comportements durant une terreur nocturne. Ils sont variables et propres à chacun mais voici les plus fréquents :

  • Crier, hurler
  • Sembler terrifié
  • Être assis dans son lit
  • Avoir les yeux grand ouverts, mais le regard vide
  • Tenir un discours qui n’a aucun sens
  • Être agité, désorienté et en sueur
  • Être agressif
  • Ne pas supporter d’être touché ou tenu dans les bras.

Lors de cette période, certains enfants hurlent, vomissent et tremblent de tout leur petit corps. Il est vrai que ces réveils peuvent être extrêmement déroutants et angoissants en tant que parent, surtout lors du premier épisode. Heureusement, quelques stratégies peuvent être mises en place afin de prévenir les terreurs nocturnes et de favoriser de meilleures nuits de sommeil.


Bon à savoir

Il est possible que l’enfant qui fait des terreurs nocturnes pendant la petite enfance développe du somnambulisme et parle durant son sommeil après l’âge de 5 ans. Habituellement, ces symptômes disparaissent vers l’adolescence mais peuvent reprendre à l’âge adulte. De plus, il se peut que l’enfant fasse pipi au lit et ce, jusqu’à l’âge de 10 ans environ.


Prévention et astuces

Il n’est pas souhaitable de réveiller ou de brusquer un enfant qui vit une terreur nocturne. Sachez que votre enfant n’a pas conscience que vous êtes présent et qu’il est toujours endormi. Les terreurs nocturnes se produisent dans la période du sommeil lent et profond, donc au début et au milieu de la nuit. Elles peuvent, par conséquent, être fréquentes durant la même nuit.

Lorsque votre enfant vit une terreur nocturne :
  • Restez calme, prenez une voix douce, faites des «chut» et recouchez-le doucement.
  • Si votre enfant ne tolère pas que vous le touchiez, restez simplement présent dans la chambre pour vous assurer qu’il ne tombe pas en bas de son lit ou qu’il se blesse et attendez qu’il se recouche tout seul.
  • Si votre enfant se réveille complètement, ne montrez pas votre inquiétude ou votre désarroi puisque vous risquez de lui démontrer qu’il s’est produit quelque chose de perturbant. Cela pourrait l’amener à vivre des difficultés au coucher le soir et créer de l’insécurité face au dodo.
Pour prévenir…
  • Prévoir une routine stable et bien définie lorsque vient l’heure de dormir;
  • Conserver des heures de sommeil régulières;
  • Prévoir des activités calmes avant le coucher tel que : raconter une histoire, chanter des chansons, jouer à un jeu de société, lui faire des chatouilles, des petits massages, effectuer la routine de l’astronaute (voir ma capsule sur ma chaine youtube) ou encore faire des respirations lentes et profondes.

Tous ces petits rituels permettront de favoriser un sommeil calme et paisible. Mais, malgré toutes ces méthodes, il se peut que votre enfant vive quand même des épisodes de terreurs nocturnes. Dans ce cas, il peut être intéressant d’essayer de le lever avant que celles-ci ne surviennent et l’amener faire pipi ou boire un verre d’eau. Répéter le processus à tous les jours et durant plusieurs semaines. Bien sûr, appliquer ce processus nécessite une certaine période d’observation au préalable pour connaître l’heure des réveils pour le réveiller au bon moment.

Si les terreurs persistent, je vous invite à en discuter avec votre médecin de famille.

Le lendemain matin

Évitez de discuter de la nuit précédente. Comme votre enfant n’a pas eu conscience de sa terreur nocturne, ni de votre présence, vous ne feriez que l’inquiéter et vous pourriez même lui faire vivre de l’insécurité et du stress. Si le comportement vous inquiète, posez-lui plutôt des questions pour savoir s’il vit des choses qui le dérangent. Soyez un fin renard, aiguisez votre sens de l’observation afin de comprendre ce que votre enfant vit dans son quotidien.

En terminant, calme et patience seront de mise pour traverser cette période. Souvenez-vous que c’est une phase passagère qui s’estompera avec le temps. En plus d’offrir une routine calme et apaisante, il peut être avantageux de partager un moment privilégié avec votre enfant, entre cinq et quinze minutes par jour, afin de remplir son réservoir affectif et ainsi créer un moment de douceur sécurisant facilitant le sommeil.  De plus, prendre l’habitude de lui faire verbaliser les différents événements de sa journée à l’heure des repas, dans la voiture, au retour de la garderie ou de l’école, plutôt qu’avant le dodo lui permettra de libérer les agents stressants et de se laisser aller dans les bras de Morphée avec calme et sérénité l’heure venue.

Enfin, vous pouvez également consulter un coach familial afin de vous guider dans l’élaboration de stratégies efficaces et positives.

Laithicia Adam - Éducatrice à l'enfance

Coach familial et fondatrice de Lili Rescousse, elle offre ses services dans la région de Québec. Elle intervient auprès des enfants de 0 à 12 ans. Membre du Réseau Nanny secours depuis 2014.