• Comment mieux vivre la séparation lorsqu’on a des enfants?

    La séparation ou le divorce d’un couple n’est jamais une situation agréable. Elle est accompagnée d’une multitude d’émotions. Elle est encore plus délicate lorsque les enfants sont impliqués. Comment arriver à passer à travers cette épreuve sans trop heurter les enfants? Voici quelques conseils qui pourraient aider les enfants à traverser ce moment plus difficile.
    • L’annonce : Comment annoncer cette nouvelle à l’enfant? Doit-on le faire seul ou à deux? L’idéal serait que les deux parents annoncent ce changement à l’enfant. Ainsi, malgré le choc, la tristesse et/ou la colère que peut ressentir l’enfant, il ressentira que ses parents font une équipe. Ils ne sont plus des amoureux, mais ils seront toujours ses parents et son bien-être est primordial pour eux. Lorsque cette situation n’est pas possible, l’important est d’expliquer à l’enfant que ses parents ne sont plus amoureux, mais peuvent rester des amis (si c’est la vérité). L’important est de rassurer l’enfant. Il n’est aucunement responsable de cette situation et ses parents l’aiment. Éviter à tout prix de blâmer l’autre parent.
    • Le respect : Il est important de ne jamais dénigrer l’autre parent devant votre enfant. C’est son parent et il l’aime. Personne ne gagne à blâmer l’autre et à lui faire des reproches. Malgré certaines frustrations, rappelez-vous que votre ex-conjoint (e) n’a pas que défauts. Il a aussi des qualités qu’il a transmises à votre enfant. En rejetant l’autre parent, vous rejetez aussi une partie de votre enfant. Le respect est donc primordial! Il ne s’agit pas de devenir les meilleurs amis du monde. Il s’agit d’arriver à trouver un respect mutuel. Il est important de réaliser que la qualité de la relation entre les parents influencera grandement l’impact de ce moment difficile pour l’enfant. Plus il y aura de respect entre les adultes, plus l’enfant se sentira sécurisé.
    • Sortir les enfants du conflit : L’enfant souffre plus souvent du conflit entre les parents que de la séparation elle-même. Il se peut que la situation soit très tendue et difficile. Il faut se rappelez toutefois que c’est le choix des adultes et il est important que l’enfant ne se sente pas « coincé » entre son père et sa mère. Les adultes doivent prendre les décisions ensemble. Évitez que votre enfant devienne le messager. Adressez-vous directement à l’autre parent soit lors d’une rencontre (en l’absence de l’enfant), soit par téléphone ou par courriel. Trop d’enfants ont peur d’annoncer une nouvelle (sortie, activité,…) à l’un de ses parents, car il appréhende d’entendre : « Ah non! C’est mon temps de garde! » ou encore « Je refuse que tu ailles à cette sortie avec elle. Tu lui diras que c’est non! » Dans de telles situations, le risque est que l’enfant porte le poids du conflit sur ses épaules.
    • Les émotions : Les enfants peuvent vivre toutes sortes d’émotions et ce peu importe l’âge. Les petits peuvent faire des crises ou se réveiller plus souvent la nuit, d’autres deviendront plus agités. Certains enfants auront le goût d’en parler régulièrement et avec plusieurs personnes de leur entourage, d’autres auront tendance à se refermer. L’important est d’accueillir votre enfant. Reflétez-lui les émotions que vous percevez. Rassurez-le en lui expliquant qu’il est tout à fait normal de se sentir ainsi. Il a le droit lui aussi de trouver cette situation « poche »! Invitez-le à en parler avec une personne en qui il a confiance. Soutenez-le sans tenter de trouver une multitude de solutions. Il faut simplement lui donner le temps de vivre ses émotions. Si votre enfant fréquente la garderie ou l’école, expliquez la situation à l’éducatrice ou à l’enseignant. Ils ne sont pas obligés d’en parler à l’enfant, mais ils seront capables de mieux comprendre les changements d’humeur ou de comportements de votre enfant (s’il y a des changements).
    • La garde : Une semaine sur deux, une fin de semaine sur deux, 3-2-2-3, 5-2-2-5… Quel modèle choisir? Tout d’abord, il est important que les parents soient à l’aise avec le modèle de garde choisi. Chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients. Il faut penser à l’enfant, mais il ne faut pas vous oublier! Si vous êtes confortables avec un modèle, votre enfant le ressentira et saura s’adapter. Il faut être conscient que c’est un ajustement pour tous, alors donnez-vous le temps de vous y habituer. L’utilisation d’un calendrier peut être très bénéfique. Ainsi, l’enfant pourra voir clairement les jours où il sera chez papa et ceux où il sera chez maman, ce qui le sécurisera.
    • Un réseau d’entraide : Tout-à-coup, je ne peux plus compter sur le conjoint pour aller chercher les enfants à  l’école si je suis en retard! Il est très important, voir nécessaire de se créer un réseau afin de nous aider lorsque viendra le temps. Ce réseau se prépare à l’avance : un membre de la famille, un ami, un autre parent… Tant mieux si votre ex-conjoint peut vous dépanner et en profiter pour passer du temps avec son enfant. Toutefois, ce n’est pas toujours possible et ça peut devenir une source de tension.
    • Les routines : Dans la mesure du possible, tentez de maintenir les routines déjà établies. Si votre enfant à l’habitude de se coucher dans son lit à 20h, alors on continue. L’encadrement et les routines sont sécurisants pour les enfants. Ils serviront de points de repère pour eux. Ne leur accordez pas plus de permissions parce que vous vous sentez coupables. Être empathique et à l’écoute ne veut pas dire céder à chaque demande.

    La séparation/divorce n’est jamais une situation facile. L’enfant, tout comme ses parents, à un deuil à faire. Il faut donc se donner du temps. Soyez compréhensif et accueillant envers votre enfant et aussi face à vous-même. De plus, ne perdez jamais de vu le respect de soi et de l’autre. Malheureusement, trop de personnes se laissent emporter par la peine, la colère et leurs blessures. Si tel est le cas, n’hésitez pas à consulter un professionnel. Vous et votre enfant en serez gagnants!